Marandhra

De Marches du Nord
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Capitale du Sultanat de Kaliganthàm, centre portuaire de toutes les Mers Serpentines depuis bien des générations et jadis le siège du Bastion Mordoré, Marandhra est aujourd'hui une métropole tentaculaire et chaotique attirant plus d'un million d'habitants sur plusieurs îlots et des kilomètres de côte au Sud-Est de la Baie des Danseurs, au creux de la grande île industrieuse de Dao-Langàm. Il faut dire qu'en plus des deux ports marchands, l'un Kaliganthais et l'autre Kerdan, la cité occupe la jonction des deux plus grandes artères fluviales de l'île (et du Sultanat) :

le fleuve d'Or (Sinàn-Dang) qui se déversent dans le delta des Élodées après avoir serpenté sur plus de 150km parmi les rizières du Nord et le fleuve des Pétales, qui charrie fréquemment les débris des vergers mais aussi la poussière des carrières de l'Est.

Formant un croissant ouvert sur la baie à l'Ouest, la ville couvre les plages et se prolonge sur les eaux par des pontons, elle escalade les ilets, les contreforts montagneux et même la vieille citadelle Solaire, tout au Nord. La cité remonte le long des deux et des rivières qui sillonnent, elle traverse les marais par des pilotis et des digues artificielles et, quand elle a recouvert tous les rivages, elle nage : des dizaines de milliers de navires, grands et petits, couvrent la baie jour et nuit.
Des quantités de pirogues, de barges, de jonques, de nefs kerdanes et de corsaro armés circulent lentement le long des larges chenaux vers les différents ports et quais de la ville, mais d'autres embarcations s'attachent en grappes aux ruines de l'antique port 'solaire' au Nord de la baie, formant des quartiers flottants, généralement éphémères mais où des milliers de Kaliganthais, de Myriadins, de Singhalais, de Fehnri et mêmes des Ébènides y vivent surtout de la pêche ou du transport. Quelques-unes de ces îles temporaires, dont les habitants déménagent presque toutes les huitaines, sont toutefois centrées sur de gros navires de plaisance, comme le théâtre flottant du Poisson-Paon, ou les navires-ateliers qui parviennent à travailler le bambou, le lin, le bois, les teintures et même un peu de métal.

Plus au Sud, par les grands ponts qui enjambent le fleuve d'Or, se trouvent les vestiges des Arènes Solaires, aujourd'hui reconverties en marché aux esclaves : peut-être cent-milles esclaves sont échangés chaque mois sur la grande esplanade circulaire, et encore deux fois plus sont durablement employée à travers les chantiers, les carrières, les forges et les minoteries de la cité, mais aussi dans les rizières et les champs de canne qui l'entourent.
Généralement, ces tâches ne dureront que quelques mois car, à Marandhra, on loue les esclaves plus qu'on ne les achète : seules les plus riches familles ont les moyens de conserver des esclaves à l'année, mais nombre de ménages aisés et de petits commerces louent volontiers un·e à deux esclaves pour quelques mois auprès des multiples Esclaviers des Arènes, le temps de caréner un navire, de débarquer un gros convoi ou d'aider aux récoltes.
La durée de vie de ces esclaves "consignés" semble bien meilleure qu'elle ne le serait dans l'Empire mais, au Sultanat, l'esclavage est une condition qui peut échoir à quiconque n'est pas noble ou clerc : si une minorité de ces esclaves sont des captifs razziés dans les Myriades ou né depuis dans la caste des Esclaves-Nés ('"Jiang"'), beaucoup sont en fait des Asservis ('"Najianghi"') condamnés aux travaux forcés (une peine plus commune que la prison) ou des endettés qui consacrent leur existence à repayer une dette parfois contractée des générations plus tôt.


l'Archipel Palatial

Centre politique (si ce n'est géométrique) de l'arc de cercle de Marandrah se dressent les quais, les jetées, les passerelles, les escaliers, les terrasses, les patios, les galeries et les dômes du Palais du Sultan, principalement porté par trois îles rocheuses et des centaines de piliers. Le tout est peint de beaucoup de blanc rehaussé de liserés vert et orangé mais, au Nord du Palais, autour de deux hauts phares, s'amarrent les jonques et les catamarans multi-colores de la noblesse en visite.
Presque tous les jours, il sont plusieurs douzaines à monter des larges escaliers de pierre volcanique jusqu'à la terrasse couverte, ornée de statues marines donnant sur le large, où le Majestueux Laodajar, Sultan de Kaliganthàm aime à tenir sa cour.


