Marandhra

De Marches du Nord
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Capitale du Sultanat de Kaliganthàm, centre portuaire de toutes les Mers Serpentines depuis bien des générations et jadis le siège du Bastion Mordoré, Marandhra est aujourd'hui une métropole tentaculaire et chaotique attirant plus d'un million d'habitants sur plusieurs îlots et des kilomètres de côte au Sud-Est de la Baie des Danseurs, au creux de la grande île industrieuse de Dao-Langàm. Il faut dire qu'en plus des deux ports marchands, l'un Kaliganthais et l'autre Kerdan, la cité occupe la jonction des deux plus grandes artères fluviales de l'île (et du Sultanat) :

le fleuve d'Or (Sinàn-Dang) qui se déversent dans le delta des Élodées après avoir serpenté sur plus de 150km parmi les rizières du Nord et le fleuve de Craie, qui charrie fréquemment la poussière des carrières de l'Est.

Formant un croissant ouvert sur la baie à l'Ouest, la ville couvre les plages et se prolonge sur les eaux par des pontons, elle escalade les ilets, les contreforts montagneux et même la vieille citadelle Solaire, tout au Nord. La cité remonte le long des deux et des rivières qui sillonnent, elle traverse les marais par des pilotis et des digues artificielles et, quand elle a recouvert tous les rivages, elle nage : des dizaines de milliers de navires, grands et petits, couvrent la baie jour et nuit.
Des quantités de pirogues, de barges, de jonques, de nefs kerdanes et de corsaro armés circulent lentement le long des larges chenaux vers les différents ports et quais de la ville, mais d'autres embarcations s'attachent en grappes aux ruines de l'antique port 'solaire' au Nord de la baie, formant des quartiers flottants, généralement éphémères mais où des milliers de Kaliganthais, de Myriadins, de Singhalais, de Fehnri et mêmes des Ébènides y vivent surtout de la pêche ou du transport. Quelques-unes de ces îles temporaires, dont les habitants déménagent presque toutes les huitaines, sont toutefois centrées sur de gros navires de plaisance, comme le théâtre flottant du Poisson-Paon, ou les navires-ateliers qui parviennent à travailler le bambou, le lin, le bois, les teintures et même un peu de métal.

Plus au Sud, par les grands ponts qui enjambent le fleuve d'Or, se trouvent les vestiges des Arènes Solaires, aujourd'hui reconverties en marché aux esclaves : peut-être cent-milles esclaves sont échangés chaque mois sur la grande esplanade circulaire, et encore deux fois plus sont durablement employée à travers les chantiers, les carrières, les forges et les minoteries de la cité, mais aussi dans les rizières et les champs de canne qui l'entourent.
Généralement, ces tâches ne dureront que quelques mois car, à Marandhra, on loue les esclaves plus qu'on ne les achète : seules les plus riches familles ont les moyens de conserver des esclaves à l'année, mais nombre de ménages aisés et de petits commerces louent volontiers un·e à deux esclaves pour quelques mois auprès des multiples Esclaviers des Arènes, le temps de caréner un navire, de débarquer un gros convoi ou d'aider aux récoltes.
La durée de vie de ces esclaves "consignés" semble bien meilleure qu'elle ne le serait dans l'Empire mais, au Sultanat, l'esclavage est une condition qui peut échoir à quiconque n'est pas noble ou clerc : si une minorité de ces esclaves sont des captifs razziés dans les Myriades ou né depuis dans la caste des Esclaves-Nés ('"Jiang"'), beaucoup sont en fait des Asservis ('"Najianghi"') condamnés aux travaux forcés (une peine plus commune que la prison) ou des endettés qui consacrent leur existence à repayer une dette parfois contractée des générations plus tôt.


l'Archipel Palatial

Très grossièrement au centre du vaste demi-cercle de Marandrah se dressent les quais, les jetées, les passerelles, les escaliers, les terrasses, les patios, les galeries et les dômes du Palais du Sultan, porté par trois îles rocheuses et des centaines de piliers. Le tout est peint de beaucoup de blanc rehaussé de liserés vert et orangé mais, au Nord du Palais, autour de deux hauts phares, s'amarrent les jonques et les catamarans multi-colores de la noblesse en visite. Presque tous les jours, il sont plusieurs douzaines à monter des larges escaliers de pierre volcanique jusqu'à la terrasse couverte, ornée de statues marines donnant sur le large, où le Majestueux Sultan Laodajar aime à tenir sa cour.


