Lusiarine (famille) : Différence entre versions

De Marches du Nord
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La moins connue des quatre [[:Catégorie:Les Kerdans#Les Familles|dynasties kerdanes]], la famille Lusiarine est peu présente dans l'[[Empire de Rem]] car elle exerce principalement son commerce vers les [[Mers serpentines]], à destination de '''[[Fehn]]''', des '''[[Îles Mordorées]]''' et même, paraît-il, des [[Royaumes d'Ébène]]. Ayant établi des [[:Catégorie:Les Kerdans#Les comptoirs et les Arches|arches]] au royaume de [[Singhal]], dans le [[Horne#Le Marquisat|marquisat de Horne]] et depuis peu à [[Varangue]], la dynastie "de sinople" profite aujourd'hui de son partenariat avec la '''[[Maison Loryame]]''' dans le commerce des '''épices''' pour chercher à s'implanter dans l'archipel de [[Felriane]] depuis quelques années...
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[[Fichier:Lusiarine.png|100px|right]]La moins connue et la plus méridionale des quatre [[:Catégorie:Les Kerdans#Les Familles|dynasties kerdanes]], la famille Lusiarine est d'autant moins présente dans l'[[Empire de Rem]] qu'elle exerce principalement son commerce vers les [[Mers Serpentines]] le long de la fameuse '''[[Route des Épices]] entre [[Fehn]] et [[Horne]]''', à travers le [[Sultanat de Kaliganthàm]], [[Hông]], le [[Royaume de Singhal]], les [[Îles_Mordorées#les_Myriades|Myriades]], [[Shamadhay]] et même, paraît-il, jusqu'aux [[Royaumes d'Ébène]]. Plutôt une confédération de familles kerdanes qu'une dynastie au sens stricte, redistribuant depuis bien longtemps les bénéfices tirés des [[Îles Mordorées]] entre les archipels kerdans méridionaux (qui seraient miséreux sans cela), la '''dynastie "de sinople"''' compte désormais sur ses partenariats avec la '''[[Maison Loryame]]''' (dans l'Empire), le nouveau roi de Singhal mais aussi les Lignées fehnri des [[Lalnyhari]] et des [[Vadrahri]] pour peut-être, enfin, prendre l'avantage dans l''''ancienne rivalité qui l'oppose aux [[Venderine]]'''.
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► Néanmoins, ses projets sont désormais menacés par la '''guerre navale que Fehn mène aujourd'hui contre le Sultanat "de Safran"''' et le blocus maritime dont les transports Lusiarine sont les premières victimes : c'est la trame de fond de notre actuel '''[[Chapitre III : "Tropiques"]]'''.
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==De Ligovia au Concile==
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Si la nation kerdane dans son ensemble est devenue une puissance navale et commerciale pour pallier au manque de ressources criant de ses archipels, c'est doublement vrai pour ses îles les plus au Sud, souvent arides et dont les habitants n'ont longtemps survécu que grâce à la pêche. Au cœur de cette région méridionale "miséreuse" (au moins selon des standards kerdans) se trouve l'archipel nommé Ligovia et dont l'unique avantage économique fut d'avoir, jadis, compté juste assez de forêts pour construire des navires : parmi ces bûcherons et charpentiers minutieux, généralement râblés et très bruns, la famille Lusiarine s'est d'abord extraite de l'indigence durant l'[[Âge Sombre]] en découvrant successivement des techniques de replantage relativement efficaces, des méthodes d'assemblage naval n'employant pas de métal et, surtout, l'importance de la solidarité.<br>
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Car à l'époque antique où les archipels moins pauvres se lançaient dans la concurrence commerciale qui formerait le socle des futures dynasties kerdanes, les Lusiarine organisèrent plutôt un réseau consistant à échanger, sur leurs petits navires sans clous, les quelques marchandises produites par les moindres îlets en se préoccupant moins de profit que d'assurer la survie conjointe des communautés méridionales qui, en retour, commencèrent à se spécialiser pour mieux participer à cette '''coopérative maritime bientôt appelée la ''Ligua''''' <ref>Le mot kerdan puis sa version remane, "Ligue", trouvent ainsi leur origine dans un antique diminutif de ''Ligovia''</ref>. Les Ligoviens refusèrent obstinément de réviser ce principe de solidarité même à l'aube du II° siècle avant l'[[Ère Impériale]], lorsque leurs marins atteignirent les [[Îles Mordorées]] –alors encore largement inconnues– et y trouvèrent un véritable pays de cocagne, foisonnant d'opportunités commerciales finalement capables d'apporter un peu de prospérité à leurs îles<ref>Car ces lieux étaient alors assez méconnus, et la concurrence des puissants Venderine y était donc assez faible pour que les Lusiarine parviennent à y établir des comptoirs malgré leurs fonds limités.</ref>.
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Ces humbles origines leur ont donné un cap qui n'a plus varié depuis : alors que les grandes familles plus au Nord devenaient des cartels de plus en plus hiérarchisés en formant le [[:Catégorie:Les_Kerdans#Clientèle|système de "clientèle"]] qui perdure encore aujourd'hui, la Ligua rassembla peu à peu une large confédération de petites communautés unies pour subsister et, pendant que les ambitieux [[Venderine]] exploitaient le vaste Continent à l'Ouest, que les guerriers [[Torodine]] se préparaient à conquérir leurs voisins et que leurs clients [[Melangoline]] exploraient les terres barbares du Nord, les marins ligoviens continuèrent de s'aventurer '''toujours plus au Sud''', dans des régions de plus en plus étranges mais au moins ''luxuriantes''.<br>
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Avec une ténacité qui deviendrait un stéréotype <ref>Pour la plupart des autres Kerdans, les Ligoviens sont non seulement rustauds et lents mais incroyablement '''''têtus'''''.</ref>, malgré leurs petits navires chahutés par des mers tempétueuses et apparemment grouillantes de monstres qu'ils nommèrent "Serpentines", les Ligoviens s'acharnèrent à rencontrer tous les peuples des tropiques, à baragouiner toutes les langues quitte à les massacrer par leur accent rugueux et à y nouer patiemment des partenariats d'autant plus solides qu'ils étaient équitables. Et s'ils en tiraient laborieusement des profits plutôt modestes au regard des fortunes faîtes par les grandes dynasties, la ''Ligua'' parvint, lentement à assurer la prospérité non seulement de sa Ligovia d'origine, mais des autres îles du Sud kerdan.