La cité des Satrapes

Le mélange du système de castes heremide (imposée jadis par les Solaires) et de la culture ganthi, après avoir macéré durant plusieurs siècles de luttes intestines, a abouti à une pyramide de 6 classes sociales qui ne sont plus strictement héréditaires ni fixes, mais restent lourdement hiérarchisées et ont, chacune, des devoirs envers leurs supérieurs et des droits sur leurs inférieurs [1] :

  • tout en bas de l’échelle sociale, les Esclaves-Nés (“Jiang”) et les Asservis (plus ou moins) temporaires forment une vaste main-d’œuvre (presque un quart de la population du Sultanat) appartenant à l’un ou l’autre Satrape (voir plus bas) et qui n’a guère plus de droits que le bétail (en dehors de celui de prier Ërem).
  • à peine plus nombreux et mieux lotis, les Ouvriers (“Jianay”) sont des prolétaires (relativement) libres quoique exclus de la propriété foncière, et ceux qui résident à Marandhra sont mécaniquement “locataires” des Satrapes et donc corvéables.
  • les Bourgeois (“Gansham”) regroupent non seulement les artisans et boutiquiers mais toutes les familles qui possèdent de l’immobilier ou des moyens de production : un atelier, une taverne, un navire, une plantation, quelques esclaves… Les Ganshami (au pluriel) sont de plus en plus nombreux à s’organiser en guildes (“Nayghàm”) pour défendre leurs intérêts face à la noblesse et, dans la dernière décennie, déjà deux dirigeants de corporations ont même été anoblis !
  • les Clercs (“Hanam”) comprennent essentiellement l’ancienne caste cléricale heremide toujours rattachée au service du Temple et du Palais mais aussi, au grand dam des précédents, un nombre grandissant d’érudit·es (astronomes, alchimistes, médecins, historiens…) qui ont gagné les mêmes privilèges.
  • enfin, les Satrapes (“Diham”) règnent sur le quotidien du Sultanat, chaque famille noble étant à la fois en charge d’un aspect de l’économie, d’un territoire et possédant donc des prérogatives attribuées par le Palais [2], bien que les Satrapes qui possèdent des quartiers de la capitale soient de loin les plus influents.

De fait, l’immense majorité des bâtiments “publics”, des ponts, avenues et ruelles de la cité sont ainsi le fief de l’un ou l’autre Satrape, et parfois l’objet d’une concurrence féroce puisque ces pouvoirs et possessions peuvent être rachetés si un Satrape propose un meilleur service que le précédent [3] ou retirés s’il était démontré qu’un Satrape n’assurait pas son mandat : on a ainsi vu des nobles perdre la charge de construction navale parce qu’un concurrent offrait de plus beaux navires ou le bénéfice d’un pont parce qu’il s’était effondré lors d’un des fréquents tremblements de terre.
Mais, hors de ces cas particuliers, les Satrapes sont largement maîtres chez eux : chaque Satrapie (généralement) héréditaire possède sa propre réglementation (dont les Satrapes sont les principaux magistrats), sa propre garde et la famille régnante y préside aux destins de la majorité de ses habitants et industries. Quoiqu’elles doivent de plus en plus souvent composer avec les Nayghàm, ces Satrapies tendent d’ailleurs à l’intégration verticale : un Satrape possédant une carrière de pierre ayant tout un intérêt à embaucher maçons et architectes pour décrocher un mandat de construction publique, par exemple un canal, puis à devenir l’exploitant de ce canal, donc à investir dans des barges de transport, etc.
En bons ganthi, les Satrapes ont aussi beaucoup d’enfants et si seul le premier né hérite du titre, ses frères et sœurs jouissent d’importants privilèges et participent fréquemment à l’administration de leur Satrapie, souvent comme gestionnaires d’une de ses industries connexes.