La cité des Satrapes

Le mélange du système de castes heremide (imposée jadis par les Solaires) et de la culture ganthi, après avoir macéré durant plusieurs siècles de luttes intestines, a abouti à une pyramide de 6 classes sociales qui ne sont plus strictement héréditaires ni fixes, mais restent lourdement hiérarchisées et ont, chacune, des devoirs envers leurs supérieurs et des droits sur leurs inférieurs [1] :

  • tout en bas de l’échelle sociale, les Esclaves-Nés (“Jiang”) et les Asservis (plus ou moins) temporaires forment une vaste main-d’œuvre (presque un quart de la population du Sultanat) appartenant à l’un ou l’autre Satrape (voir plus bas) et qui n’a guère plus de droits que le bétail (en dehors de celui de prier Ërem).
  • à peine plus nombreux et mieux lotis, les Ouvriers (“Jianay”) sont des prolétaires (relativement) libres quoique exclus de la propriété foncière, et ceux qui résident à Marandhra sont mécaniquement “locataires” des Satrapes et donc corvéables.
  • les Bourgeois ('“Gansham”') regroupent non seulement les artisans et boutiquiers mais toutes les familles qui possèdent de l’immobilier ou des moyens de production : un atelier, une taverne, un navire, une plantation, quelques esclaves… Les Ganshami (au pluriel) sont de plus en plus nombreux à s’organiser en guildes (“Nayghàm”) pour défendre leurs intérêts face à la noblesse et, dans la dernière décennie, déjà deux dirigeants de corporations ont même été anoblis !
  • les Clercs (“Hanam”) comprennent essentiellement l’ancienne caste cléricale heremide toujours rattachée au service du Temple et du Palais mais aussi, au grand dam des précédents, un nombre grandissant d’érudit·es (astronomes, alchimistes, médecins, historiens…) qui ont gagné les mêmes privilèges.
  • enfin, les Satrapes (“Diham”) règnent sur le quotidien du Sultanat, chaque famille noble étant à la fois en charge d’un aspect de l’économie, d’un territoire et possédant donc des prérogatives attribuées par le Palais [2], bien que les Satrapes qui possèdent des quartiers de la capitale soient de loin les plus influents.

De fait, l’immense majorité des bâtiments “publics”, des ponts, avenues et ruelles de la cité sont ainsi le fief de l’un ou l’autre Satrape, et parfois l’objet d’une concurrence féroce puisque ces pouvoirs et possessions peuvent être rachetés si un Satrape propose un meilleur service que le précédent [3] ou retirés s’il était démontré qu’un Satrape n’assurait pas son mandat : on a ainsi vu des nobles perdre la charge de construction navale parce qu’un concurrent offrait de plus beaux navires ou le bénéfice d’un pont parce qu’il s’était effondré lors d’un des fréquents tremblements de terre.
Mais, hors de ces cas particuliers, les Satrapes sont largement maîtres chez eux : chaque Satrapie (généralement) héréditaire possède sa propre réglementation (dont les Satrapes sont les principaux magistrats), sa propre garde et la famille régnante y préside aux destins de la majorité de ses habitants et industries. Quoiqu’elles doivent de plus en plus souvent composer avec les Nayghàm, ces Satrapies tendent d’ailleurs à l’intégration verticale : un Satrape possédant une carrière de pierre ayant tout un intérêt à embaucher maçons et architectes pour décrocher un mandat de construction publique, par exemple un canal, puis à devenir l’exploitant de ce canal, donc à investir dans des barges de transport, etc.
En bons ganthi, les Satrapes ont aussi beaucoup d’enfants et si seul le premier né hérite du titre, ses frères et sœurs jouissent d’importants privilèges et participent fréquemment à l’administration de leur Satrapie, souvent comme gestionnaires d’une de ses industries connexes.

Par ailleurs, les titres aristocratiques s’étant multipliés et diversifiés avec les siècles, la volonté d’attribuer des rangs toujours plus granulaires et la fantaisie des Sultans successifs, leurs significations exactes (et donc leur traduction) n’a aujourd’hui qu’un sens très symbolique ou parfois historique : une “Marquise” n’est donc plus forcément supérieure à un “Comte”, et il est au moins un “Calife” (descendant d’un ancien Sultan) qui ne règne que sur quelques pâtés de maisons…

Les Satrapies

Marandhra compte aujourd’hui 16 Satrapies héréditaires (la dernière ayant été attribuée il y a seulement 2 ans), une unique enclave étrangère reconnue (l'Arche des Palmes, dont l'Archonte est une sorte de "satrape honoraire"), et encore 13 satrapies "provinciales" à l'extérieur de la cité palatiale. Il serait fastidieux de les présenter tous mais, pour faciliter la circulation des visiteurs et illustrer la complexité des rapports de pouvoir dans la capitale, voici donc les 16 Satrapies de Marandhra :

1) Seigneurie du Port

L'Insigne Nautonier, Hrimbor aux Quais Éternels dirige non seulement le port (circulaire) de commerce, ses douanes ‒et donc une part substantielle du commerce maritime à l’intérieur du Sultanat‒ mais aussi les entrepôts, chantiers navals et habitations alentours.
Pour autant, le petit Comté des Oiseaux comme l’Anse du Gardien et son vaste marché flottant échappent encore à l’Insigne Nautonier, le premier sur décision d’un précédent Sultan et les seconds en vertu d’une antique loi qui veut que les eaux salées ne puissent être possédées par d’autre que le Sultan lui-même.