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Vers -150, , la ''Ligua'' avait inspiré la "Ligue Rigérienne" dans les [[Royaumes Côtiers]] (où les Ligoviens commerçaient un peu sans avoir les moyens d'y développer des comptoirs) et rassemblé nombre de "familles" kerdanes mineures, non seulement dans les îles méridionales mais jusqu'au centre des Archipels, attirant à elle les entreprises tentant d'échapper au joug déjà envahissant des Venderine. Parmi elle, citons notamment les ingénieurs Ormaline<ref>Considérés comme les inventeurs de l'arbalète kerdane, quoique son principe fusse inspiré d'armes [[fehnri]] justement ramenées des Îles Mordorées.</ref>, les paysans Querdine (censément les descendants direct de Kerem et, en tous cas, la lignée qui donna son nom au reste du Peuple des Mers) et les savants [[Celsine]] de Cernuella (grande île montagneuse au Nord-Ouest). Pour palier à l'indigence de leurs sols, les Ligoviens avaient même entrepris d''''acheter des monceaux de terre fertile''' au [[Sultanat de Kaliganthàm]] pour les répandre dans leurs îles, produisant bien plus de quolibets de la part de leur voisins qu'ils n'en tirèrent jamais de produits agricoles, et cimentant leur réputation d'obstination aveugle.
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Pourtant, lorsque la menace grandissante des conquérants Torodine (et leurs clients nordiques" : Melangoline, Sangrine, Maletudine...) convainquit la "dynastie dorée" des Venderine de chercher ''des alliances'' plutôt que de seulement mettre ses voisins sous contrat, les multiples membres de la ''Ligua'' finirent par se joindre à l'effort de guerre. Lorsqu'ils eurent, tous ensemble, stoppé les Torodine et que la '''[[Melangoline#Du Cénacle à Felriane|guerre du Cénacle]]''' (ainsi nommée pour la mer qui fut son épicentre) s'acheva par un traité de paix entre les familles du Nord et du Sud kerdans, c'est encore la Ligua qui convainquit le reste des Archipels de former en -117 le '''Concile''' qui, désormais établi dans la cité centrale d'Altamire, régirait la nation kerdane <ref>Les braves Ligoviens n'avaient par contre pas anticipé que les familles les plus riches en ferait une [[:Catégorie:Les_Kerdans#Le_Concile_kerdan|"ploutocratie parlementaire"]]...</ref>.
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==Dynastie Tropicale==
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Le siècle qui suivit la fondation du Concile vit d'une part le développement d'une administration plutôt tortueuse et d'un système politique complexe au sein des archipels Kerdans, d'autre part la considérable expansion de leurs comptoirs commerciaux à travers le Continent occidental, de [[Horne]] à sa pointe Sud jusqu'au Pays des Vents au Nord. La conjugaison des deux consolida rapidement les dynasties kerdanes en d'énormes corporations "familiales" et la plus puissante d'entre elles, les Venderine, utilisa ses gigantesques fonds, l'afflux des marchandises continentales et son poids législatif pour grignoter le territoire autant que l'unité de la ''Ligua'' : incapables de survivre plus longtemps en tant que coopérative malgré les bénéfices grandissants de la Route des Épices, ses membres restants décidèrent de s'associer en une sorte de '''dynastie "confédérale"''', surtout représentée au Concile par les Lusiarine mais s'appuyant sur la participation plus générale des Ligoviens, des Ormaline et, pendant quelques temps, des Celsine.
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La "dynastie de sinople" et l'ensemble de son territoire restent néanmoins dirigés par la '''Convention Ligovienne''', presque un Concile miniature de 53 membres où sont représentées non seulement les familles méridionales –grandes et mineures– mais aussi nombre des cités et même des îles méridionales, à l'exception notable (et volontaire) du grand port Venderine de [[Pellocante]]. Si la ''famille'' Lusiarine mène globalement les affaires dans les Mers Serpentines, on trouve beaucoup d'Ormaline parmi ses administrateurs et c'est néanmoins cette Convention, réunie une fois par an, qui décide des objectifs de toute la confédération et '''répartit les considérables bénéfices de la [[Route des Épices]] entre ses membres'''.
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Cette organisation inhabituelle chez les Kerdans a plusieurs conséquences économiques et stratégiques.<br>
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Premièrement, les Lusiarine (et leurs nombreux associés) ont la réputation d'être '''la dynastie la plus honnête''' des Archipels Kerdans : que ce soit effectivement par choix éthique ou parce qu'il est plus difficile de faire approuver des atrocités par toute une Convention de marchands, pêcheurs et paysans, la dynastie de Sinople ne semble pas déclencher de guerre (comme l'ont fait les [[Torodine]]), instaurer de véritable monopole ou [https://fr.wikipedia.org/wiki/Monopsone monopsone], pratiquer le "colonialisme économique" habituel des Venderine et des [[Melangoline]], ni même tellement enfreindre de lois, qu'elles fussent kerdanes ou étrangères. Si cette apparente probité facilite les relations des Ligoviens avec nombre de leurs partenaires et leur vaut un "soutien populaire" qui se traduit par quelques sièges supplémentaires au Cénacle, les Kerdans bien informés considèrent qu'elle désavantage néanmoins les Lusiarine dans la féroce concurrence que se livrent les dynasties kerdanes <ref>D'ailleurs, les Questure lusiarine sont d'autant moins efficaces en matière de renseignement qu'elles évitent de se livrer vraiment à l'espionnage.</ref>.<br>
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Deuxièmement, les considérations éthiques retardent presque autant les résolutions stratégiques que les Conventions annuelles, et '''les Lusiarine sont notoirement lents à se décider''' : nombre des projets de leurs capitaines, marchands ou ingénieurs doivent de fait être discutés par la majorité de leur confédération avant d'être effectivement validés ou financés, et il n'est donc pas rare que des occasions leur échappent ainsi par manque de réactivité.<br>
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Troisièmement, malgré le contrôle exercé sur la Route des Épices et le chiffre d'affaire colossal qu'elle engendre, les Ligoviens ont '''beaucoup de bouches à nourrir''' et donc sensiblement moins de trésorerie que les autres dynasties...
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===Route des Épices===
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Grâce aux considérables efforts conjugués des Kerdans '''[[Lusiarine]]''' et des Fehnri '''[[Lalnyhari]]''' depuis plusieurs générations, les dangers des Mers Serpentines ont partiellement été domptés par l'établissement de '''5 escales stratégiques''', bien équipées et raisonnablement "neutres", formant l'unique voie navigable entre '''[[:Catégorie:Lalnyhari#Rebelles & Ambassadrices|Nanghyamsi]]''' à l'extrémité Sud (tout au Nord du Matriarcat) et '''[[Horne#Le Marquisat|Khorodavar]]''' à l'extrémité Nord (au Sud-Est de [[Horne]]), et qui draine une part conséquente du commerce à travers toutes les Îles Mordoré. Ces cinq escales-clés sont :
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* '''Da-Lang''', port de pêche réaménagé à grands frais au Nord de l'archipel fehnri des 36 Serpents,