Par ailleurs, les titres aristocratiques s’étant multipliés et diversifiés avec les siècles, la volonté d’attribuer des rangs toujours plus granulaires et la fantaisie des Sultans successifs, leurs significations exactes (et donc leur traduction) n’a aujourd’hui qu’un sens très symbolique ou parfois historique : une “Marquise” n’est donc plus forcément supérieure à un “Comte”, et il est au moins un “Calife” (descendant des premiers Sultans) qui ne règne que sur quelques pâtés de maisons…

Les Satrapies

Marandhra compte aujourd’hui 16 Satrapies héréditaires (la dernière ayant été attribuée il y a seulement 2 ans), une unique enclave étrangère reconnue (l'Arche des Palmes, dont l'Archonte est une sorte de "satrape honoraire"), le Cléricat (qui n'est pas une Satrapie) et encore 13 satrapies "provinciales" à l'extérieur de la cité palatiale.

De part la structure sociale kaliganthaise, chacun des quartiers héberge (au moins) une famille de Satrapes, une bourgeoisie plus ou moins importante, des milliers d'ouvriers et presque autant d'esclaves, principalement consacrés à une poignée d'activités connexes et qui, ensemble, forment une unité administrative, sociale, géographique, légale et économique. À mesure que le Bastion et les Sultans perdaient en autorité, chaque Satrapie est presque devenue sa propre ville avec ses propres lois et coutumes, et dont les habitants n'aiment généralement pas s'éloigner. D'abord parce qu'il est aisé de se perdre dans les Satrapies qu'on connaît mal [4], ensuite parce que les résidents jouissent chez eux d'une protection légale qui ne résiste pas forcément à l'arbitraire d'un autre Satrape et, enfin, parce que chaque quartier a développé une sorte de chauvinisme local (qui ne facilite en rien la gouvernance du Sultan).

Il serait fastidieux de présenter toutes les Satrapies de Kalignathàm mais, pour faciliter la circulation des Protagonistes et illustrer la complexité des rapports de pouvoir dans la capitale, voici donc les 16 Satrapies de Marandhra :

1) Seigneurie du Port

L'Insigne Nautonier, Hrimbor aux Quais Éternels dirige non seulement le port (circulaire) de commerce, ses douanes ‒et donc une part substantielle du commerce maritime à l’intérieur du Sultanat comme vers Hông et Singhal‒ mais aussi les nombreux entrepôts, commerces, compagnies maritimes –incluant un comptoir Lalnyhari, les chantiers navals, les habitations alentours et le siège de la guilde des Débardeurs.
Pour autant, le petit Comté des Oiseaux comme l’Anse des Gardiens et son vaste Marché Flottant (X) échappent encore à l’Insigne Nautonier, le premier sur décision d’un précédent Sultan et les seconds en vertu d’une antique loi qui veut que les eaux salées ne puissent être possédées par d’autres que le Palais lui-même.

2) Duché des Arènes

Parce qu’il règne sur les Arènes antiques et leur grand marché aux esclaves (ainsi que les résidences qui l'entourent), le Débonnaire Adarazahn, Duc du Marché des Arènes exerce une influence incontournable sur la guilde des Esclaviers et toute la traite des esclaves : à ce titre, il dispose d'une considérable réserve de travailleurs à bas prix, qu'il met alternativement au service des projets militaires du Sultan, des Lusiarine ou des Serpentaires. Chaque mois, les Arènes accueillent d'ailleurs des combat de "gladiateurs", généralement sponsorisés par de riches mécènes (des Satrapes, des guildes...) dans le but de se qualifier pour le championnat annuel, qui génère énormément de paris (enrichissant le Débonnaire) en plus du renom (et donc de la publicité !) et des quelques privilèges offerts par l'antique titre de Horomordrar –"champion des guerriers". À l'automne, et depuis seulement 7 ans, les Arènes accueillent surtout la finale du tournois national de ganok, dont les matchs de qualifications se déroulent durant l'été à travers les archipels puis dans plusieurs Satrapies de Marhandhra.
Ce quartier étant aussi le plus ancien et, de loin, le plus luxueux de Marandhra, ses vastes demeures Solaires aux frontons de pierre sculptée accueillent en outre les sièges de plusieurs corporations (dont celle des Banquiers-Changeurs) comme les résidences de riches Satrapes provinciaux –y compris le Vaillant Kojipalpàn, Comte des Récifs Nacrés, récemment célèbre pour sa défense (navale) du Sultanat– et de quelques dignitaires étrangers, notamment l'ambassade singhalaise.