2) Duché des Arènes

Parce qu’il règne sur les Arènes antiques et leur grand marché aux esclaves (ainsi que les résidences qui l'entourent), le Débonnaire Adarazahn, Duc du Marché des Arènes exerce une influence incontournable sur la guilde des Esclaviers et toute la traite des esclaves : à ce titre, il dispose d'une considérable réserve de travailleurs à bas prix, qu'il met alternativement au service des projets militaires du Sultan, des Lusiarine ou des Serpentaires.

3) Duché des Arènes

les Satrapes

Parmi plusieurs dizaines d'aristocrates venus échanger des potins, discuter la guerre et négocier le soutien de leur fief auprès de la Maison du Sultan –généralement en échange d'un meilleur territoire à venir, on a plus rarement la chance de croiser ceux qui font vraiment tourner le cité :

● le Débonnaire Adarazahn, suzerain du Marché des Arènes règne non seulement sur les Arènes antiques mais sur la Corporation des Esclaviers et toute la traite des esclaves : à ce titre, il dispose d'une considérable réserve de main-d'œuvre à bas prix, qu'il met alternativement au service des projets militaires du Sultan, des Lusiarine ou des Serpentaires.

● le territoire de la Précieuse Jiziradal, Dame des Quatre Ponts couvre tout l'Est du Delta, et donc les principales voies reliant Marandrah au reste des terres. Par un habile système d'abonnement qui fidélise les transporteurs et fluidifie les taxations, la Précieuse des Quatre Ponts prélève sa part sur toutes les marchandises qui entre en ville autrement que par la mer, comme sur tous les piétons, chariots ou porte-faix qui doivent circuler par ses fameux ponts.

● Quoiqu'il ne soit pas satrape lui-même, l'Exarque Paolino Lusiarine est souvent au Palais pour représenter les intérêts du jeune Archonte Massimo, également appelé Avisé seigneur de la Péninsule, puisque l'Arche, son quartier et son port sont considérés comme un des fiefs héréditaires de la capitale.

● Techniquement le suzerain d'une bonne part du petit archipel oriental des Gala-Kalàn, le Vaillant Kojipalpàn, Comte des Récifs Nacrés, issu d'une dynastie longtemps en conflit avec Hông, est l'un des rares nobles à posséder une flotte de combat (petite, et qui a salement morflée lors de la fameuse "victoire" kaliganthaise).

● issue d'une lignée anoblie seulement la génération passée, la Désirée Haligapàn, Marquise de la Rue des Cordiers : volontiers mondaine, muse de plusieurs artistes et réputée avoir des dizaines d'amants, c'est aussi une fournisseuse et une alliée indispensable aux Kerdans.

Radémoàran

(Nord)
Quoiqu'il soit attrapé depuis quelques générations par l'épais tissu urbain de Marandhra, l'antique bastion solaire de "Hradmoaran" (en Hornois) dépasse encore de très haut le reste du paysage : faits d'une pierre jaune pâle importée de loin, d'énormes tours rectilignes reliées par des étages et des étages de courtines, des statues de 40m de haut et d'immenses portails entrebâillés, plantés à flanc de montagne (au Nord-Est de la cité) et qui forment une colossale de grille de pierre pointant vers les cieux.
Mais un peu d'attention révèle des signes évidents de délabrement : des tourelles ont disparu, des statues sont amputées, la végétation dévore l'aile Ouest et de petites pagodes de joncs poussent aux créneaux de la Porte du Levant...

Car après des siècles de déshérence, et quoique les superstitions aient longtemps tenu les Moindres-Sangs hors de la vieille-ville hornoise, la "Guerre de Singhal" (contre la précédente vague d'invasion des Rhûdari, commencée il y a un demi-siècle) a expulsé des dizaines de milliers de singhalais et de langari (ces derniers originaires des 36 Serpents : Lang-Lambha, en Fehnrique), qui arrivèrent de plus en plus nombreux au Sultanat.
Trouvant à Marandrah une large cité aux trois-quart abandonnée, ils s'y installèrent malgré la résistance du Bastion (il y aurait eu des violences avant que les Hornois ne cèdent sous le nombre). Ils relancèrent certains des ateliers longtemps à l'abandon, recyclèrent des équipements "antiques" en matériaux de construction et murèrent les endroits qu'ils trouvaient trop dangereux. Au fur et à mesure, le Bastion leur coupait les "services" qui auraient du être le privilège des Heremides, et renonçaient à entretenir le réseau d'eau, l'éclairage, les égouts... que les malheureux "barbares" ne savaient évidemment pas réparer.

