Marandhra : Différence entre versions
| (45 révisions intermédiaires par un utilisateur sont masquées) | |||
| Ligne 1 : | Ligne 1 : | ||
| − | Capitale du [[:Catégorie:Sultanat de Safran|Sultanat de Kaliganthàm]], centre portuaire de toutes les Mers Serpentines depuis bien des générations et jadis le siège du [[Bastion Mordoré]], | + | [[Fichier:Sultanat-01.png|150px|right]]'''Capitale du [[:Catégorie:Sultanat de Safran|Sultanat de Kaliganthàm]]''', centre portuaire de toutes les Mers Serpentines depuis bien des générations et jadis le siège du [[Bastion Mordoré]], Marandhra est aujourd'hui une '''métropole tentaculaire et chaotique''' attirant plus d'un million d'habitants sur plusieurs îlots et des kilomètres de côte au Sud-Est de la [[Baie des Danseurs]], au creux de la grande île industrieuse de '''Dao-Langàm'''. Il faut dire qu'en plus des deux ports marchands, l'un Kaliganthais et l'autre Kerdan, la cité occupe la jonction des deux plus grandes artères fluviales de l'île (et du Sultanat) :<br> |
| + | le '''fleuve d'Or''' (''Sinàn-Dang'') qui se déversent dans le '''delta des Élodées''' après avoir serpenté sur plus de 150km parmi les rizières du Nord et le '''fleuve des Pétales''', qui charrie fréquemment les débris des vergers mais aussi la poussière des carrières de l'Est. | ||
| − | + | Formant un croissant ouvert sur la baie à l'Ouest, la ville couvre les plages et se prolonge sur les eaux par des pontons, elle escalade les ilets, les contreforts montagneux et même la vieille citadelle Solaire, tout au Nord. La cité remonte le long des deux et des rivières qui sillonnent, elle traverse les marais par des pilotis et des digues artificielles et, quand elle a recouvert tous les rivages, elle nage : '''des dizaines de milliers de navires''', grands et petits, couvrent la baie jour et nuit.<br> | |
| − | + | Des quantités de pirogues, de barges, de jonques, de nefs kerdanes et de ''corsaro'' armés circulent lentement le long des larges chenaux vers les différents ports et quais de la ville, mais d'autres embarcations s'attachent en grappes aux ruines de l'antique port 'solaire' au Nord de la baie, formant des quartiers flottants, généralement éphémères mais où des milliers de Kaliganthais, de Myriadins, de Singhalais, de Fehnri et mêmes des Ébènides y vivent surtout de la pêche ou du transport. Quelques-unes de ces îles temporaires, dont les habitants déménagent presque toutes les huitaines, sont toutefois centrées sur de gros navires de plaisance, comme le théâtre flottant du Poisson-Paon, ou les navires-ateliers qui parviennent à travailler le bambou, le lin, le bois, les teintures et même un peu de métal. | |
| + | |||
| + | Plus au Sud, par les grands ponts qui enjambent le '''[[fleuve d'Or]]''', se trouvent les vestiges des '''Arènes Solaires''', aujourd'hui reconverties en marché aux esclaves : peut-être cent-milles esclaves sont échangés chaque mois sur la grande esplanade circulaire, et encore deux fois plus sont durablement employée à travers les chantiers, les carrières, les forges et les minoteries de la cité, mais aussi dans les rizières et les champs de canne qui l'entourent.<br> | ||
| + | Généralement, ces tâches ne dureront que quelques mois car, à Marandhra, '''on loue les esclaves''' plus qu'on ne les achète : seules les plus riches familles ont les moyens de conserver des esclaves à l'année, mais nombre de ménages aisés et de petits commerces louent volontiers un·e à deux esclaves pour quelques mois auprès des multiples '''Esclaviers''' des Arènes, le temps de caréner un navire, de débarquer un gros convoi ou d'aider aux récoltes.<br> | ||
| + | La durée de vie de ces esclaves "consignés" semble bien meilleure qu'elle ne le serait dans l'Empire mais, au Sultanat, l'esclavage est une condition qui peut échoir à quiconque n'est pas noble ou clerc : si une minorité de ces esclaves sont des captifs razziés dans les Myriades ou né depuis dans la caste des Esclaves-Nés ('"Jiang"'), beaucoup sont en fait des Asservis ('"Najianghi"') condamnés aux travaux forcés (une peine plus commune que la prison) ou des endettés qui consacrent leur existence à repayer une dette parfois contractée des générations plus tôt. | ||
| − | |||
==l'Archipel Palatial== | ==l'Archipel Palatial== | ||
| + | Au centre politique (si ce n'est tout à fait géométrique) de l'arc de cercle de Marandrah se dressent les quais, les jetées, les passerelles, les escaliers, les terrasses, les patios, les galeries et les dômes du '''Palais du Sultan''', principalement porté par trois îles rocheuses et des centaines de piliers. Le tout est peint de beaucoup de blanc rehaussé de liserés vert et orangé mais, au Nord du Palais, autour de deux hauts phares, s'amarrent les jonques et les catamarans multi-colores de la '''noblesse en visite'''. <br> | ||
| + | Presque tous les jours, il sont plusieurs douzaines à obtenir l'autorisation de monter des larges escaliers de pierre volcanique jusqu'à la terrasse couverte, ornée de statues marines donnant sur le large, où le '''Majestueux Laodajar, Sultan de Kaliganthàm''' aime à tenir sa cour. Mais si les Clercs sont les seuls à entrer au Palais de leur chef, les visiteurs sont en fait '''''des milliers''''' à attendre une audience avec le souverain ou son ''Dokhupan'', parfois pendant des semaines : des Satrapes provinciaux ou de moindre rangs, des représentants des archipels "extérieurs" du Sultanat, des émissaires étrangers, des artistes en quête d'argent ou d'approbation, des astronomes porteurs de prophéties, des réfugiés de Laga-Lahang et Lagilathàn, de simples mariniers espérant l'arbitrage d'une querelle de territoire de pêche ou des marchands en quête d'une licence de négoce... Tous ces demandeurs sont alors hébergés, à leurs frais, dans le quartier cossu construit sur le cap pointant vers le Palais, et appelé [[#17) Parvis des Caudataires|Parvis des Caudataires]]. | ||
| − | ==Radémoàran== | + | ===les Puissants=== |
| + | Parmi plusieurs dizaines d'aristocrates venus échanger des potins, discuter la guerre et négocier le soutien de leur fief auprès de la Maison du Sultan (généralement en échange d'un meilleur territoire à venir), on a plus rarement la chance de croiser ceux qui font vraiment tourner le cité : | ||
| + | |||
| + | ● Le '''Débonnaire Adarazahn, Duc du Marché des Arènes''' est probablement le ''ganthi'' le plus riche de Marandhra puisque il est à la fois le suzerain du quartier des banques mais aussi l'incontournable maître du juteux commerce des esclaves. Il protège d'ailleurs ses affaires et son fief par une des principale garde armée du pays. Alors que sa fille aînée est promise au Comte de Majhùrani, cité métallurgique aujourd'hui en nette perte de vitesse mais toujours un des piliers économiques du Sultanat, la rumeur prétend qu'il pourrait ne plus satisfaire de n'être ''que'' le second satrape de Kalignthàm... | ||
| + | |||
| + | ● la '''Précieuse Jiziradal, Dame des Quatre Ponts''' règne sur une presqu'île urbaine qui est, de par ses fameux ponts, un carrefour incontournable des routes terrestres ''et'' fluviales du riz, de l'encens, des textiles et des produits manufacturés : des flux de marchandises sur lesquels la Précieuse exerce des taxes assez lucratives pour accumuler l'une des plus grandes fortunes de la cité, et qui lui permettent d'exercer une influence sensible sur la plupart des corporations marchandes à l'intérieur de Dao-Langàm (la grande île autour de Marandhra). | ||
| + | |||
| + | ● l''''Archidiacre Nobhukadassar''' ne bénéficie peut-être plus des privilèges de l'époque du Protectorat ni même de la confiance des Satrapes, mais il est tout de même à la tête du [[Temple d'Ërem]] et du ''Dokhupan'', donc des ''milliers'' de clercs heremides qui assurent encore l'administration de la cité et, de là, d'une par importante du Sultanat. | ||
| + | |||
| + | ● Quoiqu'il ne soit pas satrape lui-même, l''''Exarque Paolino Lusiarine''' est souvent au Palais pour représenter les intérêts du jeune Archonte Maximilian, également appelé '''Avisé seigneur de la Péninsule''', puisque l'[[Arche des Palmes]], son quartier et son port sont aujourd'hui considérés comme un des fiefs héréditaires de la capitale. | ||
| + | |||
| + | ● Techniquement le suzerain d'une bonne part du petit archipel oriental des Gala-Kalàn, le '''Vaillant Kojipalpàn, Comte des Récifs Nacrés''', issu d'une dynastie longtemps en conflit avec [[Hông]], est l'un des rares nobles à posséder une flotte de combat (petite, et réduite de moitié depuis la fameuse "victoire" kaliganthaise contre les Rhûdari). | ||
| + | |||
| + | ● Issue d'une famille anoblie depuis seulement deux ans, la '''Désirée Haligapàn, Dame des Fuseaux et Baronne de la Rue des Cordiers''' est volontiers mondaine, muse de plusieurs artistes, réputée avoir des dizaines d'amants et toujours à la tête de la "guilde" des Cordiers (& Tisserands). Tenant sa récente cour dans la vaste demeure qu'elle se fait construire au centre de la [[Baronnie des Cordons]], la Désirée Haligapàn est aussi une fournisseuse et une alliée indispensable des Kerdans, mais aussi de la [[Ruche des Orchidées Fauves]]. | ||
| + | |||
| + | ● le célèbre '''"Prince-Pêcheur" Banukh''' commande depuis plus de 15 ans l'ordre séculaire des '''Serpentaires''', une flotte de "pêche" au serpent de mer composés de quelques milliers de marins et chasseurs d'élite qui forment depuis peu la principale force maritime autochtone. À la fois amiral et chef religieux, pratiquant des rites bien pus anciens que le Protectorat Hornois, ce fameux Banukh est considéré comme un fanatique dangereux par l'aruistocratie, mais désormais comme un héros par les ouvriers et pêcheurs de Marandhra, d'ailleurs allié au Vaillant Kojipalpàn et materiellement soutenu par les ateliers de la Ruche des Orchidées Fauves... | ||
| + | |||