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* '''Samudra''', capitale du [[Royaume de Singhal]] qui a récemment signé une paix amère avec le Matriarcat de Fehn,
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* la '''Principauté de Hông''', micro-état neutre et donc, inquiet mais bien armé,
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* '''Marandhra''' dans la [[Baie des Danseurs]], plaque tournante du commerce et capitale du [[Sultanat de Safran]],
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* le comptoir kerdan d''''Ondaverde''', installé il y a bientôt 25 ans à la grande surprise des pêcheurs tribaux qui habitaient la pointe Nord-Ouest de l'archipel volcanique des "Incendiare", techniquement aux confins du Sultanat.
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En particulier, Samudra se situe à la fourche avec une '''seconde route maritime''' vers le Nord-Est, administrée par la puissante dynastie des [[Venderine]] et reliant le Sultanat aux [[Archipels Kerdans]]. Mais si le commerce entre Samudra et Pellocante (le port méridional des Venderine) n'a plus guère été dérangé depuis la paix signée entre Fehn et le Royaume de Singhal, ce n'est pas le cas de la "branche Hornoise" de la Route des Épices (géographiquement et historiquement). De fait, cette voie vers Horne et donc l'Empire faisait la fortune des Lusiarine, mais elle subit actuellement un '''blocus instauré par la flotte des Rhûdari''' dans leur tentative de conquête du Sultanat, attirant dans la région autant de diplomates que de corsaires.<br>
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''► Et c'est donc là qu'un paquet de PJ ont décidé de se rendre pour faire du commerce, du renseignement, sans doute un peu d'archéologie et plus généralement chatouiller le blocus de la Lignée de Rhûda.''
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===Arche des Palmes===
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''Extrait de la page [[Marandhra]] :''<br>
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Les '''navigateurs [[Lusiarine]]''' fréquentent donc le "[[Sultanat de Safran]]" depuis l'antiquité et y ont établi leurs premiers comptoirs au milieu du II° siècle avant l'[[Ère Impériale]]. Mais ce n'est qu'en -27 qu'ils obtinrent enfin l'accord du Palais, des Satrapes ''et des Hornois'' pour commencer à bâtir une véritable [[:Catégorie:Les_Kerdans#Les_comptoirs_et_les_Arches|Arche]] sur le terrain le plus accidenté, le plus dénudé et donc ''le moins convoité'' de toute la baie : la '''péninsule des Iguanes'''<ref>Où des centaines de sauriens multicolores viennent prendre le soleil aux heures chaudes. Leurs "chants" sont assez étranges et ils sont plutôt agressifs, mais les iguanes participent ainsi à la protection de l'Arche, parfois à l'entraînement de ses arbalétriers et, lors de plusieurs périodes de disette, à l'alimentation locale...</ref>. Mais, forts de l'unique licence commerciale jamais accordée à des étrangers par le Matriarcat de Fehn, les Lusiarine savaient déjà que cette route maritime ferait leur fortune s'ils parvenaient à la consolider.<br>
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Isolée du reste de la capitale kalignathaise, c'est aujourd'hui une véritable '''citadelle portuaire''' qui se dresse au bout de cette langue rocheuse, à la fois un monument à la persévérance des Lusiarine et la manifestation tangible de l'importance économique de leur [[Route des Épices]]. La construction de cette enclave kerdane, industrieuse mais confortable et solidement protégée, a en effet réclamé des '''décennies d'efforts et des millions de £unes''', investis non seulement dans la pierre, les pots-de-vin aux Satrapes, le personnel, le matériel et les navires mais aussi dans la '''[[Îles_Mordorées#Corsaires_kerdans|guerre de course]]''' qui vit les Lusiarine et leurs alliés ([[Maletudine]] et [[Lalnyhari]]) affronter leurs puissants rivaux Venderine pendant plus de 15 ans, en marge de la guerre navale menée par les Rhûdari contre le Royaume de Singhal.
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Aujourd'hui presque une ville de '''6.000 habitants''', les Palmes sont donc le centre névralgique de la Route des Épices depuis près de 70 ans, les bénéfices apportés au Sultanat leur ont ensuite valu d'être élevées au range de '''satrapie héréditaire''' par le Glorieux Laojharal (grand-père de l'actuel Sultan) en l'an 6 (È.I.) et, dernièrement, elles accueillent '''l'Amirauté''' dirigeant la flotte corsaire contre les Rhûdari.
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''► Historique de l'Arche des Palmes, réservé aux PJ '''parlant Kerdan et possédant le Talent Histoire à 2''' ou plus...'' {{Secrets|
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En l'an 27 avant l'Ère Impériale, l'ambitieuse '''Pilote Pacella''' et sa proche famille ne se découragèrent pas lorsque des années de tractations pour obtenir un terrain constructible à Marandhra n'aboutirent qu'à leur offrir une crique rocheuse entre les récifs et les iguanes. Car ils avaient pour projet d'exploiter une ressource économique inouïe, obtenue après bien des aventures par l'explorateur Monaldo Lusiarine, défunt père de la Pilote, lors d'une à expédition à Hanghyamàn en -33 (alors la capitale fehnri de la lignée de Vadrah) : une '''licence commerciale au Matriarcat de Fehn'''<ref>Notons que le seul ''autre'' étranger à avoir jamais acquis le droit de commercer directement ''à Fehn'' sans passer par une compagnie fehnri, [[Adira Pratesh]], est aussi à ce stade le seul à l'avoir ''perdue''.</ref>. L'avantage concurrentiel que cette licence représentait face à leurs rivaux [[Venderine]], alors eux aussi implantés au Sultanat et très influents au [[Royaume de Singhal]], étant de loin le meilleur espoir que les Lusiarine avaient de reprendre le contrôle du Sud de leur archipel : '''l'exploitation de cette route commerciale "privée" justifiait donc d'énormes investissements'''.
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Jusqu'alors propriétaire d'un simple comptoir dans le [[comté des Écailles]] (le quartier des pêcheurs où se rassemblent les compagnies maritimes trop "pauvres" pour être représentées aux [[Quais Éternels]]), Pacella avait néanmoins fait plusieurs voyages jusqu'à Fehn, commencé à cartographier plusieurs itinéraires à travers les 36 Serpents et passé des accords à Da-Lang mais, surtout, elle avait ramené du Matriarcat une petite fortune en ivoire et en tabac : sur la foi de ce succès, la Pilote convainquit les hautes instances de sa dynastie de lui prêter des fonds conséquents, et se mit au travail avec les siens. Bientôt, ils amenèrent des matériaux de tout le Sultanat, engagèrent de nombreux architectes et ingénieurs chez les [[Celsine]], creusèrent des rades et des bassins salants, érigèrent une large tour pyramidale mais aussi des murailles, des ateliers, des entrepôts et même, plus récemment, leur propre ''aqueduc'' pour palier aux manques d'eau douce que leur vaut l'éloignement des fleuves.
