Syaling

De Marches du Nord
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Si le terme est souvent synonyme de "venus de Syalarang" (le grand archipel au Sud-Est de la Mer des Écailles), Syaling désigne en fait l'ancienne caste des chefs de guerre (navale) au sein du Ganshay : quand cet ancien "empire" maritime s'est effondré (il y a un peu plus de 2 siècles) sous la pression successive du Roi-Sorcier, du Bastion Mordoré et de Fehn, les nobles Syaling se sont d'abord réorganisés en une Confrérie corsaire pour mener une tenace guérilla maritime contre les divers "envahisseurs", avant de dégénérer en une flotte pirate qui se livre aujourd'hui à la contrebande (y compris d'opium) autant qu'à la capture de navires marchands ou aux raids côtiers.

Les Syaling aujourd'hui

Depuis plus de 2 siècles que leur empire s'est effondré, l'ancienne noblesse navale du Ganshay a donc plus ou moins survécu en se livrant à la piraterie, d'abord comme une forme de guérilla contre différents "oppresseurs" puis comme une organisation essentiellement criminelle, pratiquant tout autant la contrebande et le pillage côtier que le harcèlement des routes maritimes.

Les Syaling attaquent les navires marchands, qu'ils appartiennent aux lignées fehrni des Vadhrari et Lalnyhari, aux Kerdans de la dynastie Lusiarine ou aux multiples compagnies de Kaliganthàm ou de Singhal mais aussi parfois de mener des razzias contre les Havres qui avaient l'outrecuidance de collaborer avec "l'ennemi", c'est à dire les traîtres au souvenir du ganshay et/ou les occupants étrangers.

Les Syaling ont parfois poussé leurs attaques bien plus loin vers le Nord-Ouest, donc vers Singhal et même parfois Hông ou Kaliganthàm, et nettement perturbé les "envahisseurs" successifs au Sud et à l'Est de la Mer des Écailles. Ces ennemis étaient au départ les forces plutôt débonnaires du Royaume de Singhal (qui tentait de ramasser à son profit les fragments du Ganshay après que les Hornois aient éradiqué le Roi-Sorcier).

Plus récemment, c'est évidemment le Matriarcat de Fehn qui s'est approprié les archipels orientaux au cours des décennies de guerre contre Singhal, mais en employant un tout autre niveau de brutalité, qui a involontairement redoré le blason "indépendantiste" des Syaling. Car, jadis de viles brigands qui pourrissaient le commerce maritime indispensable à la vie économique des Mers Serpentines, les pirates se sont taillé une réputation de résistants à l'oppresseur en menant une guérilla plutôt efficace contre Fehn.

Efficace parce que, d'une part, la flotte militaire des Rhûdari, la seule force navale du Matriarcat, n'a jamais vraiment occupé le terrain (leur job est d'écraser l'ennemi, pas d'assurer la gestion des pays conquis) et, d'autre part, les Syaling bénéficient aujourd'hui de quelques bons navires kerdans, venus d'une source elle aussi fortuite...

Pendant la guerre des Rhûdari contre Singhal, Lusirarine et Venderine se sont livrés une guerre de course plutôt féroce pour le contrôle de la Route des Épices... jusqu'à ce que les autorités kerdanes s'aperçoive que 2 de ses dynasties corporatives menaient leur guerre privée sous les tropiques, et les force à débander leurs flottes corsaires en l'an 23 (près de 8 ans avant la fin effective du conflit).

Parmi ces corsaires, si les Maletudine ont à peu près abandonner le secteur pour aller chasser le pirate ("grésan", cette fois) vers les Marches du Nord, beaucoup d'équipages Sangrine ont été désavoués et parfois exilés des Archipels kerdans. Et si certains ont su louer leurs services aux marchands, au roi de Singhal ou négocier leur rattachement à leur anciens ennemis Lusiarine, certains ont simplement choisi la piraterie, et se sont alliés aux Syaling !