| + | ● s'il est moins riche que nombre des précédents, le '''Munificent Suinday, Émir des Lampions''' dirige le cœur culturel du Sultanat à travers sa petite satrapie de théâtres, de musiciens et d'écrivains. Et si on lui prête un caractère romantique et complaisant, davantage intéressé aux arts qu'à la politique, une population aussi portée à la mythologie que celle de Marandhra est bien autant menée par les modes créatives que par l'argent, la loi ou les armes... | ||
| + | |||
| + | [[Fichier:Marandhra-03.jpg|1000px|center]] | ||
| + | |||
| + | |||
| + | ==La cité des Satrapes== | ||
| + | Le mélange du système de castes heremide (imposée jadis par les Solaires) et de la culture ganthi, après avoir macéré durant plusieurs siècles de luttes intestines, a abouti à une pyramide de '''6 classes sociales''' qui ne sont plus strictement héréditaires ni fixes, mais restent lourdement hiérarchisées et ont, chacune, des devoirs envers leurs supérieurs et des droits sur leurs inférieurs <ref>En principe une caste est ''« un groupe social hiérarchisé, endogame, héréditaire et fixe »''.</ref> :<br> | ||
| + | * tout en bas de l’échelle sociale, les '''Esclaves-Nés''' (''“Jiang”'') et les Asservis (plus ou moins) temporaires forment une vaste main-d’œuvre (presque un quart de la population du Sultanat) appartenant à l’un ou l’autre Satrape (voir plus bas) et qui n’a guère plus de droits que le bétail (en dehors de celui de ''prier'' Ërem). | ||
| + | * à peine plus nombreux et mieux lotis, les '''Ouvriers''' (''“Jianay”'') sont des prolétaires (relativement) libres quoique exclus de la propriété foncière, et ceux qui résident à Marandhra sont mécaniquement “locataires” des Satrapes et donc ''corvéables''. | ||
| + | * les '''Bourgeois''' (''“Gansham”'') regroupent non seulement les artisans et boutiquiers mais toutes les familles qui possèdent de l’immobilier ou des moyens de production : un atelier, une taverne, un navire, une plantation, quelques esclaves… Les ''Ganshami'' (au pluriel) sont de plus en plus nombreux à s’organiser en '''guildes''' (''“Nayghàm”'') pour défendre leurs intérêts face à la noblesse et, dans la dernière décennie, déjà deux dirigeants de corporations ont même été ''anoblis'' ! | ||
| + | * les '''Clercs''' (''“Hanam”'') comprennent essentiellement l’ancienne caste cléricale heremide toujours rattachée au service du Temple et du Palais mais aussi, au grand dam des précédents, un nombre grandissant d’érudit·es (astronomes, alchimistes, médecins, historiens…) qui ont gagné les mêmes privilèges. | ||
| + | * enfin, les '''Satrapes''' (''“Diham”'') règnent sur le quotidien du Sultanat, chaque famille noble étant à la fois en charge d’un aspect de l’économie, d’un territoire et possédant donc des prérogatives attribuées par le Palais <ref>Un peu comme les Lignées fehnri</ref>, bien que les Satrapes qui possèdent des quartiers ''de la capitale'' soient de loin les plus influents. | ||
| + | |||
| + | De fait, l’immense majorité des bâtiments “publics”, des ponts, avenues et ruelles de la cité sont ainsi le '''fief''' de l’un ou l’autre Satrape, et parfois l’objet d’une concurrence féroce puisque ces pouvoirs et possessions peuvent être '''''rachetés''''' si un Satrape propose un meilleur service que le précédent <ref>Selon l’estimation du Palais, qui inclut autant les préférences du Sultan qu’une longue suite de précédents archivés par les Clercs.</ref> ou '''''retirés''''' s’il était démontré qu’un Satrape n’assurait pas son mandat : on a ainsi vu des nobles perdre la charge de construction navale parce qu’un concurrent offrait de plus beaux navires ou le bénéfice d’un pont parce qu’il s’était effondré lors d’un des fréquents tremblements de terre.<br> | ||
| + | Mais, hors de ces cas particuliers, les Satrapes sont largement '''maîtres chez eux''' : chaque Satrapie (généralement) héréditaire possède sa propre réglementation (dont les Satrapes sont les principaux magistrats), sa propre garde et la famille régnante y préside aux destins de la majorité de ses habitants et industries. Quoiqu’elles doivent de plus en plus souvent composer avec les Nayghàm, ces Satrapies tendent d’ailleurs à l’intégration verticale : un Satrape possédant une carrière de pierre ayant tout un intérêt à embaucher maçons et architectes pour décrocher un mandat de construction publique, par exemple un canal, puis à devenir ''l’exploitant'' de ce canal, donc à investir dans des barges de transport, etc.<br> | ||
| + | En bons ganthi, les Satrapes ont aussi '''beaucoup d’enfants''' et si seul le premier né hérite du titre, ses frères et sœurs jouissent d’importants privilèges et participent fréquemment à l’administration de leur Satrapie, souvent comme gestionnaires d’une de ses industries connexes. | ||
| + | |||
| + | Par ailleurs, les '''titres aristocratiques''' s’étant multipliés et diversifiés avec les siècles, la volonté d’attribuer des rangs toujours plus granulaires et la fantaisie des Sultans successifs, leurs significations exactes (et donc leur traduction) n’a aujourd’hui qu’un sens très symbolique ou parfois historique : une “Marquise” n’est donc plus forcément supérieure à un “Comte”, et il est au moins un “Calife” (descendant des premiers Sultans) qui ne règne que sur quelques pâtés de maisons… | ||
| + | |||
| + | |||
| + | [[Fichier:Marandhra-01.jpg|1000px|center]] | ||
| + | |||
| + | |||
| + | ===Temple d'Ërem=== | ||
| + | |||
| + | |||
| + | ===le Marché Dansant=== | ||
| + | |||
| + | * Écailles de Pierre | ||
| + | |||
| + | ===les Arènes=== | ||
| + | |||
| + | [[Fichier:Marandhra-02.jpg|1000px|center]] | ||
| + | |||
| + | |||
| + | ===l'Arche des Palmes=== | ||
| + | [[Fichier:Lusiarine.png|100px|right]]Originaires de Ligovia, les terres kerdanes les plus proches des Îles Mordorées, les '''navigateurs [[Lusiarine]]''' fréquentent le Sultanat de Safran depuis l'antiquité et y ont établi leurs premiers comptoirs au milieu du II° siècle avant l'[[Ère Impériale]]. Mais ce n'est qu'en -27 qu'ils obtinrent enfin l'accord du Palais, des Satrapes ''et des Hornois'' pour commencer à bâtir une véritable [[:Catégorie:Les_Kerdans#Les_comptoirs_et_les_Arches|Arche]] sur le terrain le plus accidenté, le plus dénudé et donc ''le moins convoité'' de toute la baie : la '''péninsule des Iguanes'''<ref>Où des centaines de sauriens multicolores viennent prendre le soleil aux heures chaudes. Leurs "chants" sont assez étranges et ils sont plutôt agressifs, mais les iguanes participent ainsi à la protection de l'Arche, parfois à l'entraînement de ses arbalétriers et, lors de plusieurs périodes de disette, à l'alimentation locale...</ref>. Mais, forts de l'unique licence commerciale jamais accordée à des étrangers par le Matriarcat de Fehn, les Lusiarine savaient déjà que cette route maritime ferait leur fortune s'ils parvenaient à la consolider.<br> | ||
| + | Isolée du reste de la capitale kalignathaise, c'est aujourd'hui une véritable '''citadelle portuaire''' qui se dresse au bout de cette langue rocheuse, à la fois un monument à la persévérance des Lusiarine et la manifestation tangible de l'importance économique de leur [[Route des Épices]]. La construction de cette enclave kerdane, industrieuse mais confortable et solidement protégée, a en effet réclamé des '''décennies d'efforts et des millions de £unes''', investis non seulement dans la pierre, les pots-de-vin aux Satrapes, le personnel, le matériel et les navires mais aussi dans la '''[[Îles_Mordorées#Corsaires_kerdans|guerre de course]]''' qui vit les Lusiarine et leurs alliés ([[Maletudine]] et [[Lalnyhari]]) affronter leurs puissants rivaux Venderine pendant plus de 15 ans, en marge de la guerre navale menée par les Rhûdari contre le Royaume de Singhal. | ||
| + | |||
| + | Aujourd'hui presque une ville de '''6.000 habitants''', les Palmes sont donc le centre névralgique de la Route des Épices depuis près de 70 ans, les bénéfices apportés au Sultanat leur ont ensuite valu d'être élevées au range de '''satrapie héréditaire''' par le Glorieux Laojharal (grand-père de l'actuel Sultan) en l'an 6 (È.I.) et, dernièrement, elles accueillent '''l'Amirauté''' dirigeant la flotte corsaire contre les Rhûdari. | ||
| + | |||
| + | ''→ Section dédiée à l'[[Lusiarine (famille)#Arche des Palmes|Arche des Palmes]] sur la page des Lusiarine.'' | ||
| + | |||
| + | |||
| + | [[Fichier:Fehn-03.jpg|900px|center]] | ||
| + | |||
| + | |||
| + | ===Radémoàran=== | ||
| + | (Nord)<br> | ||
Quoiqu'il soit attrapé depuis quelques générations par l'épais tissu urbain de Marandhra, l'antique bastion solaire de "Hradmoaran" (en Hornois) dépasse encore de très haut le reste du paysage : faits d'une pierre jaune pâle importée de loin, d'énormes tours rectilignes reliées par des étages et des étages de courtines, des statues de 40m de haut et d'immenses portails entrebâillés, plantés à flanc de montagne (au Nord-Est de la cité) et qui forment une colossale de grille de pierre pointant vers les cieux.<br> | Quoiqu'il soit attrapé depuis quelques générations par l'épais tissu urbain de Marandhra, l'antique bastion solaire de "Hradmoaran" (en Hornois) dépasse encore de très haut le reste du paysage : faits d'une pierre jaune pâle importée de loin, d'énormes tours rectilignes reliées par des étages et des étages de courtines, des statues de 40m de haut et d'immenses portails entrebâillés, plantés à flanc de montagne (au Nord-Est de la cité) et qui forment une colossale de grille de pierre pointant vers les cieux.<br> | ||
Mais un peu d'attention révèle des '''signes évidents de délabrement''' : des tourelles ont disparu, des statues sont amputées, la végétation dévore l'aile Ouest et de petites pagodes de joncs poussent aux créneaux de la Porte du Levant... | Mais un peu d'attention révèle des '''signes évidents de délabrement''' : des tourelles ont disparu, des statues sont amputées, la végétation dévore l'aile Ouest et de petites pagodes de joncs poussent aux créneaux de la Porte du Levant... | ||
| Ligne 19 : | Ligne 90 : | ||