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Malgré la dangerosité de la Mer des Écailles (autour des 36 Serpents) et la féroce concurrence des Venderine dans les Îles Mordorées, le négoce des '''épices''', de la '''soie''', de l''''ivoire''', du '''tabac''' et des '''estampes'''<ref>Car les Kerdans sont assez consommateurs de tabac et la bourgeoisie d'Altamire est férue d'estampes fehnri, en particulier les planches scientifiques, paysagères et érotiques...</ref> avec Fehn et Singhal s'avérait déjà très rentable mais l'Arche des Palmes n'était encore qu'à moitié bâtie lorsque les conflits frontaliers s'envenimèrent entre les deux nations. Jusqu'à ce que, bien imprudemment, Singhal '''[[Îles_Mordorées#Rhûda & Lalnyha|déclare la guerre aux Rhûdari]]''' en -4 avant l'[[È.I.]], alors que la guerre à Horne avait déjà grandement desserré la prise des Hornois sur leur Protectorat tropical.<br>
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La "dynastie de sinople", inquiète pour son commerce, tâcha d'abord de rester neutre et de continuer ses transports jusqu'à ce que ses partenaires fehnri menacent de lui couper l'accès au Matriarcat si les Lusiarine ne cessaient de ravitailler les bases singhalaises dans les 36 Serpents : plutôt que de se priver de leur clientèle initiale, les Lusiarine parvinrent à négocier de fournir ''aussi'' la Lignée de Rhûda (depuis peu le bras armé de l'Assemblée des Reines), mais ce fut évidemment le début d'un engrenage qui les vît '''s'impliquer de plus en plus dans la guerre navale'''...
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Si les Lusiarine tentèrent longtemps de ménager la chèvre et le choux, ils réagirent à la mesure des enjeux stratégiques et financiers de l'Arche des Palmes lorsque les corsaires [[Sangrine]] (au service des Venderine) commencèrent à menacer leurs navires revenant de Fehn (vers l'an 8 È.I.) : abandonnant les constructions civiles en plein travaux, ils s'empressèrent d'enrôler leur propres mercenaires, la famille [[Maletudine]], et ajoutèrent à leurs rades des armureries, un chantier naval et une digue fortifiée pour fournir un port d'attache sécurisé à leur première flotte de guerre : c'est ainsi qu'un conflit entre ''Ganthi'' et Fehnri donna lieu à une '''[[Îles_Mordorées#Corsaires_kerdans|guerre de course]]''' qui durerait ''plus de 15 ans'', bien loin des règlements du Concile kerdan.
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Sur le plan militaire, les Ligoviens était sévèrement surclassés mais ils parvinrent à contrôler le déficit financier jusqu'en l'an 23, quand le Concile kerdan eut finalement vent de se qui se tramait dans les Mers Serpentines : l'essentiel du scandale retomba sur les Venderine <ref>Autant parce que leurs corsaires avaient indéniablement ouvert les hostilités que parce que beaucoup des familles représentées au Concile étaient lassées de la main-mise de la dynastie dorée.</ref> et une rafale de décisions de justice réorganisa bientôt le rapport de force entre Kerdans : les corsaires furent débandés, et si les Lusiarine y gagnèrent l'arche (elle aussi inachevée) de Samudra (à Singhal) et le contrôle de la Route des Épices entre l'[[Empire de Rem]] et Fehn, les Venderine parvinrent à conserver le grand port ligovien de Pellocante et donc la jouissance de la route maritime directe vers les Archipels.<br>
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Depuis lors, la dynastie de sinople n'échappe aux taxes et frais d'appontage de ses rivaux qu'en faisant faire à ses précieuses marchandises un large détour par [[Horne#Le Marquisat|Khorodavar]] et [[Felriane]], une contrainte qui a pourtant ouvert de nouveaux marchés "impériaux", depuis quelques temps que les Remans se préoccupent de confort et de saveurs...
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====Dirigeants====
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Un conseil quelque peu hétérogène dirige l'Arche des Palmes, d'abord parce qu'elle est assez vaste pour héberger de multiples fonctions et que les Lusiarine ont recruté les experts dans nombre de familles kerdanes, ensuite parce qu'elle est actuellement le port d'attache de plusieurs flottes et, enfin, parce que son statut particulier à Marandhra réclame quelques aménagements...
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● l'Exarque Paolino Lusiarine
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● le jeune Maximilian Lusiarine, "Avisé seigneur de la Péninsule" et Archonte en titre
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● l'Amirale Jordana Sangrine
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● le vieil Économe Roldàn Ormaline
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● le Commandeur Aznar Lusiarine, à la tête des 700 ''vigilante'' gardant l'Arche avec son bras-droit, la Proctora Carmella Ormaline
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● Questor Lotario Maletudine, sa nièce/assistante Emelia Lusiarine (petite sœur de Lorenzo, mariée au ''tenente'' Zenobi Lusiarine) et le Cartographe Pasqual Lusiarine
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● Ingénieure Leticia Sotorine à la tête des chantiers-navals (son père est un cousin de "Diana de Bastelle")
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● Maîtresse-d'Œuvre Costanza Celsine
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====le Port====
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====la Bastide====
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esplanade, ateliers, l'hôtellerie, académie
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====le Castel====
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===Arche Céladone===
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Samudra
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===Comptoirs à Fehn===
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Nanghyamsi, Hanghyamàn
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===Shamadhay===
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Ayant établi des [[:Catégorie:Les Kerdans#Les comptoirs et les Arches|arches]]  au [[Horne#Le Marquisat|Marquisat de Horne]] et depuis peu à [[Varangue]],  dans le commerce des '''épices''' pour chercher à s'implanter dans l'archipel de [[Felriane]].  
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Ainsi espère-t-elle finir par l'emporter dans une rivalité de plusieurs siècles contre les '''Venderine'''...
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Mais sa principale actualité est, de très loin, }}
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[[Catégorie:Les Kerdans]]
 
