Marandhra
Formant un croissant ouvert sur la baie à l'Ouest, la ville couvre les plages et se prolonge sur les eaux par des pontons, elle escalade les ilets, les contreforts montagneux et même la vieille citadelle Solaire, tout au Nord. La cité remonte le long des trois fleuves qui se déversent dans le delta des Élodées, elle traverse les marais par des pilotis et des digues artificielles et, quand elle a recouvert tous les rivages, elle nage : des dizaines de milliers de navires, grands et petits, couvrent la baie jour et nuit.
Des quantités de pirogues, de barges, de jonques, de nefs kerdanes et de corsaro armés circulent lentement le long des larges chenaux vers les différents ports et quais de la ville, mais d'autres embarcations s'attachent en grappes aux douzaines d'antiques piliers dressés au Nord de la baie, formant des quartiers flottants, généralement éphémères mais où des milliers de Kaliganthais, de Myriadins et de Fehnri vivent surtout de la pêche ou du transport. Quelques-unes de ces îles temporaires, dont les habitants déménagent presque toutes les huitaines, sont toutefois centrées sur de gros navires de plaisance, comme le théâtre flottant du Poisson-Paon ou des navires-ateliers parviennent à travailler le bambou ou le lin, le bois, les teintures et même un peu de métal.
Plus au Sud, par les grands ponts qui enjambent le fleuve d'Or, se trouvent les vestiges des Arènes solaires, aujourd'hui reconverties en marché aux esclaves : peut-être cent-milles esclaves sont échangés chaque mois sur la grande esplanade circulaire, et encore deux fois plus sont durablement employée à travers les chantiers, les carrières, les forges et les minoteries de la cité, mais aussi dans les champs de canne qui l'entourent.
Généralement, ces tâches ne dureront que quelques mois car, à Marandhra, on loue les esclaves plus qu'on ne les achète : seules les plus riches familles ont les moyens de conserver des esclaves à l'année, mais nombre de ménages aisés et de petits commerces louent volontiers un·e à deux esclaves pour quelques mois auprès des multiples Esclaviers des Arènes, le temps de caréner un navire, de débarquer un gros convoi ou d'aider aux récoltes.
La durée de vie de ces esclaves "consignés" semble bien meilleure qu'elle ne le serait dans l'Empire mais, au Sultanat, l'esclavage est une condition qui peut échoir à quiconque n'est pas noble ou clerc : si une minorité de ces esclaves sont des captifs razziés dans les Myriades, la majorité sont en fait des endettés, qui consacrent leur existence à repayer une dette parfois contractée des générations plus tôt.
Sommaire
l'Archipel-Palais
Très grossièrement au centre du vaste demi-cercle de Marandrah se dressent les quais, les jetées, les passerelles, les escaliers, les terrasses, les patios, les galeries et les dômes du Palais du Sultan, porté par trois îles rocheuses et des centaines de piliers. Le tout est peint de beaucoup de blanc rehaussé de liserés vert et orangé mais, au Nord du Palais, autour de deux hauts phares, s'amarrent les jonques et les catamarans multi-colores de la noblesse en visite. Presque tous les jours, il sont plusieurs douzaines à monter des larges escaliers de pierre volcanique jusqu'à la terrasse couverte, ornée de statues marines donnant sur le large, où le Majestueux Sultan Laodajar aime à tenir sa cour.
les Satrapes
Parmi plusieurs dizaines d'aristocrates venus échanger des potins, discuter la guerre et négocier le soutien de leur fief auprès de la Maison du Sultan –généralement en échange d'un meilleur territoire à venir, on a plus rarement la chance de croiser ceux qui font vraiment tourner le cité :
● le Débonnaire Adarazahn, suzerain du Marché des Arènes règne non seulement sur les Arènes antiques mais sur la Corporation des Esclaviers et toute la traite des esclaves : à ce titre, il dispose d'une considérable réserve de main-d'œuvre à bas prix, qu'il met alternativement au service des projets militaires du Sultan, des Lusiarine ou des Serpentaires.
● le territoire de la Précieuse Jiziradal, Dame des Quatre Ponts couvre tout l'Est du Delta, et donc les principales voies reliant Marandrah au reste des terres. Par un habile système d'abonnement qui fidélise les transporteurs et fluidifie les taxations, la Précieuse des Quatre Ponts prélève sa part sur toutes les marchandises qui entre en ville autrement que par la mer, comme sur tous les piétons, chariots ou porte-faix qui doivent circuler par ses fameux ponts.
● Quoiqu'il ne soit pas satrape lui-même, l'Exarque Paolino Lusiarine est souvent au Palais pour représenter les intérêts du jeune Archonte Massimo, également appelé Avisé seigneur de la Péninsule, puisque l'Arche, son quartier et son port sont considérés comme un des fiefs héréditaires de la capitale.
● Techniquement le suzerain d'une bonne part du petit archipel oriental des Gala-Kalàn, le Vaillant Kojipalpàn, Comte des Récifs Nacrés, issu d'une dynastie longtemps en conflit avec Hông, est l'un des rares nobles à posséder une flotte de combat (petite, et qui a salement morflée lors de la fameuse "victoire" kaliganthaise).
● issue d'une lignée anoblie seulement la génération passée, la Désirée Haligapàn, Marquise de la Rue des Cordiers : volontiers mondaine, muse de plusieurs artistes et réputée avoir des dizaines d'amants, c'est aussi une fournisseuse et une alliée indispensable aux Kerdans.