Aujourd'hui, c'est ce quartier indéniablement lugubre, réputé insalubre et dangereux que les Marandrais appellent '''Radémoàran'''... mais il ne représente pourtant que la ''première'' enceinte du Bastion antique. | Aujourd'hui, c'est ce quartier indéniablement lugubre, réputé insalubre et dangereux que les Marandrais appellent '''Radémoàran'''... mais il ne représente pourtant que la ''première'' enceinte du Bastion antique. | ||
| − | === Hradmoaran : le Bastion Mordoré === | + | [[Fichier:Embleme-BASTION-01.png|100px|center]] |
| − | À l'Ouest et au sommet de la vieille-ville | + | |
| + | ====Hradmoaran : le Bastion Mordoré==== | ||
| + | À l'Ouest et au sommet de la vieille-ville colonisée (!) par les Moindres-Sangs, les Hornois du Bastion contrôlent encore la citadelle proprement dite, quelques peu dépeuplée mais où peut-être un demi-millier Hornois (et sans doute autant d'esclaves), pour la plupart ouvriers, serviteurs, esclavagistes (à Horne, c'était un métier de la classe moyenne) ou artisans, abandonnés sur place il y a deux ans par l'exode des Resplendissantes vers [[Aroche]]. | ||
Ils conservent néanmoins le contrôle sur le port militaire et l'accès aux quartiers nobles, leurs bibliothèques, leurs fontaines, leurs jardins et donc leur production '''pharmaceutique''', qui permet aux derniers Hornois de commercer avec le reste de Marandrah, et négocier la relance des '''hauts-fourneaux''' –utilisés depuis le ghetto mais ''alimentés'' depuis la citadelle.<br> | Ils conservent néanmoins le contrôle sur le port militaire et l'accès aux quartiers nobles, leurs bibliothèques, leurs fontaines, leurs jardins et donc leur production '''pharmaceutique''', qui permet aux derniers Hornois de commercer avec le reste de Marandrah, et négocier la relance des '''hauts-fourneaux''' –utilisés depuis le ghetto mais ''alimentés'' depuis la citadelle.<br> | ||
| Ligne 29 : | Ligne 102 : | ||
► '''Détails du Bastion Mordoré''', réservé aux PJ du [[Bastion Septentrional]]. | ► '''Détails du Bastion Mordoré''', réservé aux PJ du [[Bastion Septentrional]]. | ||
{{Secrets| | {{Secrets| | ||
| − | Ayant accueilli plus de | + | Ayant accueilli plus de 8.000 personnes pendant des siècles, les Mordorés ne sont plus aujourd'hui que 642 (dont 316 ''enfants'' et 71 "miliciens"), possédant 378 esclaves, de quoi armer plus de 5.000 Hotars, l'équipement pour '''forger de l'Airain''' (mais plus les hauts-fourneaux pour en ''fondre''), un '''Catalyseur''' ("Lamrassoud") nettement plus puissant que celui d'Aroche, une petite birème qui ne sort plus du port qu'une à deux fois par an (et plusieurs autres bâtiments plus ou moins hors-services) mais assez d'artillerie pour incendier la moitié de Marandrah et un magnifique temple de Herem. Le silence est néanmoins tombé sur une bonne part des des salles de classes et des halls d'entraînement, des réfectoires et des dortoirs, des entrepôts, du terrain de ''[[:Catégorie:Sultanat de Safran#Ganok & Gazettes|horaganokal]]'' "traditionnel", des thermes, une salle de chirurgie, d'immenses cuisines, des ateliers de verrerie, de charpenterie et de mécanique...<br> |
| − | Si les documents "stratégiques" ont été emportés par les Resplendissantes, rien que les archives locales feraient sans doute pâlir la [[Bibliothèque Impériale]] ''et'' la Maison Odran, tout en expliquant bien mieux les derniers siècles. | + | Si les documents "stratégiques" ont été emportés par les Resplendissantes, rien que les archives locales feraient sans doute pâlir la [[Bibliothèque Impériale]] ''et'' la [[Maison Odran]], tout en expliquant bien mieux les derniers siècles. |
}} | }} | ||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | ==Les Satrapies== | ||
| + | Marandhra compte aujourd’hui '''16 Satrapies héréditaires''' (la dernière ayant été attribuée il y a seulement 2 ans), une unique enclave étrangère reconnue (l'[[Arche des Palmes]], dont l'Archonte est une sorte de "satrape honoraire"), le Cléricat (qui n'est ''pas'' une Satrapie) et encore 13 satrapies "provinciales" à l'extérieur de la cité palatiale. | ||
| + | |||
| + | De part la structure sociale kaliganthaise, chacun des quartiers héberge (au moins) une famille de Satrapes, une bourgeoisie plus ou moins importante, des milliers d'ouvriers et presque autant d'esclaves, principalement consacrés à une poignée d'activités connexes et qui, ensemble, forment une unité administrative, sociale, géographique, légale et économique. À mesure que le Bastion et les Sultans perdaient en autorité, '''chaque Satrapie est presque devenue sa propre ville''' avec ses propres lois et coutumes, et dont les habitants n'aiment généralement pas s'éloigner. D'abord parce qu'il est '''aisé de se perdre''' dans les Satrapies qu'on connaît mal <ref>Il est même courant de trouver des étrangers et des ''ghunji'' (Marandhrais d'une autre Satrapie) perdus dans les rues et, souvent, les autochtones ont l'amabilité de les guider –au moins si c'est pour les renvoyer ''hors du quartier''...</ref>, ensuite parce que les résidents jouissent chez eux d'une protection légale qui ne résiste pas forcément à l'arbitraire d'un ''autre'' Satrape et, enfin, parce que chaque quartier a développé une sorte de chauvinisme local (qui ne facilite en rien la gouvernance du Sultan). | ||
| + | |||
| + | |||
| + | [[Fichier:Marandhra-carte-01.png|center|1000px|thumb|Cette carte est un '''WIP''', m'enfin c'est mieux que rien.]] | ||
| + | |||
| + | |||
| + | Il serait fastidieux de présenter toutes les Satrapies de Kaliganthàm mais, pour faciliter la circulation des [[Protagonistes]] et illustrer la complexité des rapports de pouvoir dans la capitale, voici donc les '''16 Satrapies de Marandhra''' (et son Cléricat) : | ||
| + | |||
| + | ===1) Seigneurie des Quais Éternels=== | ||
| + | L''''Insigne Nautonier, Hrimbor aux Quais Éternels''' dirige non seulement le port (circulaire) de commerce, ses douanes ‒et donc une part substantielle du commerce maritime ''à l’intérieur'' du Sultanat comme vers [[Hông]] et [[Royaume de Singhal|Singhal]]‒ mais aussi les nombreux entrepôts, commerces, compagnies maritimes –incluant un '''comptoir [[Lalnyhari]]''', les chantiers navals, les habitations alentours et le siège de la '''guilde des Débardeurs'''.<br> | ||
| + | Pour autant, le petit [[#Califat des Aigrettes|Califat des Aigrettes]] comme l’Anse des Gardiens et son vaste '''[[Marché Dansant]] (X)''' échappent encore à l’Insigne Nautonier, le premier sur décision d’un précédent Sultan et les seconds en vertu d’une antique loi qui veut que les eaux salées ne puissent être possédées par d’autres que le Palais lui-même. | ||
| + | |||
| + | ===2) Duché des Arènes=== | ||
| + | Parce qu’il règne sur les Arènes antiques et leur grand marché aux esclaves (ainsi que les résidences qui l'entourent), le '''Débonnaire Adarazahn, Duc du Marché des Arènes''' exerce une influence incontournable sur la '''guilde des Esclaviers''' et toute la traite des esclaves : à ce titre, il dispose d'une considérable réserve de travailleurs à bas prix, qu'il met alternativement au service des projets militaires du Sultan, des Lusiarine ou des Serpentaires. Chaque mois, les Arènes accueillent d'ailleurs des combat de "gladiateurs", généralement sponsorisés par de riches mécènes (des Satrapes, des guildes...) dans le but de se qualifier pour le championnat annuel, qui génère énormément de paris (enrichissant le Débonnaire) en plus du renom (et donc de la ''publicité'' !) et des quelques privilèges offerts par l'antique titre de ''Horomordrar'' –"champion des guerriers". À l'automne, et depuis seulement 7 ans, les Arènes accueillent surtout la finale du '''tournois national de ganok''', dont les matchs de qualifications se déroulent durant l'été à travers les archipels puis dans plusieurs Satrapies de Marhandhra.<br> | ||
| + | Ce quartier étant aussi le plus ancien et, de loin, le plus luxueux de Marandhra, ses vastes demeures Solaires aux frontons de pierre sculptée accueillent en outre les sièges de plusieurs corporations (dont celle des Banquiers-Changeurs) comme les résidences de riches Satrapes provinciaux –y compris le '''Vaillant Kojipalpàn, Comte des Récifs Nacrés''', récemment célèbre pour sa défense (navale) du Sultanat– et de quelques dignitaires étrangers, notamment l'ambassade singhalaise. | ||
| + | |||
| + | ===3) Comté de l'Orangeraie=== | ||
| + | Sous l'autorité de l''''Efflorescent Comte Galulompok''', ce vaste quartier est à la fois l'un des plus populeux de la capitale et le siège de la prospère industrie de la fleur, de la graine et du fruit : ses canaux s'étendent jusqu'aux pied des vergers du mont Marhumbi en baignant ses jardins horticoles, maraîchers, aromatiques et médicinaux, entourées des ruelles tortueuses et des maisons de bois fleuries qui logent les nombreux artisans et ouvriers des pépinières et greniers, des moulins, pressoirs et minoteries, des épiceries et teintureries, des herboristes et marchands de '''tabac''', des apothicaires et plusieurs distilleries produisant notamment le fameux '''''bangbà''''' : le fameux vin de mangue marhandrais. On y trouve aussi, le longe du fleuve des Pétales, le siège de la '''guilde des Alchimistes''', celle des '''Droguistes''' et certaines des tavernes les plus fameuses du Sultanat... | ||
| + | |||
| + | ===4) Califat des Aigrettes=== | ||
| + | Malgré l'importance économique très modérée de sa Satrapie, le '''Chatoyant Eoldravar, Calife des Aigrettes''' jouit du considérable prestige de descendre en droite ligne du Premier Sultan (sa dynastie ayant conservé une Satrapie depuis plus de quatre siècles), d'en tirer une foule de prérogatives somptuaires et de présider au grandiose '''Marché aux Plumes''' : non seulement les oiseaux chanteurs et d'ornement sont par tradition des portes-bonheur autant que des signes extérieurs de richesse, mais les bourgeois kaliganthais achètent et élèvent volontiers des oiseaux de pêche, d'alarme, de protection des cultures (contre des insectes extrêmement envahissants), en plus de l'importante consommation de '''volaille''' à Marandhra. | ||