[[Catégorie:Les Kerdans]]
 
[[Catégorie:Mers Serpentines]]
 
[[Catégorie:Mers Serpentines]]
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[[Catégorie:Sultanat de Safran]]
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[[Catégorie: Mariniers]]
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[[Catégorie:Chapitre III : "Tropiques"]]

Version actuelle en date du 18 novembre 2025 à 15:45

Lusiarine.png
La moins connue et la plus méridionale des quatre dynasties kerdanes, la famille Lusiarine est d'autant moins présente dans l'Empire de Rem qu'elle exerce principalement son commerce vers les Mers Serpentines le long de la fameuse Route des Épices entre Fehn et Horne, à travers le Sultanat de Kaliganthàm, Hông, le Royaume de Singhal, les Myriades, Shamadhay et même, paraît-il, jusqu'aux Royaumes d'Ébène. Plutôt une confédération de familles kerdanes qu'une dynastie au sens stricte, redistribuant depuis bien longtemps les bénéfices tirés des Îles Mordorées entre les archipels kerdans méridionaux (qui seraient miséreux sans cela), la dynastie "de sinople" compte désormais sur ses partenariats avec la Maison Loryame (dans l'Empire), le nouveau roi de Singhal mais aussi les Lignées fehnri des Lalnyhari et des Vadrahri pour peut-être, enfin, prendre l'avantage dans l'ancienne rivalité qui l'oppose aux Venderine.

► Néanmoins, ses projets sont désormais menacés par la guerre navale que Fehn mène aujourd'hui contre le Sultanat "de Safran" et le blocus maritime dont les transports Lusiarine sont les premières victimes : c'est la trame de fond de notre actuel Chapitre III : "Tropiques".


De Ligovia au Concile

Si la nation kerdane dans son ensemble est devenue une puissance navale et commerciale pour pallier au manque de ressources criant de ses archipels, c'est doublement vrai pour ses îles les plus au Sud, souvent arides et dont les habitants n'ont longtemps survécu que grâce à la pêche. Au cœur de cette région méridionale "miséreuse" (au moins selon des standards kerdans) se trouve l'archipel nommé Ligovia et dont l'unique avantage économique fut d'avoir, jadis, compté juste assez de forêts pour construire des navires : parmi ces bûcherons et charpentiers minutieux, généralement râblés et très bruns, la famille Lusiarine s'est d'abord extraite de l'indigence durant l'Âge Sombre en découvrant successivement des techniques de replantage relativement efficaces, des méthodes d'assemblage naval n'employant pas de métal et, surtout, l'importance de la solidarité.
Car à l'époque antique où les archipels moins pauvres se lançaient dans la concurrence commerciale qui formerait le socle des futures dynasties kerdanes, les Lusiarine organisèrent plutôt un réseau consistant à échanger, sur leurs petits navires sans clous, les quelques marchandises produites par les moindres îlets en se préoccupant moins de profit que d'assurer la survie conjointe des communautés méridionales qui, en retour, commencèrent à se spécialiser pour mieux participer à cette coopérative maritime bientôt appelée la Ligua [1]. Les Ligoviens refusèrent obstinément de réviser ce principe de solidarité même à l'aube du II° siècle avant l'Ère Impériale, lorsque leurs marins atteignirent les Îles Mordorées –alors encore largement inconnues– et y trouvèrent un véritable pays de cocagne, foisonnant d'opportunités commerciales finalement capables d'apporter un peu de prospérité à leurs îles[2].

Ces humbles origines leur ont donné un cap qui n'a plus varié depuis : alors que les grandes familles plus au Nord devenaient des cartels de plus en plus hiérarchisés en formant le système de "clientèle" qui perdure encore aujourd'hui, la Ligua rassembla peu à peu une large confédération de petites communautés unies pour subsister et, pendant que les ambitieux Venderine exploitaient le vaste Continent à l'Ouest, que les guerriers Torodine se préparaient à conquérir leurs voisins et que leurs clients Melangoline exploraient les terres barbares du Nord, les marins ligoviens continuèrent de s'aventurer toujours plus au Sud, dans des régions de plus en plus étranges mais au moins luxuriantes.
Avec une ténacité qui deviendrait un stéréotype [3], malgré leurs petits navires chahutés par des mers tempétueuses et apparemment grouillantes de monstres qu'ils nommèrent "Serpentines", les Ligoviens s'acharnèrent à rencontrer tous les peuples des tropiques, à baragouiner toutes les langues quitte à les massacrer par leur accent rugueux et à y nouer patiemment des partenariats d'autant plus solides qu'ils étaient équitables. Et s'ils en tiraient laborieusement des profits plutôt modestes au regard des fortunes faîtes par les grandes dynasties, la Ligua parvint, lentement à assurer la prospérité non seulement de sa Ligovia d'origine, mais des autres îles du Sud kerdan.