3) Comté de l'Orangeraie

Sous l'autorité de l'Efflorescent Comte Galulompok, ce vaste quartier est à la fois l'un des plus populeux de la capitale et le siège de la prospère industrie de la fleur, de la graine et du fruit : ses canaux s'étendent jusqu'aux pied des vergers du mont Marhumbi en baignant ses jardins horticoles, maraîchers, aromatiques et médicinaux, entourées des ruelles tortueuses et des maisons de bois fleuries qui logent les nombreux artisans et ouvriers des pépinières et greniers, des moulins, pressoirs et minoteries, des épiceries et teintureries, des herboristes et marchands de tabac, des apothicaires et plusieurs distilleries produisant notamment le fameux bangbà : le fameux vin de mangue marhandrais. On y trouve aussi, le longe du fleuve des Pétales, le siège de la guilde des Alchimistes, celle des Droguistes et certaines des tavernes les plus fameuses du Sultanat...

4) Califat des Aigrettes

Malgré l'importance économique très modérée de sa Satrapie, le Chatoyant Eoldravar, Calife des Aigrettes jouit du considérable prestige de descendre en droite ligne du Premier Sultan (sa dynastie ayant conservé une Satrapie depuis plus de quatre siècles), d'en tirer une foule de prérogatives somptuaires et de présider au grandiose Marché aux Plumes : non seulement les oiseaux chanteurs et d'ornement sont par tradition des portes-bonheur autant que des signes extérieurs de richesse, mais les bourgeois kaliganthais achètent et élèvent volontiers des oiseaux de pêche, d'alarme, de protection des cultures (contre des insectes extrêmement envahissants), en plus de l'importante consommation de volaille à Marandhra.

5) Satrapie des Quatre Ponts

Stratégiquement situé juste en aval de l'estuaire du fleuve d'Or, à la jonction avec la rivière des Parfums (principale voie de livraison de l'oliban cultivé dans les montagnes), l'Avenue Dorée (la grande artère qui relie le Port et les Arènes aux quartiers Nord et donc au reste des terres) et donc des principales routes commerciales –fluviales comme terrestres– vers le Nord et l'Est agricoles de l'île, le territoire de la Précieuse Jiziradal, Dame des Quatre Ponts est le carrefour incontournable du riz, de l'encens, des textiles et des produits manufacturés à Marandhra. Par un habile système d'abonnement qui fidélise les transporteurs et fluidifie les taxations, la Précieuse des Quatre Ponts prélève sa part sur toutes les marchandises qui entre en ville autrement que par la mer, comme sur tous les piétons, chariots, portes-faix, barges et sampans qui doivent circuler sur ou sous ses fameux ponts...

6) Baronnie des Cordons

Si le textile et tout particulièrement la soie étaient les fondements du quartier, c'est l'essor de la corderie de marine qui a récemment fait sa fortune, notamment en fournissant les Lusiriane : la guilde des Cordiers a bientôt pris le pas sur celle des Tisserands et, il y a seulement deux ans, l'alliance de la Maîtresse Cordière avec la Matriarche fehnri de la Ruche des Orchidées Fauves lui a permis d'être anoblie sous le nom de la Désirée Haligapàn, Baronne de la Rue des Cordiers.
Encore un secteur populeux et largement ouvrier, la nouvelle prospérité –curieusement redistribuée à la majorité de ses habitants– tend aujourd'hui à l'embourgeoiser : beaucoup de maisons sont refaites en pierre, les boutiques de mode et les salons de thé s'y multiplient...

7) Cléricat

Non pas une Satrapie en tant que telle mais l'extension du Temple d'Ërem, le Cléricat abrite 7 bibliothèques (où de nombreux ouvrages sont empruntables pour quelques Ɍoupies [5]), la plupart des services administratifs du Sultanat, les tribunaux, des scriptoriums, des librairies et la plupart des métiers du livre comme de la mécanique.