| + | |||
| + | ===5) Satrapie des Quatre Ponts=== | ||
| + | Stratégiquement situé juste en aval de l'estuaire du fleuve d'Or, à la jonction avec la rivière des Parfums (principale voie de livraison de l'[https://fr.wikipedia.org/wiki/Encens_(r%C3%A9sine_oliban) oliban] cultivé dans les montagnes), l''''Avenue Dorée''' (la grande artère qui relie le Port et les Arènes aux quartiers Nord et donc au reste des terres) et donc des principales routes commerciales –fluviales comme terrestres– vers le Nord et l'Est agricoles de l'île, le territoire de la '''Précieuse Jiziradal, Dame des Quatre Ponts''' est le carrefour incontournable du riz, de l'encens, des textiles et des produits manufacturés à Marandhra. Par un habile système d'abonnement qui fidélise les transporteurs et fluidifie les taxations, la Précieuse des Quatre Ponts prélève sa part sur toutes les marchandises qui entre en ville autrement que par la mer, comme sur tous les piétons, chariots, portes-faix, barges et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Sampan sampans] qui doivent circuler ''sur'' ou ''sous'' ses fameux ponts... | ||
| + | |||
| + | ===6) Baronnie des Cordons=== | ||
| + | Si le '''textile''' et tout particulièrement la soie étaient les fondements du quartier, c'est l'essor de la '''corderie''' de marine qui a récemment fait sa fortune, notamment en fournissant les Lusiriane : la guilde des Cordiers a bientôt pris le pas sur celle des Tisserands et, il y a seulement deux ans, l'alliance de la Maîtresse Cordière avec la Matriarche fehnri de la '''[[Ruche des Orchidées Fauves]]''' lui a permis d'être anoblie sous le nom de la '''Désirée Haligapàn, Baronne de la Rue des Cordiers'''.<br> | ||
| + | Encore un secteur populeux et largement ouvrier, la nouvelle prospérité –curieusement redistribuée à la majorité de ses habitants– tend aujourd'hui à l'embourgeoiser : beaucoup de maisons sont refaites en pierre, les boutiques de mode et les salons de thé s'y multiplient... | ||
| + | |||
| + | ===7) Cléricat=== | ||
| + | Non pas une Satrapie en tant que telle mais l'extension du [[Temple d'Ërem]], le Cléricat abrite 7 '''bibliothèques''' (où de nombreux ouvrages sont empruntables pour quelques Ɍoupies <ref>Quoique beaucoup soient encore en Solaire.</ref>), des scriptoriums, des librairies, la plupart des métiers du livre comme de la mécanique mais, surtout, les les tribunaux et '''services administratifs''' du Sultanat –le fameux '''''Dokhupan''''' qui a beaucoup perdu de sa puissance depuis l'époque du Protectorat mais préside encore largement à l'administration du Sultanat. | ||
| + | |||
| + | ===8) Marquisat des Mortiers=== | ||
| + | Quartiers des maçons, carriers, charpentiers, cimentiers, chaufourniers et siège de la '''guilde des Architectes''' sous l'égide de l''''Immuable Lok-Lagôn, Marquis des Mortiers''', le Marquisat intègre aussi les joaillers, la guilde des Étameurs et les quelques forges de la cité. Largement construits de pierre, surplombant l'Orangeraie depuis les contreforts du Marhumbi, les Mortiers sont aussi un secteur résidentiel cossu où la bourgeoisie s'est installée malgré le bruit... | ||
| + | |||
| + | ===9) Satrapie des Palus=== | ||
| + | L''''Averti Nhajeragaï, Potentat des Palus''' (que ses détracteurs surnomment "le Potentat de Papier") possèdent les marais salés à l'embouchure du delta du Marahoni –le "Fleuve d'Or", où poussent la sorte d'aralie (un arbuste) dont on tire le papier "blanc" de Marandrah, qui est en réalité assez ''gris'', friable et très bon marché, donc le papier préféré des gazettes. Au Sud de ces marais se sont donc établies des papeteries, des imprimeurs et des ateliers de gravure, payant tous tribut à l'Averti Nhajeragaï. | ||
| + | |||
| + | ===10) Comté des Sablons=== | ||
| + | À mesure que la cité s'est étendue, les plages anciennement inhabitées à l'ombre des montagnes ont d'abord été occupées par des résidences ouvrières, largement bâties de bois et de chaumes, puis par la (relativement) récente '''guilde des Potiers''', qui inclut en fait les verriers, les céramistes et les émailleurs tirant partie tant des sablières que de la glaise prélevée sur les marais et les berges du fleuve d'Or. À la fois excentré et protégé de la perpétuelle compétition des Satrapes par l'indolence du '''Serein Tambô, Comte des Sablons''', le quartier est presque une banlieue de la capitale et, parce que les loyers y sont proportionnellement raisonnables, il commence à accueillir nombre des ateliers et boutiques trop récents ou peu nombreux pour être organisés en guildes. | ||
| + | |||
| + | ===11) Satrapie des Rameaux=== | ||
| + | Depuis près de 150 ans que s'est constituée la '''guilde des Ébénistes''', la première du Sultanat, ses maîtres graduellement ont acquis plus d'influence que les Satrapes locaux, au point de valoir à l'actuel le titre peu envié de ''Bénin'' Dadanghi, Potentat des Rameaux. Il faut dire que la cette "satrapie bourgeoise" rassemble en réalité les nombreux '''métiers du bois et de l'osier''' hors de la construction immobilière <ref>les charpentiers, eux, dépendent de la corporation des Architectes, installée dans les Mortiers</ref>, dont notamment les très nombreux '''vanniers''', les '''boutonniers''' (essentiels à une époque de pénurie de métal et dans une culture où l'on coud très peu) et la '''construction navale''' qui produit avant tout les dizaines de milliers de jonques, sampans, barges et pirogues qui sillonnent constamment la capitale. | ||
| + | |||
| + | ===12) Duché du Débarcadère Méridional=== | ||
| + | Il y a plus d'un siècle qu'un conflit commercial entre la Seigneurie du Port et les Duchés méridionaux (tout spécialement la cité de '''Laga-Lahang''') a persuadé ces derniers à ouvrir leur propre débarcadère, sur la côte Sud de la capitale : si la querelle a cessé de longue date, l'endroit est entretemps devenu le siège locale de la '''guilde des Teinturiers''', aujourd'hui envahi par les réfugiés venus des cités incendiées par les Rhpudari mais toujours un haut-lieu de '''la mode''' bourgeoise kaliganthaise (en perpétuelle concurrence avec les couturiers aristocratiques du Marché aux Plumes). <br> | ||
| + | Historiquement, c'est jadis dans ce port –bien plus modeste que les Quais Éternels– que s'installa le premier comptoir des [[Lusiarine]], avant qu'ils n'ouvrent leur propres installations portuaires au bout de la péninsule des Iguanes. | ||
| + | |||
| + | ===13) Baronnie des Méandres=== | ||
| + | Traditionnellement le quartier des innombrables '''ouvriers agricoles''' travaillant dans les rizières qui s’étendent dès la limite Nord de la ville, les Méandres accueillent aussi les principales distilleries d''''alcools de riz''', produisant non seulement le ''tuong'', bière préférée du petit peuple marandhrais, mais aussi la liqueur bon marché appelée '''''jukàng''''' et dont des lots frelatés font parfois des ravages dans la population. Il y a bientôt 40 ans, ce danger incita le Sultan d'alors à fermer de force nombre de distilleries, mais cette prohibition et la popularité du breuvage ne firent qu'engendrer une '''contrebande''' croissante, bientôt l'enjeu d'une montée rapide de la criminalité. Aujourd'hui, quoique les restrictions furent levée depuis 14 ans, ces truands se sont organisés en une sorte de guilde : '''les Obscurs''', qui escroquent, volent, rançonnent, trafiquent et assassinent à travers toute la capitale sans que l''''Infortuné Baong-Nashan, Baron des Méandres''', n'arrive à reprendre le contrôle de sa Satrapie... | ||
| + | |||
| + | ► '''Détails disponibles aux personnages ''Ganthi'' et possédant au moins ''Pègre 2''''' (Connaissance ou Contacts). | ||
| + | {{Secrets| | ||
| + | En réalité, "les Obscurs" sont un surnom civil très insuffisant à décrire les multiples gangs et sociétés secrètes qui se développent à Marandhra depuis des siècles malgré le déni des autorités et doit largement aux oppressions économiques et religieuses, mais ont en effet connu une nette expansion durant la prohibition du jukàng. On distinguera en particulier... | ||
| + | * les '''Sandales de Joncs''' forment possiblement la plus plus puissante organisation criminelle de la cité, aujourd'hui centrée sur le lucratif trafic du '''''nallù''''' (mélange de tabac, de chanvre et d'opium) et dirigées depuis au moins 20 ans par la Veuve Ghi. | ||
| + | * il y a plusieurs ''siècles'', la '''Perle de Tempête''' était un mouvement religieux clandestin mais très répandu dans tout le Sultanat, tentant de résister à l'imposition du culte d'Ërem à travers les Îles Mordorés en perpétuant les rites autochtones. Mais la radicalisation religieuse à mesure que le mouvement perdait en popularité et son habitude de prélever secrètement le denier du culte sur les fidèles l'a graduellement transformée en extorsion organisée, à laquelle se sont depuis ajouté le vol (en particulier le pillage de cargaison dans les ports), la contrebande et la piraterie. | ||
| + | * la '''Badàmh Manghora''' –ou "Société de l'Araignée-Crépuscule"– est le bras criminel de la [[Ruche des Orchidées Fauves]], spécialisées dans la prostitution et les jeux illégaux mais aujourd'hui en lutte contre les Sandales de Joncs pour le contrôle des filières de ''nallù''... | ||
| + | |||
| + | Si la Perle de Tempête domine l'Ouest et le Sud de l'archipel mais est sensiblement moins implantée sur l'île de Dao-Langàmà, et carrément dominée à Marandhra par ses deux concurrentes, la guerre que se livrent Sandales et Orchidées penche actuellement en faveur des secondes, au point que la Veuve Ghi a dû se trouver un nouvel allié... | ||
| + | |||
| + | ► Secrets réservés aux seul·es '''membres de la Pègre marandhraise''' (dans le doute, consultez le MJ). | ||
| + | {{Secrets| | ||