Les "pirates de Syalarang" ont donc été longtemps des seigneurs-brigands enivrés de gloire suranée mais surtout une nuisance pour le commerce dans les Mers Serpentines, autant pour les grandes nations et les grosses compagnies maritimes que pour les petits Havres. Mais les choses ont changé dans les deux dernières décennies, d'abord avec la pression militaire exercée par les Rhûdari pendant leur conquête, qui a décidé un tas de "patriotes" mais aussi des seigneurs locaux à soutenir les pirates-résistants, puis avec l'enrôlement de quelques corsaires kerdans qui ont soudain donné un net avantage technologique aux Syaling. Et la piraterie a carrément flambé depuis bientôt deux ans que les Fehnri sont trop occupées à combattre le Sultanat et l'Arche des Palmes pour vraiment occuper le terrain...

Car, si c'est la Lignée de Rhûda qui a effectivement conquis les Mers Serpentines, y compris Da-Lang, Juhà-Lang, le grand archipel de Syalarang, l'ancienne "capitale perdue" de Shamaday et les Havres qui l'entourent, les Rhûdari ne se sont pas attardées, mais ont laissé plusieurs autres Lignées fehnri s'y déversées à leur suite, en particulier les Lalnyhari pour y faire du commerce maritime, les Vadrahri pour les gros investissements "locaux" et surtout les Shorùari (l'autre Lignée guerrière de Fehn) pour assurer la sécurité des terres.

C'est de fait la Ligné de Shorù qui a connu le plus d'ennuis avec les pirates, que ce soit des attaques en hautes mer comme des raids sur les Havres ou les nouvelles exploitations fehnri, avant de disparaître à nouveau dans la mangrove impénétrable.

Néanmoins, il y a quelques années, les Shorùari ont obtenu la preuve que le seigneur d'un des havres était de mèche avec les Syaling et, plutôt que d'intervenir aussitôt, ont attendu en embuscade de pouvoir capturer des capitaines pirates pour découvrir l'emplacement de leur repaire, après quoi les Rhûdari ont aidé leurs cousines à dévaster la base secrètes des pirates...

Presque cinq ans après cette purge, la piraterie dans les Mers Serpentines s'étaient quasiment éteinte au point que non seulement les Lusiarine mais les Shorùari et la plupart des compagnies maritimes s'étaient persuadées que l'époque des pirates Syaling étaient enfin terminée : en réalité, les Lalnyhari savaient que plusieurs des équipages survivants s'étaient recyclés dans le trafic d'opium vers Fehn, Singhal et le Sultanat –surtout au profit des Sandales de Joncs, mafia basée à Marandhra où elle est en guerre avec la Ruche des Orchidées Fauves. Mais, justement, les Syaling ne présentaient plus une menace pour le commerce avant que VOUS ne découvriez qu'ils avaient rejoint Marù'Ahi...

Sur ce point particulier, les circonstances sont trop obscures et les faits se sont déroulés bien trop loin des routes maritimes fréquentées par les Lalnyhari pour qu'elles puissent vraiment expliquer comment les Syaling sont arrivés jusque-là. Peut-être que s'ils font du trafic d'opium, ils peuvent aussi bien faire du trafic de métal et que, quand le roi Kahi'Ili a du rompre avec les Rhûdari pour ne pas perdre la face, les derniers pirates du Ganshay ont trouvé refuge auprès de la seule citadelle insulaire qui ne rende compte ni à Fehn ni aux Kerdans.

Peut-être que l'habitude des Syaling de recruter des combattants parmi les esclaves libérés des navires négriers a simplement fini par les mettre en rapport avec des "guerriers du Volcan" : à nouveau, c'est une explication que vous devrez découvrir vous-mêmes, car votre Nouvelliste n'en sait rien.

Mais elle peut expliquer que les pirates jouent les intermédiaires dans la vente d'esclaves aux Rhûdari par un phénomène que, à l'inverse, elle connaît très bien : la perpétuelle compétition entre les Lignées fehnri.