8) Marquisat des Mortiers

Quartiers des maçons, carriers, charpentiers, cimentiers, chaufourniers et siège de la guilde des Architectes sous l'égide de l'Immuable Lok-Lagôn, Marquis des Mortiers, le Marquisat intègre aussi les joaillers, la guilde des Étameurs et les quelques forges de la cité. Largement construits de pierre, surplombant l'Orangeraie depuis les contreforts du Marhumbi, les Mortiers sont aussi un secteur résidentiel cossu où la bourgeoisie s'est installée malgré le bruit...

9) Satrapie des Palus

L'Averti Nhajeragaï, Potentat des Palus (que ses détracteurs surnomment "le Potentat de Papier") possèdent les marais salés à l'embouchure du delta du Marahoni –le "Fleuve d'Or", où poussent la sorte d'aralie (un arbuste) dont on tire le papier "blanc" de Marandrah, qui est en réalité assez gris, friable et très bon marché, donc le papier préféré des gazettes. Au Sud de ces marais se sont donc établies des papeteries, des imprimeurs et des ateliers de gravure, payant tous tribut à l'Averti Nhajeragaï.

10) Comté des Sablons

À mesure que la cité s'est étendue, les plages anciennement inhabitées à l'ombre des montagnes ont d'abord été occupées par des résidences ouvrières, largement bâties de bois et de chaumes, puis par la (relativement) récente guilde des Potiers, qui inclut en fait les verriers, les céramistes et les émailleurs tirant partie tant des sablières que de la glaise prélevée sur les marais et les berges du fleuve d'Or. À la fois excentré et protégé de la perpétuelle compétition des Satrapes par l'indolence du Serein Tambô, Comte des Sablons, le quartier est presque une banlieue de la capitale et, parce que les loyers y sont proportionnellement raisonnables, il commence à accueillir nombre des ateliers et boutiques trop récents ou peu nombreux pour être organisés en guildes.

11) Satrapie des Rameaux

Depuis près de 150 ans que s'est constituée la guilde des Ébénistes, la première du Sultanat, ses maîtres graduellement ont acquis plus d'influence que les Satrapes locaux, au point de valoir à l'actuel le titre peu envié de Bénin Dadanghi, Potentat des Rameaux. Il faut dire que la cette "satrapie bourgeoise" rassemble en réalité les nombreux métiers du bois et de l'osier hors de la construction immobilière [6], dont notamment les très nombreux vanniers, les boutonniers (essentiels à une époque de pénurie de métal et dans une culture où l'on coud très peu) et la construction navale qui produit avant tout les dizaines de milliers de jonques, sampans, barges et pirogues qui sillonnent constamment la capitale.

12) Duché du Débarcadère Méridional

Il y a plus d'un siècle qu'un conflit commercial entre la Seigneurie du Port et les Duchés méridionaux (tout spécialement la cité de Laga-Lahang) a persuadé ces derniers à ouvrir leur propre débarcadère, sur la côte Sud de la capitale : si la querelle a cessé de longue date, l'endroit est entretemps devenu le siège locale de la guilde des Teinturiers, aujourd'hui envahi par les réfugiés venus des cités incendiées par les Rhpudari mais toujours un haut-lieu de la mode bourgeoise kaliganthaise (en perpétuelle concurrence avec les couturiers aristocratiques du Marché aux Plumes).
Historiquement, c'est jadis dans ce port –bien plus modeste que les Quais Éternels– que s'installa le premier comptoir des Lusiarine, avant qu'ils n'ouvrent leur propres installations portuaires au bout de la péninsule des Iguanes.

13) Baronnie des Méandres

Traditionnellement le quartier des innombrables ouvriers agricoles travaillant dans les rizières qui s’étendent dès la limite Nord de la ville, les Méandres accueillent aussi les principales distilleries d'alcools de riz, produisant non seulement le tuong, bière préférée du petit peuple marandhrais, mais aussi la liqueur bon marché appelée jukàng et dont des lots frelatés font parfois des ravages dans la population. Il y a bientôt 40 ans, ce danger incita le Sultan d'alors à fermer de force nombre de distilleries, mais cette prohibition et la popularité du breuvage ne firent qu'engendrer une contrebande croissante, bientôt l'enjeu d'une montée rapide de la criminalité. Aujourd'hui, quoique les restrictions furent levée depuis 14 ans, ces truands se sont organisés en une sorte de guilde : les Obscurs, qui escroquent, volent, rançonnent, trafiquent et assassinent à travers toute la capitale sans que l'Infortuné Baong-Nashan, Baron des Méandres, n'arrive à reprendre le contrôle de sa Satrapie...