| + | Une quatrième organisation, simplement appelé '''"le Coutelas"''', arbitre les querelles criminelles depuis des générations, avec d'autant plus d'acuité qu'elle est en fait un groupe discret à l'intérieur de la garde du Satrape, vraisemblablement dirigé par le Baron des Méandres en personne, puisque "l'Infortuné" Baong-Nashan, vieux et roué qu'il est, a vite compris qu'il était moins rentable de lutter contre les gangs que de les réguler –en échange d'une part des profits, évidemment. L'Araignée-Crépuscule ne le concernait guère tant qu'elle se cantonnait à la baronnie voisine des Cordons mais, depuis plusieurs années qu'elle empiète sur son territoire et dérange les activités de ses affiliés, le Coutelas commence à prendre des mesures aux côtés des Sandales de Jonc : récemment, les deux alliés ont ainsi menés plusieurs attaques sanglantes contre les fumeries et les transports d'opium des "étrangères fehnri" et les Pravindrahri se préparent aujourd'hui à une véritable guerre des gangs... | ||
| + | |||
| + | Au grand dam de [[Samar]], il semble que le capitaine Jin Sangrine ait moins insisté pour contrevenir au blocus dans le but de rapporter plus d'argent à son employeur, et bien davantage pour livrer une cargaison de quelques 100aines de kilos d'opium aux Pravindrahri –sur laquelle elles ont payé plusieurs milliers de Ɍoupies d’avance... | ||
| + | }}}} | ||
| + | |||
| + | |||
| + | ===14) Émirat des Lampions=== | ||
| + | Quartier des spectacles, des artistes et des luthiers sous l'égide bienveillante du '''Munificent Suinday, Émir des Lampions'''. On citera en particulier le théâtre surélevé du Plateau Céleste et sa célèbre troupe d'opéra, ou l'hostellerie des '''Quatre Printemps''' où résidents et bourgeois plébiscite ou condamnent les nouvelles créations dramatiques, comiques, musicales, acrobatiques et poétiques en leur jetant des balcons superposés des [[Monnaies#Ɍoupies|Ɍoupies]] ou des fruits pourris... | ||
| + | |||
| + | ===15) Prévôté des Carnes=== | ||
| + | Dirigé par le '''Rubicond Ramathing, Prévôt des Carnes et Maître des Équarrisseurs''' dont le père fut le premier maître de guilde | ||
| + | |||
| + | bouchers, tanneurs, maroquiniers →assez mal famé | ||
| + | |||
| + | ===16) Comté des Écailles=== | ||
| + | Pêcheurs, poissonniers & Serpentaires | ||
| + | |||
| + | ===17) Parvis des Caudataires=== | ||
| + | Où réside les milliers de serviteurs et courtisans du palais, dont les Satrapes provinciaux les moins bien lotis. | ||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
---- | ---- | ||
Version actuelle en date du 20 octobre 2025 à 21:10
Capitale du Sultanat de Kaliganthàm, centre portuaire de toutes les Mers Serpentines depuis bien des générations et jadis le siège du Bastion Mordoré, Marandhra est aujourd'hui une métropole tentaculaire et chaotique attirant plus d'un million d'habitants sur plusieurs îlots et des kilomètres de côte au Sud-Est de la Baie des Danseurs, au creux de la grande île industrieuse de Dao-Langàm. Il faut dire qu'en plus des deux ports marchands, l'un Kaliganthais et l'autre Kerdan, la cité occupe la jonction des deux plus grandes artères fluviales de l'île (et du Sultanat) :le fleuve d'Or (Sinàn-Dang) qui se déversent dans le delta des Élodées après avoir serpenté sur plus de 150km parmi les rizières du Nord et le fleuve des Pétales, qui charrie fréquemment les débris des vergers mais aussi la poussière des carrières de l'Est.
Formant un croissant ouvert sur la baie à l'Ouest, la ville couvre les plages et se prolonge sur les eaux par des pontons, elle escalade les ilets, les contreforts montagneux et même la vieille citadelle Solaire, tout au Nord. La cité remonte le long des deux et des rivières qui sillonnent, elle traverse les marais par des pilotis et des digues artificielles et, quand elle a recouvert tous les rivages, elle nage : des dizaines de milliers de navires, grands et petits, couvrent la baie jour et nuit.
Des quantités de pirogues, de barges, de jonques, de nefs kerdanes et de corsaro armés circulent lentement le long des larges chenaux vers les différents ports et quais de la ville, mais d'autres embarcations s'attachent en grappes aux ruines de l'antique port 'solaire' au Nord de la baie, formant des quartiers flottants, généralement éphémères mais où des milliers de Kaliganthais, de Myriadins, de Singhalais, de Fehnri et mêmes des Ébènides y vivent surtout de la pêche ou du transport. Quelques-unes de ces îles temporaires, dont les habitants déménagent presque toutes les huitaines, sont toutefois centrées sur de gros navires de plaisance, comme le théâtre flottant du Poisson-Paon, ou les navires-ateliers qui parviennent à travailler le bambou, le lin, le bois, les teintures et même un peu de métal.
Plus au Sud, par les grands ponts qui enjambent le fleuve d'Or, se trouvent les vestiges des Arènes Solaires, aujourd'hui reconverties en marché aux esclaves : peut-être cent-milles esclaves sont échangés chaque mois sur la grande esplanade circulaire, et encore deux fois plus sont durablement employée à travers les chantiers, les carrières, les forges et les minoteries de la cité, mais aussi dans les rizières et les champs de canne qui l'entourent.
Généralement, ces tâches ne dureront que quelques mois car, à Marandhra, on loue les esclaves plus qu'on ne les achète : seules les plus riches familles ont les moyens de conserver des esclaves à l'année, mais nombre de ménages aisés et de petits commerces louent volontiers un·e à deux esclaves pour quelques mois auprès des multiples Esclaviers des Arènes, le temps de caréner un navire, de débarquer un gros convoi ou d'aider aux récoltes.
La durée de vie de ces esclaves "consignés" semble bien meilleure qu'elle ne le serait dans l'Empire mais, au Sultanat, l'esclavage est une condition qui peut échoir à quiconque n'est pas noble ou clerc : si une minorité de ces esclaves sont des captifs razziés dans les Myriades ou né depuis dans la caste des Esclaves-Nés ('"Jiang"'), beaucoup sont en fait des Asservis ('"Najianghi"') condamnés aux travaux forcés (une peine plus commune que la prison) ou des endettés qui consacrent leur existence à repayer une dette parfois contractée des générations plus tôt.
Sommaire
- 1 l'Archipel Palatial
- 2 La cité des Satrapes
- 3 Les Satrapies
- 3.1 1) Seigneurie des Quais Éternels
- 3.2 2) Duché des Arènes
- 3.3 3) Comté de l'Orangeraie
- 3.4 4) Califat des Aigrettes
- 3.5 5) Satrapie des Quatre Ponts
- 3.6 6) Baronnie des Cordons
- 3.7 7) Cléricat
- 3.8 8) Marquisat des Mortiers
- 3.9 9) Satrapie des Palus
- 3.10 10) Comté des Sablons
- 3.11 11) Satrapie des Rameaux
- 3.12 12) Duché du Débarcadère Méridional
- 3.13 13) Baronnie des Méandres
- 3.14 14) Émirat des Lampions
- 3.15 15) Prévôté des Carnes
- 3.16 16) Comté des Écailles
- 3.17 17) Parvis des Caudataires
l'Archipel Palatial
Au centre politique (si ce n'est tout à fait géométrique) de l'arc de cercle de Marandrah se dressent les quais, les jetées, les passerelles, les escaliers, les terrasses, les patios, les galeries et les dômes du Palais du Sultan, principalement porté par trois îles rocheuses et des centaines de piliers. Le tout est peint de beaucoup de blanc rehaussé de liserés vert et orangé mais, au Nord du Palais, autour de deux hauts phares, s'amarrent les jonques et les catamarans multi-colores de la noblesse en visite.
Presque tous les jours, il sont plusieurs douzaines à obtenir l'autorisation de monter des larges escaliers de pierre volcanique jusqu'à la terrasse couverte, ornée de statues marines donnant sur le large, où le Majestueux Laodajar, Sultan de Kaliganthàm aime à tenir sa cour. Mais si les Clercs sont les seuls à entrer au Palais de leur chef, les visiteurs sont en fait des milliers à attendre une audience avec le souverain ou son Dokhupan, parfois pendant des semaines : des Satrapes provinciaux ou de moindre rangs, des représentants des archipels "extérieurs" du Sultanat, des émissaires étrangers, des artistes en quête d'argent ou d'approbation, des astronomes porteurs de prophéties, des réfugiés de Laga-Lahang et Lagilathàn, de simples mariniers espérant l'arbitrage d'une querelle de territoire de pêche ou des marchands en quête d'une licence de négoce... Tous ces demandeurs sont alors hébergés, à leurs frais, dans le quartier cossu construit sur le cap pointant vers le Palais, et appelé Parvis des Caudataires.
les Puissants
Parmi plusieurs dizaines d'aristocrates venus échanger des potins, discuter la guerre et négocier le soutien de leur fief auprès de la Maison du Sultan (généralement en échange d'un meilleur territoire à venir), on a plus rarement la chance de croiser ceux qui font vraiment tourner le cité :
● Le Débonnaire Adarazahn, Duc du Marché des Arènes est probablement le ganthi le plus riche de Marandhra puisque il est à la fois le suzerain du quartier des banques mais aussi l'incontournable maître du juteux commerce des esclaves. Il protège d'ailleurs ses affaires et son fief par une des principale garde armée du pays. Alors que sa fille aînée est promise au Comte de Majhùrani, cité métallurgique aujourd'hui en nette perte de vitesse mais toujours un des piliers économiques du Sultanat, la rumeur prétend qu'il pourrait ne plus satisfaire de n'être que le second satrape de Kalignthàm...
● la Précieuse Jiziradal, Dame des Quatre Ponts règne sur une presqu'île urbaine qui est, de par ses fameux ponts, un carrefour incontournable des routes terrestres et fluviales du riz, de l'encens, des textiles et des produits manufacturés : des flux de marchandises sur lesquels la Précieuse exerce des taxes assez lucratives pour accumuler l'une des plus grandes fortunes de la cité, et qui lui permettent d'exercer une influence sensible sur la plupart des corporations marchandes à l'intérieur de Dao-Langàm (la grande île autour de Marandhra).
● l'Archidiacre Nobhukadassar ne bénéficie peut-être plus des privilèges de l'époque du Protectorat ni même de la confiance des Satrapes, mais il est tout de même à la tête du Temple d'Ërem et du Dokhupan, donc des milliers de clercs heremides qui assurent encore l'administration de la cité et, de là, d'une par importante du Sultanat.