De fait, si les Lalnyhari s'associent volontiers aux Shorùari, la vieille rivalité entre les deux Lignées guerrières de Fehn (et l'actuelle suprématie de Rhûda) explique aisément que des pirates qui pourrissaient le commerce dans les mers orientales, une fois chassés d'un secteur désormais dominé par la Lignée de Shorù, aient finalement trouvé un arrangement avec les Rhûdari à l'autre bout de la Mer des Écailles.

Compte tenu de la difficulté de Rhûda à nouer et à maintenir des alliances, et si on considère l'extrême utilité que représente pour elle une flottille de pirates "indépendants" décidant de s'attaquer surtout aux Kerdans dans le contexte légal du blocus autour du Sultanat, c'est même probablement la seule flotte "mercenaire" que les cousines pyromanes pouvaient effectivement enrôler dans leur "guerre par procuration" contre les Lusiarine.

D'un point de vue fehnri, c'est tellement naturel que le Khujayan de Samudra avait lui-même pour projet de s'allier aux Syaling contre les Rhûdari. La Révérée Lalnamùrti (matriarche du Khujayan singhalais et diplomate que sa Reine avait envoyé à Aroche négocier avec votre ami Larmont), va sans doute être très déçue quand on lui annoncera que son plan est "un peu compromis" à cause d'un micro-conflit dans les Myriades. Mais, d'un autre côté, briser cette alliance entre Rhûda et les pirates ou, à l'inverse, en obtenir des preuves pour pourrir les Rhudari à l'Assemblée des Reines, serait extrêmement intéressant pour les défenseurs du Sultanat...

Personnalités contemporaines

On ignore combien d'équipages pirates ont survécu à l'attaque de leur repaire secret il y a 5 ans, mais on peut citer 4 capitaines encore en activité, la plupart franchement âgés :

Deyar Daàram est certainement la plus dangereux, puisque le dernier à effectivement pratiquer la piraterie et harceler les troupes de Fehn, mais dans la lointaine région de Jayakùn. Comme c'est à quelques 2000km au Sud-Est, qu'on ne l'a jamais vu hors des Mers Serpentines et qu'il doit avoir près de 70 ans, il serait donc assez surprenant de le retrouver à Marù'Ahi ou dans le golfe de Pejral (où le "Bandido" a attaqué un navire des Maletudine). Néanmoins (mais comme beaucoup de ses collègues jadis), sa tactique préférée était bien de se camoufler pour jaillir de nulle part, frapper fort et disparaître.

Claudia Sangrine, corsaire renégate, balafrée et redoutée jusqu'à Felriane, n'est en fait pas suspecte du tout : elle a été amnistiée par les Lusiarine pour devenir le fer de lance de leur flotte de Singhal (rattachée à l'Arche Céladone, à Samudra), et participe donc à la protection des navires kerdans. On peut toutefois la croiser de temps en temps à l'Amirauté...

Kolatabùn n'était que le quartier-maître d'un capitaine déjà assez secondaire avant la destruction de ses collègues, mais il a hérité de la filière d'opium et il la tient fermement, désormais. Plutôt qu'un gros navire, il emploie plein de petites embarcations, des escales discrètes un peu partout et on suppose que son pavot (à opium) est cultivé à l'Est de Syalarang, loin dans la mangrove. Son QG serait à Da-Lang, d'ailleurs jadis un haut-lieu de la piraterie "serpentine" et, comme il est connu pour marchander, il n'est pas totalement inconcevable qu'il ait trouvé un arrangement avec les Rhûdari...

Naareshikal : plutôt jeune (25 ou 30 ans), elle a hérité un navire effectivement "hybride" de son terrible père Naareshadar (le plus "patriote" mais aussi le plus sanguinaire des Syaling, heureusement tué dans la fameuse attaque des Shorùari). Personne ne sait trop ce qu'elle est devenue depuis près de 3 ans, quand on lui a attribué le pillage d'un convoi entre Samudra et Da-Lang : beaucoup de rumeurs, mais rien de concret, à part que Kolatabùn l'a aidée à écouler le butin.