Vers -150, , la Ligua avait inspiré la "Ligue Rigérienne" dans les Royaumes Côtiers (où les Ligoviens commerçaient un peu sans avoir les moyens d'y développer des comptoirs) et rassemblé nombre de "familles" kerdanes mineures, non seulement dans les îles méridionales mais jusqu'au centre des Archipels, attirant à elle les entreprises tentant d'échapper au joug déjà envahissant des Venderine. Parmi elle, citons notamment les ingénieurs Ormaline[4], les paysans Querdine (censément les descendants direct de Kerem et, en tous cas, la lignée qui donna son nom au reste du Peuple des Mers) et les savants Celsine de Cernuella (grande île montagneuse au Nord-Ouest). Pour palier à l'indigence de leurs sols, les Ligoviens avaient même entrepris d'acheter des monceaux de terre fertile au Sultanat de Kaliganthàm pour les répandre dans leurs îles, produisant bien plus de quolibets de la part de leur voisins qu'ils n'en tirèrent jamais de produits agricoles, et cimentant leur réputation d'obstination aveugle.

Pourtant, lorsque la menace grandissante des conquérants Torodine (et leurs clients nordiques" : Melangoline, Sangrine, Maletudine...) convainquit la "dynastie dorée" des Venderine de chercher des alliances plutôt que de seulement mettre ses voisins sous contrat, les multiples membres de la Ligua finirent par se joindre à l'effort de guerre. Lorsqu'ils eurent, tous ensemble, stoppé les Torodine et que la guerre du Cénacle (ainsi nommée pour la mer qui fut son épicentre) s'acheva par un traité de paix entre les familles du Nord et du Sud kerdans, c'est encore la Ligua qui convainquit le reste des Archipels de former en -117 le Concile qui, désormais établi dans la cité centrale d'Altamire, régirait la nation kerdane [5].

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Dynastie Tropicale

Le siècle qui suivit la fondation du Concile vit d'une part le développement d'une administration plutôt tortueuse et d'un système politique complexe au sein des archipels Kerdans, d'autre part la considérable expansion de leurs comptoirs commerciaux à travers le Continent occidental, de Horne à sa pointe Sud jusqu'au Pays des Vents au Nord. La conjugaison des deux consolida rapidement les dynasties kerdanes en d'énormes corporations "familiales" et la plus puissante d'entre elles, les Venderine, utilisa ses gigantesques fonds, l'afflux des marchandises continentales et son poids législatif pour grignoter le territoire autant que l'unité de la Ligua : incapables de survivre plus longtemps en tant que coopérative malgré les bénéfices grandissants de la Route des Épices, ses membres restants décidèrent de s'associer en une sorte de dynastie "confédérale", surtout représentée au Concile par les Lusiarine mais s'appuyant sur la participation plus générale des Ligoviens, des Ormaline et, pendant quelques temps, des Celsine.

La "dynastie de sinople" et l'ensemble de son territoire restent néanmoins dirigés par la Convention Ligovienne, presque un Concile miniature de 53 membres où sont représentées non seulement les familles méridionales –grandes et mineures– mais aussi nombre des cités et même des îles méridionales, à l'exception notable (et volontaire) du grand port Venderine de Pellocante. Si la famille Lusiarine mène globalement les affaires dans les Mers Serpentines, on trouve beaucoup d'Ormaline parmi ses administrateurs et c'est néanmoins cette Convention, réunie une fois par an, qui décide des objectifs de toute la confédération et répartit les considérables bénéfices de la Route des Épices entre ses membres.

Cette organisation inhabituelle chez les Kerdans a plusieurs conséquences économiques et stratégiques.
Premièrement, les Lusiarine (et leurs nombreux associés) ont la réputation d'être la dynastie la plus honnête des Archipels Kerdans : que ce soit effectivement par choix éthique ou parce qu'il est plus difficile de faire approuver des atrocités par toute une Convention de marchands, pêcheurs et paysans, la dynastie de Sinople ne semble pas déclencher de guerre (comme l'ont fait les Torodine), instaurer de véritable monopole ou monopsone, pratiquer le "colonialisme économique" habituel des Venderine et des Melangoline, ni même tellement enfreindre de lois, qu'elles fussent kerdanes ou étrangères. Si cette apparente probité facilite les relations des Ligoviens avec nombre de leurs partenaires et leur vaut un "soutien populaire" qui se traduit par quelques sièges supplémentaires au Cénacle, les Kerdans bien informés considèrent qu'elle désavantage néanmoins les Lusiarine dans la féroce concurrence que se livrent les dynasties kerdanes [6].
Deuxièmement, les considérations éthiques retardent presque autant les résolutions stratégiques que les Conventions annuelles, et les Lusiarine sont notoirement lents à se décider : nombre des projets de leurs capitaines, marchands ou ingénieurs doivent de fait être discutés par la majorité de leur confédération avant d'être effectivement validés ou financés, et il n'est donc pas rare que des occasions leur échappent ainsi par manque de réactivité.
Troisièmement, malgré le contrôle exercé sur la Route des Épices et le chiffre d'affaire colossal qu'elle engendre, les Ligoviens ont beaucoup de bouches à nourrir et donc sensiblement moins de trésorerie que les autres dynasties...

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Route des Épices

Grâce aux considérables efforts conjugués des Kerdans Lusiarine et des Fehnri Lalnyhari depuis plusieurs générations, les dangers des Mers Serpentines ont partiellement été domptés par l'établissement de 5 escales stratégiques, bien équipées et raisonnablement "neutres", formant l'unique voie navigable entre Nanghyamsi à l'extrémité Sud (tout au Nord du Matriarcat) et Khorodavar à l'extrémité Nord (au Sud-Est de Horne), et qui draine une part conséquente du commerce à travers toutes les Îles Mordoré. Ces cinq escales-clés sont :

  • Da-Lang, port de pêche réaménagé à grands frais au Nord de l'archipel fehnri des 36 Serpents,
  • Samudra, capitale du Royaume de Singhal qui a récemment signé une paix amère avec le Matriarcat de Fehn,
  • la Principauté de Hông, micro-état neutre et donc, inquiet mais bien armé,
  • Marandhra dans la Baie des Danseurs, plaque tournante du commerce et capitale du Sultanat de Safran,
  • le comptoir kerdan d'Ondaverde, installé il y a bientôt 25 ans à la grande surprise des pêcheurs tribaux qui habitaient la pointe Nord-Ouest de l'archipel volcanique des "Incendiare", techniquement aux confins du Sultanat.