● Quoiqu'il ne soit pas satrape lui-même, l'Exarque Paolino Lusiarine est souvent au Palais pour représenter les intérêts du jeune Archonte Maximilian, également appelé Avisé seigneur de la Péninsule, puisque l'Arche des Palmes, son quartier et son port sont aujourd'hui considérés comme un des fiefs héréditaires de la capitale.
● Techniquement le suzerain d'une bonne part du petit archipel oriental des Gala-Kalàn, le Vaillant Kojipalpàn, Comte des Récifs Nacrés, issu d'une dynastie longtemps en conflit avec Hông, est l'un des rares nobles à posséder une flotte de combat (petite, et réduite de moitié depuis la fameuse "victoire" kaliganthaise contre les Rhûdari).
● Issue d'une famille anoblie depuis seulement deux ans, la Désirée Haligapàn, Dame des Fuseaux et Baronne de la Rue des Cordiers est volontiers mondaine, muse de plusieurs artistes, réputée avoir des dizaines d'amants et toujours à la tête de la "guilde" des Cordiers (& Tisserands). Tenant sa récente cour dans la vaste demeure qu'elle se fait construire au centre de la Baronnie des Cordons, la Désirée Haligapàn est aussi une fournisseuse et une alliée indispensable des Kerdans, mais aussi de la Ruche des Orchidées Fauves.
● le célèbre "Prince-Pêcheur" Banukh commande depuis plus de 15 ans l'ordre séculaire des Serpentaires, une flotte de "pêche" au serpent de mer composés de quelques milliers de marins et chasseurs d'élite qui forment depuis peu la principale force maritime autochtone. À la fois amiral et chef religieux, pratiquant des rites bien pus anciens que le Protectorat Hornois, ce fameux Banukh est considéré comme un fanatique dangereux par l'aruistocratie, mais désormais comme un héros par les ouvriers et pêcheurs de Marandhra, d'ailleurs allié au Vaillant Kojipalpàn et materiellement soutenu par les ateliers de la Ruche des Orchidées Fauves...
● s'il est moins riche que nombre des précédents, le Munificent Suinday, Émir des Lampions dirige le cœur culturel du Sultanat à travers sa petite satrapie de théâtres, de musiciens et d'écrivains. Et si on lui prête un caractère romantique et complaisant, davantage intéressé aux arts qu'à la politique, une population aussi portée à la mythologie que celle de Marandhra est bien autant menée par les modes créatives que par l'argent, la loi ou les armes...
La cité des Satrapes
Le mélange du système de castes heremide (imposée jadis par les Solaires) et de la culture ganthi, après avoir macéré durant plusieurs siècles de luttes intestines, a abouti à une pyramide de 6 classes sociales qui ne sont plus strictement héréditaires ni fixes, mais restent lourdement hiérarchisées et ont, chacune, des devoirs envers leurs supérieurs et des droits sur leurs inférieurs [1] :
- tout en bas de l’échelle sociale, les Esclaves-Nés (“Jiang”) et les Asservis (plus ou moins) temporaires forment une vaste main-d’œuvre (presque un quart de la population du Sultanat) appartenant à l’un ou l’autre Satrape (voir plus bas) et qui n’a guère plus de droits que le bétail (en dehors de celui de prier Ërem).
- à peine plus nombreux et mieux lotis, les Ouvriers (“Jianay”) sont des prolétaires (relativement) libres quoique exclus de la propriété foncière, et ceux qui résident à Marandhra sont mécaniquement “locataires” des Satrapes et donc corvéables.
- les Bourgeois (“Gansham”) regroupent non seulement les artisans et boutiquiers mais toutes les familles qui possèdent de l’immobilier ou des moyens de production : un atelier, une taverne, un navire, une plantation, quelques esclaves… Les Ganshami (au pluriel) sont de plus en plus nombreux à s’organiser en guildes (“Nayghàm”) pour défendre leurs intérêts face à la noblesse et, dans la dernière décennie, déjà deux dirigeants de corporations ont même été anoblis !
- les Clercs (“Hanam”) comprennent essentiellement l’ancienne caste cléricale heremide toujours rattachée au service du Temple et du Palais mais aussi, au grand dam des précédents, un nombre grandissant d’érudit·es (astronomes, alchimistes, médecins, historiens…) qui ont gagné les mêmes privilèges.
- enfin, les Satrapes (“Diham”) règnent sur le quotidien du Sultanat, chaque famille noble étant à la fois en charge d’un aspect de l’économie, d’un territoire et possédant donc des prérogatives attribuées par le Palais [2], bien que les Satrapes qui possèdent des quartiers de la capitale soient de loin les plus influents.
De fait, l’immense majorité des bâtiments “publics”, des ponts, avenues et ruelles de la cité sont ainsi le fief de l’un ou l’autre Satrape, et parfois l’objet d’une concurrence féroce puisque ces pouvoirs et possessions peuvent être rachetés si un Satrape propose un meilleur service que le précédent [3] ou retirés s’il était démontré qu’un Satrape n’assurait pas son mandat : on a ainsi vu des nobles perdre la charge de construction navale parce qu’un concurrent offrait de plus beaux navires ou le bénéfice d’un pont parce qu’il s’était effondré lors d’un des fréquents tremblements de terre.
Mais, hors de ces cas particuliers, les Satrapes sont largement maîtres chez eux : chaque Satrapie (généralement) héréditaire possède sa propre réglementation (dont les Satrapes sont les principaux magistrats), sa propre garde et la famille régnante y préside aux destins de la majorité de ses habitants et industries. Quoiqu’elles doivent de plus en plus souvent composer avec les Nayghàm, ces Satrapies tendent d’ailleurs à l’intégration verticale : un Satrape possédant une carrière de pierre ayant tout un intérêt à embaucher maçons et architectes pour décrocher un mandat de construction publique, par exemple un canal, puis à devenir l’exploitant de ce canal, donc à investir dans des barges de transport, etc.
En bons ganthi, les Satrapes ont aussi beaucoup d’enfants et si seul le premier né hérite du titre, ses frères et sœurs jouissent d’importants privilèges et participent fréquemment à l’administration de leur Satrapie, souvent comme gestionnaires d’une de ses industries connexes.
Par ailleurs, les titres aristocratiques s’étant multipliés et diversifiés avec les siècles, la volonté d’attribuer des rangs toujours plus granulaires et la fantaisie des Sultans successifs, leurs significations exactes (et donc leur traduction) n’a aujourd’hui qu’un sens très symbolique ou parfois historique : une “Marquise” n’est donc plus forcément supérieure à un “Comte”, et il est au moins un “Calife” (descendant des premiers Sultans) qui ne règne que sur quelques pâtés de maisons…
Temple d'Ërem
le Marché Dansant
- Écailles de Pierre
les Arènes
l'Arche des Palmes
Originaires de Ligovia, les terres kerdanes les plus proches des Îles Mordorées, les navigateurs Lusiarine fréquentent le Sultanat de Safran depuis l'antiquité et y ont établi leurs premiers comptoirs au milieu du II° siècle avant l'Ère Impériale. Mais ce n'est qu'en -27 qu'ils obtinrent enfin l'accord du Palais, des Satrapes et des Hornois pour commencer à bâtir une véritable Arche sur le terrain le plus accidenté, le plus dénudé et donc le moins convoité de toute la baie : la péninsule des Iguanes[4]. Mais, forts de l'unique licence commerciale jamais accordée à des étrangers par le Matriarcat de Fehn, les Lusiarine savaient déjà que cette route maritime ferait leur fortune s'ils parvenaient à la consolider.Isolée du reste de la capitale kalignathaise, c'est aujourd'hui une véritable citadelle portuaire qui se dresse au bout de cette langue rocheuse, à la fois un monument à la persévérance des Lusiarine et la manifestation tangible de l'importance économique de leur Route des Épices. La construction de cette enclave kerdane, industrieuse mais confortable et solidement protégée, a en effet réclamé des décennies d'efforts et des millions de £unes, investis non seulement dans la pierre, les pots-de-vin aux Satrapes, le personnel, le matériel et les navires mais aussi dans la guerre de course qui vit les Lusiarine et leurs alliés (Maletudine et Lalnyhari) affronter leurs puissants rivaux Venderine pendant plus de 15 ans, en marge de la guerre navale menée par les Rhûdari contre le Royaume de Singhal.
Aujourd'hui presque une ville de 6.000 habitants, les Palmes sont donc le centre névralgique de la Route des Épices depuis près de 70 ans, les bénéfices apportés au Sultanat leur ont ensuite valu d'être élevées au range de satrapie héréditaire par le Glorieux Laojharal (grand-père de l'actuel Sultan) en l'an 6 (È.I.) et, dernièrement, elles accueillent l'Amirauté dirigeant la flotte corsaire contre les Rhûdari.
→ Section dédiée à l'Arche des Palmes sur la page des Lusiarine.
Radémoàran
(Nord)
Quoiqu'il soit attrapé depuis quelques générations par l'épais tissu urbain de Marandhra, l'antique bastion solaire de "Hradmoaran" (en Hornois) dépasse encore de très haut le reste du paysage : faits d'une pierre jaune pâle importée de loin, d'énormes tours rectilignes reliées par des étages et des étages de courtines, des statues de 40m de haut et d'immenses portails entrebâillés, plantés à flanc de montagne (au Nord-Est de la cité) et qui forment une colossale de grille de pierre pointant vers les cieux.
Mais un peu d'attention révèle des signes évidents de délabrement : des tourelles ont disparu, des statues sont amputées, la végétation dévore l'aile Ouest et de petites pagodes de joncs poussent aux créneaux de la Porte du Levant...
Car après des siècles de déshérence, et quoique les superstitions aient longtemps tenu les Moindres-Sangs hors de la vieille-ville hornoise, la "Guerre de Singhal" (contre la précédente vague d'invasion des Rhûdari, commencée il y a un demi-siècle) a expulsé des dizaines de milliers de singhalais et de langari (ces derniers originaires des 36 Serpents : Lang-Lambha, en Fehnrique), qui arrivèrent de plus en plus nombreux au Sultanat.
Trouvant à Marandrah une large cité aux trois-quart abandonnée, ils s'y installèrent malgré la résistance du Bastion (il y aurait eu des violences avant que les Hornois ne cèdent sous le nombre). Ils relancèrent certains des ateliers longtemps à l'abandon, recyclèrent des équipements "antiques" en matériaux de construction et murèrent les endroits qu'ils trouvaient trop dangereux. Au fur et à mesure, le Bastion leur coupait les "services" qui auraient du être le privilège des Heremides, et renonçaient à entretenir le réseau d'eau, l'éclairage, les égouts... que les malheureux "barbares" ne savaient évidemment pas réparer.