Détails disponibles aux personnages Ganthi et possédant au moins Pègre 2 (Connaissance ou Contacts).


En réalité, "les Obscurs" sont un surnom civil très insuffisant à décrire les multiples gangs et sociétés secrètes qui se développent à Marandhra depuis des siècles malgré le déni des autorités et doit largement aux oppressions économiques et religieuses, mais ont en effet connu une nette expansion durant la prohibition du jukàng. On distinguera en particulier...

  • les Sandales de Joncs forment possiblement la plus plus puissante organisation criminelle de la cité, aujourd'hui centrée sur le lucratif trafic du nallù (mélange de tabac, de chanvre et d'opium) et dirigées depuis au moins 20 ans par la Veuve Ghi.
  • il y a plusieurs siècles, la Perle de Tempête était un mouvement religieux clandestin mais très répandu dans tout le Sultanat, tentant de résister à l'imposition du culte d'Ërem à travers les Îles Mordorés en perpétuant les rites autochtones. Mais la radicalisation religieuse à mesure que le mouvement perdait en popularité et son habitude de prélever secrètement le denier du culte sur les fidèles l'a graduellement transformée en extorsion organisée, à laquelle se sont depuis ajouté le vol (en particulier le pillage de cargaison dans les ports), la contrebande et la piraterie.
  • la Badàmh Manghora –ou "Société de l'Araignée-Crépuscule"– est le bras criminel de la Ruche des Orchidées Fauves, spécialisées dans la prostitution et les jeux illégaux mais aujourd'hui en lutte contre les Sandales de Joncs pour le contrôle des filières de nallù...

Si la Perle de Tempête domine l'Ouest et le Sud de l'archipel mais est sensiblement moins implantée sur l'île de Dao-Langàmà, et carrément dominée à Marandhra par ses deux concurrentes, la guerre que se livrent Sandales et Orchidées penche actuellement en faveur des secondes, au point que la Veuve Ghi a dû se trouver un nouvel allié...

► Secrets réservés aux seul·es membres de la Pègre marandhraise (dans le doute, consultez le MJ).


Une quatrième organisation, simplement appelé "le Coutelas", arbitre les querelles criminelles depuis des générations, avec d'autant plus d'acuité qu'elle est en fait un groupe discret à l'intérieur de la garde du Satrape, vraisemblablement dirigé par le Baron des Méandres en personne, puisque "l'Infortuné" Baong-Nashan, vieux et roué qu'il est, a vite compris qu'il était moins rentable de lutter contre les gangs que de les réguler –en échange d'une part des profits, évidemment. L'Araignée-Crépuscule ne le concernait guère tant qu'elle se cantonnait à la baronnie voisine des Cordons mais, depuis plusieurs années qu'elle empiète sur son territoire et dérange les activités de ses affiliés, le Coutelas commence à prendre des mesures aux côtés des Sandales de Jonc : récemment, les deux alliés ont ainsi menés plusieurs attaques sanglantes contre les fumeries et les transports d'opium des "étrangères fehnri" et les Pravindrahri se préparent aujourd'hui à une véritable guerre des gangs...

Au grand dam de Samar, il semble que le capitaine Jin Sangrine ait moins insisté pour contrevenir au blocus dans le but de rapporter plus d'argent à son employeur, et bien davantage pour livrer une cargaison de quelques 100aines de kilos d'opium aux Pravindrahri –sur laquelle elles ont payé plusieurs milliers de Ɍoupies d’avance...


14) Émirat des Lampions

Quartier des spectacles, des artistes et des luthiers sous l'égide bienveillante du Munificent Suinday, Émir des Lampions. On citera en particulier le théâtre surélevé du Plateau Céleste et sa célèbre troupe d'opéra, ou l'hostellerie des Quatre Printemps où résidents et bourgeois plébiscite ou condamnent les nouvelles créations dramatiques, comiques, musicales, acrobatiques et poétiques en leur jetant des balcons superposés des Ɍoupies ou des fruits pourris...

