Marandhra
Capitale du Sultanat de Kaliganthàm, centre portuaire de toutes les Mers Serpentines depuis bien des générations et jadis le siège du Bastion Mordoré, Marandhra est aujourd'hui une énorme métropole chaotique et partiellement insalubre attirant des millions d'habitants sur plusieurs îlots et des kilomètres de côte au Sud de la Baie des Danseurs, sur la grande île industrieuse de Kaolang.
Sommaire
Le Marché Dansant
- Écailles de Pierre
l'Arche des Palmes
l'Archipel Palatial
Radémoàran
Quoiqu'il soit attrapé depuis quelques générations par l'épais tissu urbain de Marandhra, l'antique bastion solaire de "Hradmoaran" (en Hornois) dépasse encore de très haut le reste du paysage : faits d'une pierre jaune pâle importée de loin, d'énormes tours rectilignes reliées par des étages et des étages de courtines, des statues de 40m de haut et d'immenses portails entrebâillés, plantés à flanc de montagne (au Nord-Est de la cité) et qui forment une colossale de grille de pierre pointant vers les cieux.
Mais un peu d'attention révèle des signes évidents de délabrement : des tourelles ont disparu, des statues sont amputées, la végétation dévore l'aile Ouest et de petites pagodes de joncs poussent aux créneaux de la Porte du Levant...
Car après des siècles de déshérence, et quoique les superstitions aient longtemps tenu les Moindres-Sangs hors de la vieille-ville hornoise, la "Guerre de Singhal" (contre la précédente vague d'invasion des Rhûdari, commencée il y a un demi-siècle) a expulsé des dizaines de milliers de singhalais et de langari (ces derniers originaires des 36 Serpents : Lang-Lambha, en Fehnrique), qui arrivèrent de plus en plus nombreux au Sultanat.
Trouvant à Marandrah une large cité aux trois-quart abandonnée, ils s'y installèrent malgré la résistance du Bastion (il y aurait eu des violences avant que les Hornois ne cèdent sous le nombre). Ils relancèrent certains des ateliers longtemps à l'abandon, recyclèrent des équipements "antiques" en matériaux de construction et murèrent les endroits qu'ils trouvaient trop dangereux. Au fur et à mesure, le Bastion leur coupait les "services" qui auraient du être le privilège des Heremides, et renonçaient à entretenir le réseau d'eau, l'éclairage, les égouts... que les malheureux "barbares" ne savaient évidemment pas réparer.
Plus récemment, ils ont encore été rejoints par des Myriadins (des Myriades, où les Rhûdari auraient chassé la population d'îles entières !?), des Kaliganthais du Sud (là où les Rhûdari ont récemment incendié deux ports) et quelques centaines de Hôngoï (de Hông[1]) : les réfugiés s'installent plutôt dans les étages, quitte à bâtir des poulaillers sur les remparts, abandonnant le plus souvent les rues aux eaux usées ou à des potagers aménagés.
Aujourd'hui, c'est ce quartier indéniablement lugubre, réputé insalubre et dangereux que les Marandrais appellent Radémoàran... mais il ne représente pourtant que la première enceinte du Bastion antique.
Hradmoaran : le Bastion Mordoré
À l'Ouest et au sommet de la vieille-ville colonisées (!) par les Moindres-Sangs, les Hornois du bastion contrôle encore la citadelle proprement dite, quelques peu dépeuplée mais où peut-être un demi-millier Hornois (et sans doute autant d'esclaves), pour la plupart ouvriers, serviteurs, esclavagistes (à Horne, c'était un métier de la classe moyenne) ou artisans, abandonnés sur place il y a deux ans par l'exode des Resplendissantes vers Aroche.
Ils conservent néanmoins le contrôle sur le port militaire et l'accès aux quartiers nobles, leurs bibliothèques, leurs fontaines, leurs jardins et donc leur production pharmaceutique, qui permet aux derniers Hornois de commercer avec le reste de Marandrah, et négocier la relance des hauts-fourneaux –utilisés depuis le ghetto mais alimentés depuis la citadelle.
À l'heure actuelle, les portes du bastion ne s'entr'ouvrent plus que pour les Clercs ou, rarement, un représentant du Sultan.
→ Histoire du Protectorat Hornois
► Détails du Bastion Mordoré, réservé aux PJ du Bastion Septentrional.
Ayant accueilli plus de 6.000 personnes pendant des siècles, les Mordorés ne sont plus aujourd'hui que 642 (dont 316 enfants et 71 "militiens"), possédant 378 esclaves, de quoi armer plus de 5.000 Hotars, l'équipement pour forger de l'Airain (mais plus les hauts-fourneaux pour en fondre), un Catalyseur ("Lamrassoud") nettement plus puissant que celui d'Aroche, une petite birème qui ne sort plus du port qu'une à deux fois par an (et plusieurs autres bâtiments plus ou moins hors-services) mais assez d'artillerie pour incendier la moitié de Marandrah. Mais aussi des classes et des halls d'entraînement, des réfectoires et des dortoirs, des entrepôts, un terrain de ganok "à l'ancienne", des thermes, une salle de chirurgie, d'immenses cuisines, des ateliers de verrerie, de charpenterie et de mécanique...
Si les documents "stratégiques" ont été emportés par les Resplendissantes, rien que les archives locales feraient sans doute pâlir la Bibliothèque Impériale et la Maison Odran, tout en expliquant bien mieux les derniers siècles.
- ↑ Depuis quelques décennies que la riche mais terriblement étroite Principauté de Hông est dirigée par une dynastie "à poigne", nombre d'opposants mais aussi des marchands et des savants avaient émigrés au Sultanat ou à Singhal.