Plus récemment, ils ont encore été rejoints par des Myriadins (des Myriades, où les Rhûdari auraient chassé la population d'îles entières !?), des Kaliganthais du Sud (là où les Rhûdari ont récemment incendié deux ports) et quelques centaines de Hôngoï (de Hông[4]) : les réfugiés s'installent plutôt dans les étages, quitte à bâtir des poulaillers sur les remparts, abandonnant le plus souvent les rues aux eaux usées ou à des potagers aménagés.
Aujourd'hui, c'est ce quartier indéniablement lugubre, réputé insalubre et dangereux que les Marandrais appellent Radémoàran... mais il ne représente pourtant que la première enceinte du Bastion antique.

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Hradmoaran : le Bastion Mordoré

À l'Ouest et au sommet de la vieille-ville colonisée (!) par les Moindres-Sangs, les Hornois du Bastion contrôlent encore la citadelle proprement dite, quelques peu dépeuplée mais où peut-être un demi-millier Hornois (et sans doute autant d'esclaves), pour la plupart ouvriers, serviteurs, esclavagistes (à Horne, c'était un métier de la classe moyenne) ou artisans, abandonnés sur place il y a deux ans par l'exode des Resplendissantes vers Aroche.

Ils conservent néanmoins le contrôle sur le port militaire et l'accès aux quartiers nobles, leurs bibliothèques, leurs fontaines, leurs jardins et donc leur production pharmaceutique, qui permet aux derniers Hornois de commercer avec le reste de Marandrah, et négocier la relance des hauts-fourneaux –utilisés depuis le ghetto mais alimentés depuis la citadelle.
À l'heure actuelle, les portes du bastion ne s'entr'ouvrent plus que pour les Clercs ou, rarement, un représentant du Sultan.

Histoire du Protectorat Hornois

Détails du Bastion Mordoré, réservé aux PJ du Bastion Septentrional.


Ayant accueilli plus de 6.000 personnes pendant des siècles, les Mordorés ne sont plus aujourd'hui que 642 (dont 316 enfants et 71 "militiens"), possédant 378 esclaves, de quoi armer plus de 5.000 Hotars, l'équipement pour forger de l'Airain (mais plus les hauts-fourneaux pour en fondre), un Catalyseur ("Lamrassoud") nettement plus puissant que celui d'Aroche, une petite birème qui ne sort plus du port qu'une à deux fois par an (et plusieurs autres bâtiments plus ou moins hors-services) mais assez d'artillerie pour incendier la moitié de Marandrah et un magnifique temple de Herem. Le silence est néanmoins tombé sur une bonne part des des salles de classes et des halls d'entraînement, des réfectoires et des dortoirs, des entrepôts, du terrain de horaganokal "traditionnel", des thermes, une salle de chirurgie, d'immenses cuisines, des ateliers de verrerie, de charpenterie et de mécanique...
Si les documents "stratégiques" ont été emportés par les Resplendissantes, rien que les archives locales feraient sans doute pâlir la Bibliothèque Impériale et la Maison Odran, tout en expliquant bien mieux les derniers siècles.

Le Marché Dansant

  • Écailles de Pierre

l'Arche des Palmes

Les navigateurs Lusiarine fréquentent la cité depuis plus d'un siècle, mais ce n'est qu'en -27 (avant l'Ère Impériale) qu'ils obtinrent enfin l'accord du Palais, des Satrapes et des Hornois pour commencer à bâtir un véritable comptoir fortifié sur le terrain le plus accidenté et le plus dénudé, donc le moins convoité de toute la baie : la péninsule des Iguanes.
Loin de se décourager, les Kerdans se mirent au travail parmi les rochers, les crevasses et les sauriens, ils amenèrent des matériaux de tout le Sultanat, creusèrent des rades et des bassins salants, érigèrent une large tour pyramidale mais aussi des murailles, des ateliers, des entrepôts, leur propre aqueduc...



  1. En principe une caste est « un groupe social hiérarchisé, endogame, héréditaire et fixe ».
  2. Un peu comme les Lignées fehnri
  3. Selon l’estimation du Palais, qui inclut autant les préférences du Sultan qu’une longue suite de précédents archivés par les Clercs.
  4. Depuis quelques décennies que la riche mais terriblement étroite Principauté de Hông est dirigée par une dynastie "à poigne", nombre d'opposants mais aussi des marchands et des savants avaient émigrés au Sultanat ou à Singhal.