15) Prévôté des Sangs

bouchers, tanneurs, maroquiniers →assez mal famé

16) Comté des Écailles

Pêcheurs, poissonniers & Serpentaires

17) Porte des Caudataires

Où réside les milliers de serviteurs et courtisans du palais, dont les Satrapes provinciaux les moins bien lotis.

les Satrapes

Parmi plusieurs dizaines d'aristocrates venus échanger des potins, discuter la guerre et négocier le soutien de leur fief auprès de la Maison du Sultan –généralement en échange d'un meilleur territoire à venir, on a plus rarement la chance de croiser ceux qui font vraiment tourner le cité :


● Quoiqu'il ne soit pas satrape lui-même, l'Exarque Paolino Lusiarine est souvent au Palais pour représenter les intérêts du jeune Archonte Massimo, également appelé Avisé seigneur de la Péninsule, puisque l'Arche, son quartier et son port sont considérés comme un des fiefs héréditaires de la capitale.

● Techniquement le suzerain d'une bonne part du petit archipel oriental des Gala-Kalàn, le Vaillant Kojipalpàn, Comte des Récifs Nacrés, issu d'une dynastie longtemps en conflit avec Hông, est l'un des rares nobles à posséder une flotte de combat (petite, et qui a salement morflée lors de la fameuse "victoire" kaliganthaise).

● issue d'une lignée anoblie seulement la génération passée, la Désirée Haligapàn, Marquise de la Rue des Cordiers : volontiers mondaine, muse de plusieurs artistes et réputée avoir des dizaines d'amants, c'est aussi une fournisseuse et une alliée indispensable aux Kerdans.

Radémoàran

(Nord)
Quoiqu'il soit attrapé depuis quelques générations par l'épais tissu urbain de Marandhra, l'antique bastion solaire de "Hradmoaran" (en Hornois) dépasse encore de très haut le reste du paysage : faits d'une pierre jaune pâle importée de loin, d'énormes tours rectilignes reliées par des étages et des étages de courtines, des statues de 40m de haut et d'immenses portails entrebâillés, plantés à flanc de montagne (au Nord-Est de la cité) et qui forment une colossale de grille de pierre pointant vers les cieux.
Mais un peu d'attention révèle des signes évidents de délabrement : des tourelles ont disparu, des statues sont amputées, la végétation dévore l'aile Ouest et de petites pagodes de joncs poussent aux créneaux de la Porte du Levant...

Car après des siècles de déshérence, et quoique les superstitions aient longtemps tenu les Moindres-Sangs hors de la vieille-ville hornoise, la "Guerre de Singhal" (contre la précédente vague d'invasion des Rhûdari, commencée il y a un demi-siècle) a expulsé des dizaines de milliers de singhalais et de langari (ces derniers originaires des 36 Serpents : Lang-Lambha, en Fehnrique), qui arrivèrent de plus en plus nombreux au Sultanat.
Trouvant à Marandrah une large cité aux trois-quart abandonnée, ils s'y installèrent malgré la résistance du Bastion (il y aurait eu des violences avant que les Hornois ne cèdent sous le nombre). Ils relancèrent certains des ateliers longtemps à l'abandon, recyclèrent des équipements "antiques" en matériaux de construction et murèrent les endroits qu'ils trouvaient trop dangereux. Au fur et à mesure, le Bastion leur coupait les "services" qui auraient du être le privilège des Heremides, et renonçaient à entretenir le réseau d'eau, l'éclairage, les égouts... que les malheureux "barbares" ne savaient évidemment pas réparer.

Plus récemment, ils ont encore été rejoints par des Myriadins (des Myriades, où les Rhûdari auraient chassé la population d'îles entières !?), des Kaliganthais du Sud (là où les Rhûdari ont récemment incendié deux ports) et quelques centaines de Hôngoï (de Hông[7]) : les réfugiés s'installent plutôt dans les étages, quitte à bâtir des poulaillers sur les remparts, abandonnant le plus souvent les rues aux eaux usées ou à des potagers aménagés.
Aujourd'hui, c'est ce quartier indéniablement lugubre, réputé insalubre et dangereux que les Marandrais appellent Radémoàran... mais il ne représente pourtant que la première enceinte du Bastion antique.