Plus récemment, ils ont encore été rejoints par des Myriadins (des Myriades, où les Rhûdari auraient chassé la population d'îles entières !?), des Kaliganthais du Sud (là où les Rhûdari ont récemment incendié deux ports) et quelques centaines de Hôngoï (de Hông[5]) : les réfugiés s'installent plutôt dans les étages, quitte à bâtir des poulaillers sur les remparts, abandonnant le plus souvent les rues aux eaux usées ou à des potagers aménagés.
Aujourd'hui, c'est ce quartier indéniablement lugubre, réputé insalubre et dangereux que les Marandrais appellent Radémoàran... mais il ne représente pourtant que la première enceinte du Bastion antique.
Hradmoaran : le Bastion Mordoré
À l'Ouest et au sommet de la vieille-ville colonisée (!) par les Moindres-Sangs, les Hornois du Bastion contrôlent encore la citadelle proprement dite, quelques peu dépeuplée mais où peut-être un demi-millier Hornois (et sans doute autant d'esclaves), pour la plupart ouvriers, serviteurs, esclavagistes (à Horne, c'était un métier de la classe moyenne) ou artisans, abandonnés sur place il y a deux ans par l'exode des Resplendissantes vers Aroche.
Ils conservent néanmoins le contrôle sur le port militaire et l'accès aux quartiers nobles, leurs bibliothèques, leurs fontaines, leurs jardins et donc leur production pharmaceutique, qui permet aux derniers Hornois de commercer avec le reste de Marandrah, et négocier la relance des hauts-fourneaux –utilisés depuis le ghetto mais alimentés depuis la citadelle.
À l'heure actuelle, les portes du bastion ne s'entr'ouvrent plus que pour les Clercs ou, rarement, un représentant du Sultan.
→ Histoire du Protectorat Hornois
► Détails du Bastion Mordoré, réservé aux PJ du Bastion Septentrional.
Ayant accueilli plus de 8.000 personnes pendant des siècles, les Mordorés ne sont plus aujourd'hui que 642 (dont 316 enfants et 71 "miliciens"), possédant 378 esclaves, de quoi armer plus de 5.000 Hotars, l'équipement pour forger de l'Airain (mais plus les hauts-fourneaux pour en fondre), un Catalyseur ("Lamrassoud") nettement plus puissant que celui d'Aroche, une petite birème qui ne sort plus du port qu'une à deux fois par an (et plusieurs autres bâtiments plus ou moins hors-services) mais assez d'artillerie pour incendier la moitié de Marandrah et un magnifique temple de Herem. Le silence est néanmoins tombé sur une bonne part des des salles de classes et des halls d'entraînement, des réfectoires et des dortoirs, des entrepôts, du terrain de horaganokal "traditionnel", des thermes, une salle de chirurgie, d'immenses cuisines, des ateliers de verrerie, de charpenterie et de mécanique...
Si les documents "stratégiques" ont été emportés par les Resplendissantes, rien que les archives locales feraient sans doute pâlir la Bibliothèque Impériale et la Maison Odran, tout en expliquant bien mieux les derniers siècles.
Les Satrapies
Marandhra compte aujourd’hui 16 Satrapies héréditaires (la dernière ayant été attribuée il y a seulement 2 ans), une unique enclave étrangère reconnue (l'Arche des Palmes, dont l'Archonte est une sorte de "satrape honoraire"), le Cléricat (qui n'est pas une Satrapie) et encore 13 satrapies "provinciales" à l'extérieur de la cité palatiale.
De part la structure sociale kaliganthaise, chacun des quartiers héberge (au moins) une famille de Satrapes, une bourgeoisie plus ou moins importante, des milliers d'ouvriers et presque autant d'esclaves, principalement consacrés à une poignée d'activités connexes et qui, ensemble, forment une unité administrative, sociale, géographique, légale et économique. À mesure que le Bastion et les Sultans perdaient en autorité, chaque Satrapie est presque devenue sa propre ville avec ses propres lois et coutumes, et dont les habitants n'aiment généralement pas s'éloigner. D'abord parce qu'il est aisé de se perdre dans les Satrapies qu'on connaît mal [6], ensuite parce que les résidents jouissent chez eux d'une protection légale qui ne résiste pas forcément à l'arbitraire d'un autre Satrape et, enfin, parce que chaque quartier a développé une sorte de chauvinisme local (qui ne facilite en rien la gouvernance du Sultan).
Il serait fastidieux de présenter toutes les Satrapies de Kaliganthàm mais, pour faciliter la circulation des Protagonistes et illustrer la complexité des rapports de pouvoir dans la capitale, voici donc les 16 Satrapies de Marandhra (et son Cléricat) :
1) Seigneurie des Quais Éternels
L'Insigne Nautonier, Hrimbor aux Quais Éternels dirige non seulement le port (circulaire) de commerce, ses douanes ‒et donc une part substantielle du commerce maritime à l’intérieur du Sultanat comme vers Hông et Singhal‒ mais aussi les nombreux entrepôts, commerces, compagnies maritimes –incluant un comptoir Lalnyhari, les chantiers navals, les habitations alentours et le siège de la guilde des Débardeurs.
Pour autant, le petit Califat des Aigrettes comme l’Anse des Gardiens et son vaste Marché Dansant (X) échappent encore à l’Insigne Nautonier, le premier sur décision d’un précédent Sultan et les seconds en vertu d’une antique loi qui veut que les eaux salées ne puissent être possédées par d’autres que le Palais lui-même.
2) Duché des Arènes
Parce qu’il règne sur les Arènes antiques et leur grand marché aux esclaves (ainsi que les résidences qui l'entourent), le Débonnaire Adarazahn, Duc du Marché des Arènes exerce une influence incontournable sur la guilde des Esclaviers et toute la traite des esclaves : à ce titre, il dispose d'une considérable réserve de travailleurs à bas prix, qu'il met alternativement au service des projets militaires du Sultan, des Lusiarine ou des Serpentaires. Chaque mois, les Arènes accueillent d'ailleurs des combat de "gladiateurs", généralement sponsorisés par de riches mécènes (des Satrapes, des guildes...) dans le but de se qualifier pour le championnat annuel, qui génère énormément de paris (enrichissant le Débonnaire) en plus du renom (et donc de la publicité !) et des quelques privilèges offerts par l'antique titre de Horomordrar –"champion des guerriers". À l'automne, et depuis seulement 7 ans, les Arènes accueillent surtout la finale du tournois national de ganok, dont les matchs de qualifications se déroulent durant l'été à travers les archipels puis dans plusieurs Satrapies de Marhandhra.
Ce quartier étant aussi le plus ancien et, de loin, le plus luxueux de Marandhra, ses vastes demeures Solaires aux frontons de pierre sculptée accueillent en outre les sièges de plusieurs corporations (dont celle des Banquiers-Changeurs) comme les résidences de riches Satrapes provinciaux –y compris le Vaillant Kojipalpàn, Comte des Récifs Nacrés, récemment célèbre pour sa défense (navale) du Sultanat– et de quelques dignitaires étrangers, notamment l'ambassade singhalaise.
3) Comté de l'Orangeraie
Sous l'autorité de l'Efflorescent Comte Galulompok, ce vaste quartier est à la fois l'un des plus populeux de la capitale et le siège de la prospère industrie de la fleur, de la graine et du fruit : ses canaux s'étendent jusqu'aux pied des vergers du mont Marhumbi en baignant ses jardins horticoles, maraîchers, aromatiques et médicinaux, entourées des ruelles tortueuses et des maisons de bois fleuries qui logent les nombreux artisans et ouvriers des pépinières et greniers, des moulins, pressoirs et minoteries, des épiceries et teintureries, des herboristes et marchands de tabac, des apothicaires et plusieurs distilleries produisant notamment le fameux bangbà : le fameux vin de mangue marhandrais. On y trouve aussi, le longe du fleuve des Pétales, le siège de la guilde des Alchimistes, celle des Droguistes et certaines des tavernes les plus fameuses du Sultanat...
4) Califat des Aigrettes
Malgré l'importance économique très modérée de sa Satrapie, le Chatoyant Eoldravar, Calife des Aigrettes jouit du considérable prestige de descendre en droite ligne du Premier Sultan (sa dynastie ayant conservé une Satrapie depuis plus de quatre siècles), d'en tirer une foule de prérogatives somptuaires et de présider au grandiose Marché aux Plumes : non seulement les oiseaux chanteurs et d'ornement sont par tradition des portes-bonheur autant que des signes extérieurs de richesse, mais les bourgeois kaliganthais achètent et élèvent volontiers des oiseaux de pêche, d'alarme, de protection des cultures (contre des insectes extrêmement envahissants), en plus de l'importante consommation de volaille à Marandhra.
5) Satrapie des Quatre Ponts
Stratégiquement situé juste en aval de l'estuaire du fleuve d'Or, à la jonction avec la rivière des Parfums (principale voie de livraison de l'oliban cultivé dans les montagnes), l'Avenue Dorée (la grande artère qui relie le Port et les Arènes aux quartiers Nord et donc au reste des terres) et donc des principales routes commerciales –fluviales comme terrestres– vers le Nord et l'Est agricoles de l'île, le territoire de la Précieuse Jiziradal, Dame des Quatre Ponts est le carrefour incontournable du riz, de l'encens, des textiles et des produits manufacturés à Marandhra. Par un habile système d'abonnement qui fidélise les transporteurs et fluidifie les taxations, la Précieuse des Quatre Ponts prélève sa part sur toutes les marchandises qui entre en ville autrement que par la mer, comme sur tous les piétons, chariots, portes-faix, barges et sampans qui doivent circuler sur ou sous ses fameux ponts...
6) Baronnie des Cordons
Si le textile et tout particulièrement la soie étaient les fondements du quartier, c'est l'essor de la corderie de marine qui a récemment fait sa fortune, notamment en fournissant les Lusiriane : la guilde des Cordiers a bientôt pris le pas sur celle des Tisserands et, il y a seulement deux ans, l'alliance de la Maîtresse Cordière avec la Matriarche fehnri de la Ruche des Orchidées Fauves lui a permis d'être anoblie sous le nom de la Désirée Haligapàn, Baronne de la Rue des Cordiers.
Encore un secteur populeux et largement ouvrier, la nouvelle prospérité –curieusement redistribuée à la majorité de ses habitants– tend aujourd'hui à l'embourgeoiser : beaucoup de maisons sont refaites en pierre, les boutiques de mode et les salons de thé s'y multiplient...