En particulier, Samudra se situe à la fourche avec une seconde route maritime vers le Nord-Est, administrée par la puissante dynastie des Venderine et reliant le Sultanat aux Archipels Kerdans. Mais si le commerce entre Samudra et Pellocante (le port méridional des Venderine) n'a plus guère été dérangé depuis la paix signée entre Fehn et le Royaume de Singhal, ce n'est pas le cas de la "branche Hornoise" de la Route des Épices (géographiquement et historiquement). De fait, cette voie vers Horne et donc l'Empire faisait la fortune des Lusiarine, mais elle subit actuellement un blocus instauré par la flotte des Rhûdari dans leur tentative de conquête du Sultanat, attirant dans la région autant de diplomates que de corsaires.
► Et c'est donc là qu'un paquet de PJ ont décidé de se rendre pour faire du commerce, du renseignement, sans doute un peu d'archéologie et plus généralement chatouiller le blocus de la Lignée de Rhûda.

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Arche des Palmes

Extrait de la page Marandhra :
Les navigateurs Lusiarine fréquentent donc le "Sultanat de Safran" depuis l'antiquité et y ont établi leurs premiers comptoirs au milieu du II° siècle avant l'Ère Impériale. Mais ce n'est qu'en -27 qu'ils obtinrent enfin l'accord du Palais, des Satrapes et des Hornois pour commencer à bâtir une véritable Arche sur le terrain le plus accidenté, le plus dénudé et donc le moins convoité de toute la baie : la péninsule des Iguanes[7]. Mais, forts de l'unique licence commerciale jamais accordée à des étrangers par le Matriarcat de Fehn, les Lusiarine savaient déjà que cette route maritime ferait leur fortune s'ils parvenaient à la consolider.
Isolée du reste de la capitale kalignathaise, c'est aujourd'hui une véritable citadelle portuaire qui se dresse au bout de cette langue rocheuse, à la fois un monument à la persévérance des Lusiarine et la manifestation tangible de l'importance économique de leur Route des Épices. La construction de cette enclave kerdane, industrieuse mais confortable et solidement protégée, a en effet réclamé des décennies d'efforts et des millions de £unes, investis non seulement dans la pierre, les pots-de-vin aux Satrapes, le personnel, le matériel et les navires mais aussi dans la guerre de course qui vit les Lusiarine et leurs alliés (Maletudine et Lalnyhari) affronter leurs puissants rivaux Venderine pendant plus de 15 ans, en marge de la guerre navale menée par les Rhûdari contre le Royaume de Singhal.

Aujourd'hui presque une ville de 6.000 habitants, les Palmes sont donc le centre névralgique de la Route des Épices depuis près de 70 ans, les bénéfices apportés au Sultanat leur ont ensuite valu d'être élevées au range de satrapie héréditaire par le Glorieux Laojharal (grand-père de l'actuel Sultan) en l'an 6 (È.I.) et, dernièrement, elles accueillent l'Amirauté dirigeant la flotte corsaire contre les Rhûdari.

► Historique de l'Arche des Palmes, réservé aux PJ parlant Kerdan et possédant le Talent Histoire à 2 ou plus...

En l'an 27 avant l'Ère Impériale, l'ambitieuse Pilote Pacella et sa proche famille ne se découragèrent pas lorsque des années de tractations pour obtenir un terrain constructible à Marandhra n'aboutirent qu'à leur offrir une crique rocheuse entre les récifs et les iguanes. Car ils avaient pour projet d'exploiter une ressource économique inouïe, obtenue après bien des aventures par l'explorateur Monaldo Lusiarine, défunt père de la Pilote, lors d'une à expédition à Hanghyamàn en -33 (alors la capitale fehnri de la lignée de Vadrah) : une licence commerciale au Matriarcat de Fehn[8]. L'avantage concurrentiel que cette licence représentait face à leurs rivaux Venderine, alors eux aussi implantés au Sultanat et très influents au Royaume de Singhal, étant de loin le meilleur espoir que les Lusiarine avaient de reprendre le contrôle du Sud de leur archipel : l'exploitation de cette route commerciale "privée" justifiait donc d'énormes investissements.

Jusqu'alors propriétaire d'un simple comptoir dans le comté des Écailles (le quartier des pêcheurs où se rassemblent les compagnies maritimes trop "pauvres" pour être représentées aux Quais Éternels), Pacella avait néanmoins fait plusieurs voyages jusqu'à Fehn, commencé à cartographier plusieurs itinéraires à travers les 36 Serpents et passé des accords à Da-Lang mais, surtout, elle avait ramené du Matriarcat une petite fortune en ivoire et en tabac : sur la foi de ce succès, la Pilote convainquit les hautes instances de sa dynastie de lui prêter des fonds conséquents, et se mit au travail avec les siens. Bientôt, ils amenèrent des matériaux de tout le Sultanat, engagèrent de nombreux architectes et ingénieurs chez les Celsine, creusèrent des rades et des bassins salants, érigèrent une large tour pyramidale mais aussi des murailles, des ateliers, des entrepôts et même, plus récemment, leur propre aqueduc pour palier aux manques d'eau douce que leur vaut l'éloignement des fleuves.