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Hradmoaran : le Bastion Mordoré

À l'Ouest et au sommet de la vieille-ville colonisée (!) par les Moindres-Sangs, les Hornois du Bastion contrôlent encore la citadelle proprement dite, quelques peu dépeuplée mais où peut-être un demi-millier Hornois (et sans doute autant d'esclaves), pour la plupart ouvriers, serviteurs, esclavagistes (à Horne, c'était un métier de la classe moyenne) ou artisans, abandonnés sur place il y a deux ans par l'exode des Resplendissantes vers Aroche.

Ils conservent néanmoins le contrôle sur le port militaire et l'accès aux quartiers nobles, leurs bibliothèques, leurs fontaines, leurs jardins et donc leur production pharmaceutique, qui permet aux derniers Hornois de commercer avec le reste de Marandrah, et négocier la relance des hauts-fourneaux –utilisés depuis le ghetto mais alimentés depuis la citadelle.
À l'heure actuelle, les portes du bastion ne s'entr'ouvrent plus que pour les Clercs ou, rarement, un représentant du Sultan.

Histoire du Protectorat Hornois

Détails du Bastion Mordoré, réservé aux PJ du Bastion Septentrional.


Ayant accueilli plus de 6.000 personnes pendant des siècles, les Mordorés ne sont plus aujourd'hui que 642 (dont 316 enfants et 71 "militiens"), possédant 378 esclaves, de quoi armer plus de 5.000 Hotars, l'équipement pour forger de l'Airain (mais plus les hauts-fourneaux pour en fondre), un Catalyseur ("Lamrassoud") nettement plus puissant que celui d'Aroche, une petite birème qui ne sort plus du port qu'une à deux fois par an (et plusieurs autres bâtiments plus ou moins hors-services) mais assez d'artillerie pour incendier la moitié de Marandrah et un magnifique temple de Herem. Le silence est néanmoins tombé sur une bonne part des des salles de classes et des halls d'entraînement, des réfectoires et des dortoirs, des entrepôts, du terrain de horaganokal "traditionnel", des thermes, une salle de chirurgie, d'immenses cuisines, des ateliers de verrerie, de charpenterie et de mécanique...
Si les documents "stratégiques" ont été emportés par les Resplendissantes, rien que les archives locales feraient sans doute pâlir la Bibliothèque Impériale et la Maison Odran, tout en expliquant bien mieux les derniers siècles.

Le Marché Dansant

  • Écailles de Pierre

l'Arche des Palmes

Les navigateurs Lusiarine fréquentent la cité depuis plus d'un siècle, mais ce n'est qu'en -27 (avant l'Ère Impériale) qu'ils obtinrent enfin l'accord du Palais, des Satrapes et des Hornois pour commencer à bâtir un véritable comptoir fortifié sur le terrain le plus accidenté et le plus dénudé, donc le moins convoité de toute la baie : la péninsule des Iguanes.
Loin de se décourager, les Kerdans se mirent au travail parmi les rochers, les crevasses et les sauriens, ils amenèrent des matériaux de tout le Sultanat, creusèrent des rades et des bassins salants, érigèrent une large tour pyramidale mais aussi des murailles, des ateliers, des entrepôts, leur propre aqueduc...



  1. En principe une caste est « un groupe social hiérarchisé, endogame, héréditaire et fixe ».
  2. Un peu comme les Lignées fehnri
  3. Selon l’estimation du Palais, qui inclut autant les préférences du Sultan qu’une longue suite de précédents archivés par les Clercs.
  4. Il est même courant de trouver des étrangers et des ghunji (Marandhrais d'une autre Satrapie) perdus dans les rues et, souvent, les autochtones ont l'amabilité de les guider –au moins si c'est pour les renvoyer hors du quartier...
  5. Quoique beaucoup soient encore en Solaire.
  6. les charpentiers, eux, dépendent de la corporation des Architectes, installée dans les Mortiers
  7. Depuis quelques décennies que la riche mais terriblement étroite Principauté de Hông est dirigée par une dynastie "à poigne", nombre d'opposants mais aussi des marchands et des savants avaient émigrés au Sultanat ou à Singhal.