7) Cléricat
Non pas une Satrapie en tant que telle mais l'extension du Temple d'Ërem, le Cléricat abrite 7 bibliothèques (où de nombreux ouvrages sont empruntables pour quelques Ɍoupies [7]), des scriptoriums, des librairies, la plupart des métiers du livre comme de la mécanique mais, surtout, les les tribunaux et services administratifs du Sultanat –le fameux Dokhupan qui a beaucoup perdu de sa puissance depuis l'époque du Protectorat mais préside encore largement à l'administration du Sultanat.
8) Marquisat des Mortiers
Quartiers des maçons, carriers, charpentiers, cimentiers, chaufourniers et siège de la guilde des Architectes sous l'égide de l'Immuable Lok-Lagôn, Marquis des Mortiers, le Marquisat intègre aussi les joaillers, la guilde des Étameurs et les quelques forges de la cité. Largement construits de pierre, surplombant l'Orangeraie depuis les contreforts du Marhumbi, les Mortiers sont aussi un secteur résidentiel cossu où la bourgeoisie s'est installée malgré le bruit...
9) Satrapie des Palus
L'Averti Nhajeragaï, Potentat des Palus (que ses détracteurs surnomment "le Potentat de Papier") possèdent les marais salés à l'embouchure du delta du Marahoni –le "Fleuve d'Or", où poussent la sorte d'aralie (un arbuste) dont on tire le papier "blanc" de Marandrah, qui est en réalité assez gris, friable et très bon marché, donc le papier préféré des gazettes. Au Sud de ces marais se sont donc établies des papeteries, des imprimeurs et des ateliers de gravure, payant tous tribut à l'Averti Nhajeragaï.
10) Comté des Sablons
À mesure que la cité s'est étendue, les plages anciennement inhabitées à l'ombre des montagnes ont d'abord été occupées par des résidences ouvrières, largement bâties de bois et de chaumes, puis par la (relativement) récente guilde des Potiers, qui inclut en fait les verriers, les céramistes et les émailleurs tirant partie tant des sablières que de la glaise prélevée sur les marais et les berges du fleuve d'Or. À la fois excentré et protégé de la perpétuelle compétition des Satrapes par l'indolence du Serein Tambô, Comte des Sablons, le quartier est presque une banlieue de la capitale et, parce que les loyers y sont proportionnellement raisonnables, il commence à accueillir nombre des ateliers et boutiques trop récents ou peu nombreux pour être organisés en guildes.
11) Satrapie des Rameaux
Depuis près de 150 ans que s'est constituée la guilde des Ébénistes, la première du Sultanat, ses maîtres graduellement ont acquis plus d'influence que les Satrapes locaux, au point de valoir à l'actuel le titre peu envié de Bénin Dadanghi, Potentat des Rameaux. Il faut dire que la cette "satrapie bourgeoise" rassemble en réalité les nombreux métiers du bois et de l'osier hors de la construction immobilière [8], dont notamment les très nombreux vanniers, les boutonniers (essentiels à une époque de pénurie de métal et dans une culture où l'on coud très peu) et la construction navale qui produit avant tout les dizaines de milliers de jonques, sampans, barges et pirogues qui sillonnent constamment la capitale.
12) Duché du Débarcadère Méridional
Il y a plus d'un siècle qu'un conflit commercial entre la Seigneurie du Port et les Duchés méridionaux (tout spécialement la cité de Laga-Lahang) a persuadé ces derniers à ouvrir leur propre débarcadère, sur la côte Sud de la capitale : si la querelle a cessé de longue date, l'endroit est entretemps devenu le siège locale de la guilde des Teinturiers, aujourd'hui envahi par les réfugiés venus des cités incendiées par les Rhpudari mais toujours un haut-lieu de la mode bourgeoise kaliganthaise (en perpétuelle concurrence avec les couturiers aristocratiques du Marché aux Plumes).
Historiquement, c'est jadis dans ce port –bien plus modeste que les Quais Éternels– que s'installa le premier comptoir des Lusiarine, avant qu'ils n'ouvrent leur propres installations portuaires au bout de la péninsule des Iguanes.
13) Baronnie des Méandres
Traditionnellement le quartier des innombrables ouvriers agricoles travaillant dans les rizières qui s’étendent dès la limite Nord de la ville, les Méandres accueillent aussi les principales distilleries d'alcools de riz, produisant non seulement le tuong, bière préférée du petit peuple marandhrais, mais aussi la liqueur bon marché appelée jukàng et dont des lots frelatés font parfois des ravages dans la population. Il y a bientôt 40 ans, ce danger incita le Sultan d'alors à fermer de force nombre de distilleries, mais cette prohibition et la popularité du breuvage ne firent qu'engendrer une contrebande croissante, bientôt l'enjeu d'une montée rapide de la criminalité. Aujourd'hui, quoique les restrictions furent levée depuis 14 ans, ces truands se sont organisés en une sorte de guilde : les Obscurs, qui escroquent, volent, rançonnent, trafiquent et assassinent à travers toute la capitale sans que l'Infortuné Baong-Nashan, Baron des Méandres, n'arrive à reprendre le contrôle de sa Satrapie...
► Détails disponibles aux personnages Ganthi et possédant au moins Pègre 2 (Connaissance ou Contacts).
En réalité, "les Obscurs" sont un surnom civil très insuffisant à décrire les multiples gangs et sociétés secrètes qui se développent à Marandhra depuis des siècles malgré le déni des autorités et doit largement aux oppressions économiques et religieuses, mais ont en effet connu une nette expansion durant la prohibition du jukàng. On distinguera en particulier...
- les Sandales de Joncs forment possiblement la plus plus puissante organisation criminelle de la cité, aujourd'hui centrée sur le lucratif trafic du nallù (mélange de tabac, de chanvre et d'opium) et dirigées depuis au moins 20 ans par la Veuve Ghi.
- il y a plusieurs siècles, la Perle de Tempête était un mouvement religieux clandestin mais très répandu dans tout le Sultanat, tentant de résister à l'imposition du culte d'Ërem à travers les Îles Mordorés en perpétuant les rites autochtones. Mais la radicalisation religieuse à mesure que le mouvement perdait en popularité et son habitude de prélever secrètement le denier du culte sur les fidèles l'a graduellement transformée en extorsion organisée, à laquelle se sont depuis ajouté le vol (en particulier le pillage de cargaison dans les ports), la contrebande et la piraterie.
- la Badàmh Manghora –ou "Société de l'Araignée-Crépuscule"– est le bras criminel de la Ruche des Orchidées Fauves, spécialisées dans la prostitution et les jeux illégaux mais aujourd'hui en lutte contre les Sandales de Joncs pour le contrôle des filières de nallù...
Si la Perle de Tempête domine l'Ouest et le Sud de l'archipel mais est sensiblement moins implantée sur l'île de Dao-Langàmà, et carrément dominée à Marandhra par ses deux concurrentes, la guerre que se livrent Sandales et Orchidées penche actuellement en faveur des secondes, au point que la Veuve Ghi a dû se trouver un nouvel allié...
► Secrets réservés aux seul·es membres de la Pègre marandhraise (dans le doute, consultez le MJ).
Une quatrième organisation, simplement appelé "le Coutelas", arbitre les querelles criminelles depuis des générations, avec d'autant plus d'acuité qu'elle est en fait un groupe discret à l'intérieur de la garde du Satrape, vraisemblablement dirigé par le Baron des Méandres en personne, puisque "l'Infortuné" Baong-Nashan, vieux et roué qu'il est, a vite compris qu'il était moins rentable de lutter contre les gangs que de les réguler –en échange d'une part des profits, évidemment. L'Araignée-Crépuscule ne le concernait guère tant qu'elle se cantonnait à la baronnie voisine des Cordons mais, depuis plusieurs années qu'elle empiète sur son territoire et dérange les activités de ses affiliés, le Coutelas commence à prendre des mesures aux côtés des Sandales de Jonc : récemment, les deux alliés ont ainsi menés plusieurs attaques sanglantes contre les fumeries et les transports d'opium des "étrangères fehnri" et les Pravindrahri se préparent aujourd'hui à une véritable guerre des gangs...
Au grand dam de Samar, il semble que le capitaine Jin Sangrine ait moins insisté pour contrevenir au blocus dans le but de rapporter plus d'argent à son employeur, et bien davantage pour livrer une cargaison de quelques 100aines de kilos d'opium aux Pravindrahri –sur laquelle elles ont payé plusieurs milliers de Ɍoupies d’avance...
14) Émirat des Lampions
Quartier des spectacles, des artistes et des luthiers sous l'égide bienveillante du Munificent Suinday, Émir des Lampions. On citera en particulier le théâtre surélevé du Plateau Céleste et sa célèbre troupe d'opéra, ou l'hostellerie des Quatre Printemps où résidents et bourgeois plébiscite ou condamnent les nouvelles créations dramatiques, comiques, musicales, acrobatiques et poétiques en leur jetant des balcons superposés des Ɍoupies ou des fruits pourris...
15) Prévôté des Carnes
Dirigé par le Rubicond Ramathing, Prévôt des Carnes et Maître des Équarrisseurs dont le père fut le premier maître de guilde
bouchers, tanneurs, maroquiniers →assez mal famé
16) Comté des Écailles
Pêcheurs, poissonniers & Serpentaires
17) Parvis des Caudataires
Où réside les milliers de serviteurs et courtisans du palais, dont les Satrapes provinciaux les moins bien lotis.
- ↑ En principe une caste est « un groupe social hiérarchisé, endogame, héréditaire et fixe ».
- ↑ Un peu comme les Lignées fehnri
- ↑ Selon l’estimation du Palais, qui inclut autant les préférences du Sultan qu’une longue suite de précédents archivés par les Clercs.
- ↑ Où des centaines de sauriens multicolores viennent prendre le soleil aux heures chaudes. Leurs "chants" sont assez étranges et ils sont plutôt agressifs, mais les iguanes participent ainsi à la protection de l'Arche, parfois à l'entraînement de ses arbalétriers et, lors de plusieurs périodes de disette, à l'alimentation locale...
- ↑ Depuis quelques décennies que la riche mais terriblement étroite Principauté de Hông est dirigée par une dynastie "à poigne", nombre d'opposants mais aussi des marchands et des savants avaient émigrés au Sultanat ou à Singhal.
- ↑ Il est même courant de trouver des étrangers et des ghunji (Marandhrais d'une autre Satrapie) perdus dans les rues et, souvent, les autochtones ont l'amabilité de les guider –au moins si c'est pour les renvoyer hors du quartier...
- ↑ Quoique beaucoup soient encore en Solaire.
- ↑ les charpentiers, eux, dépendent de la corporation des Architectes, installée dans les Mortiers