Malgré la dangerosité de la Mer des Écailles (autour des 36 Serpents) et la féroce concurrence des Venderine dans les Îles Mordorées, le négoce des épices, de la soie, de l'ivoire, du tabac et des estampes[9] avec Fehn et Singhal s'avérait déjà très rentable mais l'Arche des Palmes n'était encore qu'à moitié bâtie lorsque les conflits frontaliers s'envenimèrent entre les deux nations. Jusqu'à ce que, bien imprudemment, Singhal déclare la guerre aux Rhûdari en -4 avant l'È.I., alors que la guerre à Horne avait déjà grandement desserré la prise des Hornois sur leur Protectorat tropical.
La "dynastie de sinople", inquiète pour son commerce, tâcha d'abord de rester neutre et de continuer ses transports jusqu'à ce que ses partenaires fehnri menacent de lui couper l'accès au Matriarcat si les Lusiarine ne cessaient de ravitailler les bases singhalaises dans les 36 Serpents : plutôt que de se priver de leur clientèle initiale, les Lusiarine parvinrent à négocier de fournir aussi la Lignée de Rhûda (depuis peu le bras armé de l'Assemblée des Reines), mais ce fut évidemment le début d'un engrenage qui les vît s'impliquer de plus en plus dans la guerre navale...

Si les Lusiarine tentèrent longtemps de ménager la chèvre et le choux, ils réagirent à la mesure des enjeux stratégiques et financiers de l'Arche des Palmes lorsque les corsaires Sangrine (au service des Venderine) commencèrent à menacer leurs navires revenant de Fehn (vers l'an 8 È.I.) : abandonnant les constructions civiles en plein travaux, ils s'empressèrent d'enrôler leur propres mercenaires, la famille Maletudine, et ajoutèrent à leurs rades des armureries, un chantier naval et une digue fortifiée pour fournir un port d'attache sécurisé à leur première flotte de guerre : c'est ainsi qu'un conflit entre Ganthi et Fehnri donna lieu à une guerre de course qui durerait plus de 15 ans, bien loin des règlements du Concile kerdan.

Sur le plan militaire, les Ligoviens était sévèrement surclassés mais ils parvinrent à contrôler le déficit financier jusqu'en l'an 23, quand le Concile kerdan eut finalement vent de se qui se tramait dans les Mers Serpentines : l'essentiel du scandale retomba sur les Venderine [10] et une rafale de décisions de justice réorganisa bientôt le rapport de force entre Kerdans : les corsaires furent débandés, et si les Lusiarine y gagnèrent l'arche (elle aussi inachevée) de Samudra (à Singhal) et le contrôle de la Route des Épices entre l'Empire de Rem et Fehn, les Venderine parvinrent à conserver le grand port ligovien de Pellocante et donc la jouissance de la route maritime directe vers les Archipels.
Depuis lors, la dynastie de sinople n'échappe aux taxes et frais d'appontage de ses rivaux qu'en faisant faire à ses précieuses marchandises un large détour par Khorodavar et Felriane, une contrainte qui a pourtant ouvert de nouveaux marchés "impériaux", depuis quelques temps que les Remans se préoccupent de confort et de saveurs...


Dirigeants

Un conseil quelque peu hétérogène dirige l'Arche des Palmes, d'abord parce qu'elle est assez vaste pour héberger de multiples fonctions et que les Lusiarine ont recruté les experts dans nombre de familles kerdanes, ensuite parce qu'elle est actuellement le port d'attache de plusieurs flottes et, enfin, parce que son statut particulier à Marandhra réclame quelques aménagements...

● l'Exarque Paolino Lusiarine

● le jeune Maximilian Lusiarine, "Avisé seigneur de la Péninsule" et Archonte en titre

● l'Amirale Jordana Sangrine

● le vieil Économe Roldàn Ormaline

● le Commandeur Aznar Lusiarine, à la tête des 700 vigilante gardant l'Arche avec son bras-droit, la Proctora Carmella Ormaline

● Questor Lotario Maletudine, sa nièce/assistante Emelia Lusiarine (petite sœur de Lorenzo, mariée au tenente Zenobi Lusiarine) et le Cartographe Pasqual Lusiarine

● Ingénieure Leticia Sotorine à la tête des chantiers-navals (son père est un cousin de "Diana de Bastelle")

● Maîtresse-d'Œuvre Costanza Celsine


le Port

la Bastide

esplanade, ateliers, l'hôtellerie, académie

le Castel

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Arche Céladone

Samudra

Comptoirs à Fehn

Nanghyamsi, Hanghyamàn

Shamadhay

WIP


Ayant établi des arches au Marquisat de Horne et depuis peu à Varangue, dans le commerce des épices pour chercher à s'implanter dans l'archipel de Felriane.

Ainsi espère-t-elle finir par l'emporter dans une rivalité de plusieurs siècles contre les Venderine...

Mais sa principale actualité est, de très loin,

  1. Le mot kerdan puis sa version remane, "Ligue", trouvent ainsi leur origine dans un antique diminutif de Ligovia
  2. Car ces lieux étaient alors assez méconnus, et la concurrence des puissants Venderine y était donc assez faible pour que les Lusiarine parviennent à y établir des comptoirs malgré leurs fonds limités.
  3. Pour la plupart des autres Kerdans, les Ligoviens sont non seulement rustauds et lents mais incroyablement têtus.
  4. Considérés comme les inventeurs de l'arbalète kerdane, quoique son principe fusse inspiré d'armes fehnri justement ramenées des Îles Mordorées.
  5. Les braves Ligoviens n'avaient par contre pas anticipé que les familles les plus riches en ferait une "ploutocratie parlementaire"...
  6. D'ailleurs, les Questure lusiarine sont d'autant moins efficaces en matière de renseignement qu'elles évitent de se livrer vraiment à l'espionnage.
  7. Où des centaines de sauriens multicolores viennent prendre le soleil aux heures chaudes. Leurs "chants" sont assez étranges et ils sont plutôt agressifs, mais les iguanes participent ainsi à la protection de l'Arche, parfois à l'entraînement de ses arbalétriers et, lors de plusieurs périodes de disette, à l'alimentation locale...
  8. Notons que le seul autre étranger à avoir jamais acquis le droit de commercer directement à Fehn sans passer par une compagnie fehnri, Adira Pratesh, est aussi à ce stade le seul à l'avoir perdue.
  9. Car les Kerdans sont assez consommateurs de tabac et la bourgeoisie d'Altamire est férue d'estampes fehnri, en particulier les planches scientifiques, paysagères et érotiques...
  10. Autant parce que leurs corsaires avaient indéniablement ouvert les hostilités que parce que beaucoup des familles représentées au Concile étaient lassées de la main-mise de la dynastie dorée.