Radémoàran
(Nord)
Quoiqu'il soit attrapé depuis quelques générations par l'épais tissu urbain de Marandhra, l'antique bastion solaire de "Hradmoaran" (en Hornois) dépasse encore de très haut le reste du paysage : faits d'une pierre jaune pâle importée de loin, d'énormes tours rectilignes reliées par des étages et des étages de courtines, des statues de 40m de haut et d'immenses portails entrebâillés, plantés à flanc de montagne (au Nord-Est de la cité) et qui forment une colossale de grille de pierre pointant vers les cieux.
Mais un peu d'attention révèle des signes évidents de délabrement : des tourelles ont disparu, des statues sont amputées, la végétation dévore l'aile Ouest et de petites pagodes de joncs poussent aux créneaux de la Porte du Levant...
Car après des siècles de déshérence, et quoique les superstitions aient longtemps tenu les Moindres-Sangs hors de la vieille-ville hornoise, la "Guerre de Singhal" (contre la précédente vague d'invasion des Rhûdari, commencée il y a un demi-siècle) a expulsé des dizaines de milliers de singhalais et de langari (ces derniers originaires des 36 Serpents : Lang-Lambha, en Fehnrique), qui arrivèrent de plus en plus nombreux au Sultanat.
Trouvant à Marandrah une large cité aux trois-quart abandonnée, ils s'y installèrent malgré la résistance du Bastion (il y aurait eu des violences avant que les Hornois ne cèdent sous le nombre). Ils relancèrent certains des ateliers longtemps à l'abandon, recyclèrent des équipements "antiques" en matériaux de construction et murèrent les endroits qu'ils trouvaient trop dangereux. Au fur et à mesure, le Bastion leur coupait les "services" qui auraient du être le privilège des Heremides, et renonçaient à entretenir le réseau d'eau, l'éclairage, les égouts... que les malheureux "barbares" ne savaient évidemment pas réparer.
Plus récemment, ils ont encore été rejoints par des Myriadins (des Myriades, où les Rhûdari auraient chassé la population d'îles entières !?), des Kaliganthais du Sud (là où les Rhûdari ont récemment incendié deux ports) et quelques centaines de Hôngoï (de Hông[1]) : les réfugiés s'installent plutôt dans les étages, quitte à bâtir des poulaillers sur les remparts, abandonnant le plus souvent les rues aux eaux usées ou à des potagers aménagés.
Aujourd'hui, c'est ce quartier indéniablement lugubre, réputé insalubre et dangereux que les Marandrais appellent Radémoàran... mais il ne représente pourtant que la première enceinte du Bastion antique.
Hradmoaran : le Bastion Mordoré
À l'Ouest et au sommet de la vieille-ville colonisée (!) par les Moindres-Sangs, les Hornois du Bastion contrôlent encore la citadelle proprement dite, quelques peu dépeuplée mais où peut-être un demi-millier Hornois (et sans doute autant d'esclaves), pour la plupart ouvriers, serviteurs, esclavagistes (à Horne, c'était un métier de la classe moyenne) ou artisans, abandonnés sur place il y a deux ans par l'exode des Resplendissantes vers Aroche.
Ils conservent néanmoins le contrôle sur le port militaire et l'accès aux quartiers nobles, leurs bibliothèques, leurs fontaines, leurs jardins et donc leur production pharmaceutique, qui permet aux derniers Hornois de commercer avec le reste de Marandrah, et négocier la relance des hauts-fourneaux –utilisés depuis le ghetto mais alimentés depuis la citadelle.
À l'heure actuelle, les portes du bastion ne s'entr'ouvrent plus que pour les Clercs ou, rarement, un représentant du Sultan.
→ Histoire du Protectorat Hornois
► Détails du Bastion Mordoré, réservé aux PJ du Bastion Septentrional.
Ayant accueilli plus de 6.000 personnes pendant des siècles, les Mordorés ne sont plus aujourd'hui que 642 (dont 316 enfants et 71 "militiens"), possédant 378 esclaves, de quoi armer plus de 5.000 Hotars, l'équipement pour forger de l'Airain (mais plus les hauts-fourneaux pour en fondre), un Catalyseur ("Lamrassoud") nettement plus puissant que celui d'Aroche, une petite birème qui ne sort plus du port qu'une à deux fois par an (et plusieurs autres bâtiments plus ou moins hors-services) mais assez d'artillerie pour incendier la moitié de Marandrah et un magnifique temple de Herem. Le silence est néanmoins tombé sur une bonne part des des salles de classes et des halls d'entraînement, des réfectoires et des dortoirs, des entrepôts, du terrain de horaganokal "traditionnel", des thermes, une salle de chirurgie, d'immenses cuisines, des ateliers de verrerie, de charpenterie et de mécanique...
Si les documents "stratégiques" ont été emportés par les Resplendissantes, rien que les archives locales feraient sans doute pâlir la Bibliothèque Impériale et la Maison Odran, tout en expliquant bien mieux les derniers siècles.
Le Marché Dansant
- Écailles de Pierre
l'Arche des Palmes
Le premier comptoir fondé en -15 avant l'Ère Impériale fut agrandi en -2, puis à nouveau en l'an 6 pour former aujourd'hui une vaste enclave fortifiée
- ↑ Depuis quelques décennies que la riche mais terriblement étroite Principauté de Hông est dirigée par une dynastie "à poigne", nombre d'opposants mais aussi des marchands et des savants avaient émigrés au Sultanat ou à Singhal.